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Timmins inaugure son centre de consommation supervisée

Plusieurs personnes procèdent à une coupe protocolaire d'un ruban.

Le centre de consommation supervisée de Timmins a été inauguré jeudi.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Radio-Canada

Le centre de consommation supervisée de Timmins ouvrira ses portes lundi, permettant ainsi aux personnes aux prises avec des dépendances de consommer des drogues sous la supervision d'un personnel spécialisé.

Une cérémonie de coupure de ruban a eu lieu jeudi matin, en présence de multiples dignitaires.

Intitulé Site Santé Sûr, le centre sera ouvert sept jours sur sept de 9h à 21h à deux pas de l'hôtel de ville, dans les anciens locaux du refuge Vivre à l'abri.

Des services de spécialistes comme des infirmières, des agents de réduction des méfaits et des agents de liaison avec les services communautaires seront sur place.

Les utilisateurs vont aussi avoir accès à des fournitures et de la surveillance pour pouvoir consommer de manière sécuritaire.

Des cubicules avec des tables et des chaises.

Les utilisateurs du centre ont accès à des cubicules avec des fournitures et des boîtes pour en disposer en manière sécuritaire.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Les employés du centre pourront aussi aiguiller les utilisateurs vers des services comme le soin des plaies, les cures de désintoxication ou d’autres services communautaires liés au logement, l’emploi et la santé mentale.

C'est merveilleux de voir notre communauté se rassembler pour s'assurer que les plus vulnérables ont accès aux services dont ils ont besoin, a indiqué par communiqué Kate Fyfe, présidente et directrice générale de l’Hôpital de Timmins et du District, qui va gérer les opérations quotidiennes de la clinique.

La conseillère municipale Michelle Boileau se réjouit de l’ouverture imminente du centre.

C’est un grand moment, c’est un moment très important pour la communauté, ce centre va permettre de sauver des vies et de donner une autre chance pour se redresser et faire les changements nécessaires pour redresser leur vie, croit-elle.

Mme Boileau croit que la mise en place du centre va permettre d’offrir une expérience plus complète pour lutter contre les dépendances dans la région.

Ce site va permettre aux gens d’être connectés avec les services dont ils ont besoin.

Selon elle, les voisins du centre qui ont des craintes face à ses activités devraient modérer leurs inquiétudes.

On sait que ça se passe déjà, dans les rues entre les maisons, devant les édifices municipaux, on voulait ouvrir le centre pour donner aux utilisateurs un milieu sûr et sain et pour enlever les substances de la rue et de les entourer avec des ressources et des services pour les aider faire des changements dans leur vie , ajoute-t-elle.

Un centre dans une région en crise

La Ville de Timmins et le district de Porcupine sont durement touchés par la crise des opioïdes.

En 2020, il y a eu 40 décès liés aux opioïdes dans le territoire desservi par le bureau de santé de Porcupine. Parmi ces décès, 35 se trouvaient dans la région de Timmins.

Timmins avait, en 2019, un ratio de 46,8 décès dus aux surdoses d’opioïdes par 100 000 habitants. La moyenne provinciale était de 12,1 décès par 100 000 habitants la même année, la région a maintenant un taux de décès comparable à la région de Vancouver.

Patrick Nowak, gestionnaire des programmes en dépendances à l’Hôpital de Timmins et du District et gérant du centre, compte notamment sur les expériences positives de la clientèle pour attirer davantage d’utilisateurs.

Nous comptons sur le bouche-à-oreille pour attirer de plus de plus de gens ici, nous comptons aussi sur l’appui de ressources locales qui œuvrent auprès de la population qui consomme pour nous aider à cet effet, explique-t-il.

Michelle Boileau et Patrick Nowak qui tiennent une plaque.

Michelle Boileau et Patrick Nowak se réjouissent de l'ouverture du centre de consommation de Timmins.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Il croit que l’ouverture du centre de consommation marque le tournant dans la relation entre les utilisateurs de drogue et les services de santé.

Cette ouverture représente que nous sommes là pour eux, ils peuvent venir avec leurs substances et les consommer de manière sécuritaire, nous voulons que les gens sachent que c’est possible d’avoir un résultat positif avec nous, indique-t-il.

M. Nowak rappelle que la raison d’être d’un centre de consommation comme le sien réside dans le danger de l’utilisation d’opioïdes sans supervision.

Le plus gros risque d’utilisation d’opioïdes est d’en consommer seul, environ 75% des décès surviennent lorsque la personne qui consomme n’a pas quelqu’un en sa compagnie, indique M. Nowak.

Nous espérons sauver des vies, réduire la charge d’appels au 911 et réduire les déchets comme les aiguilles dans la communauté, ajoute-t-il.

Les opérations du centre de consommation supervisée ont pu démarrer avec l’approbation de Santé Canada, qui a donné le feu vert au projet.

C’est le gouvernement provincial qui assure le financement des opérations.

D'après les informations de Jimmy Chabot.

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