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Train léger : le manque de transparence sur les problèmes avant le lancement dénoncé

Deux tains légers d'Ottawa sur la ligne de la Confédération.

Le tain léger d'Ottawa sur la ligne de la Confédération en juin 2022 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Deux membres actuels et une ex-membre de la Commission du transport en commun de la Ville d’Ottawa ont l'impression de ne pas avoir reçu tous les renseignements clés sur la fiabilité de la ligne de la Confédération dans les jours et les semaines avant le lancement de celle-ci.

Ces sentiments ont été partagés au 13e jour des audiences publiques sur le train léger par l’ex-présidente de la Commission du transport en commun, la conseillère municipale Diane Deans, par Catherine McKenney, qui siège aussi au conseil municipal, et Sarah Wright-Gilbert, une citoyenne membre de la commission.

Les trois témoins ont livré leur version des faits au cours d'une table ronde à laquelle participait aussi le conseiller municipal Allan Hubley, qui est le président actuel de la Commission du transport en commun de la Ville d’Ottawa.

Certaines de leurs préoccupations concernaient l’information communiquée dans des messages informels sur la plateforme WhatsApp entre des fonctionnaires municipaux de haut rang, dont le conseiller Allan Hubley, le maire Jim Watson et l’ancien directeur général d’OC Transpo, John Manconi.

Diane Deans, qui a présidé la Commission du transport en commun jusqu’en 2014 et siégé au Comité des finances et du développement économique de la Ville jusqu’en 2018, dit avoir appris l’existence des conversations sur WhatsApp seulement lorsque John Manconi a été interrogé à ce sujet mardi, dans le cadre de la Commission d’enquête sur le réseau de train léger sur rail d’Ottawa.

C’était la confirmation qu’une grande partie de ce que j’avais laissé entendre publiquement dans des entrevues était, en fait, absolument vraie – que toute l’information n’était pas communiquée publiquement, a déclaré Diane Deans à Me Chris Grisdale, l’un des avocats de la commission d’enquête.

« Nous sommes une société d’État qui dépense des fonds publics, et nous ne devrions pas cacher ce genre d’information du public. »

— Une citation de  Diane Deans, ex-présidente de la Commission du transport en commun de la Ville d'Ottawa

Bon nombre des questions posées par Chris Grisdale, mercredi, portaient sur la période avant le 14 septembre 2019, le jour du lancement de la ligne de la Confédération, déjà en retard depuis plus d’un an.

Citant le témoignage de Thomas Prendergast donné en début de semaine – un expert en transport très respecté et un expert-conseil clé de la Ville d’Ottawa dans le cadre du projet – Chris Grisdale a demandé à Allan Hubley s’il avait déjà discuté des préoccupations soulevées par M. Prendergast quant à la disponibilité de l’entretien avec John Manconi sur WhatsApp.

À cela, M. Hubley a répondu que c'était possible et qu’il croyait que le conseil avait fini par prendre connaissance de ces préoccupations de toute façon, soit au moyen de séances d’information ou de notes de service.

Il a ajouté que les détails communiqués via WhatsApp n’étaient pas différents de ceux partagés lors de séances d’information confidentielles aux présidents de comité.

Cependant, Diane Deans, Catherine McKenney et Sarah Wright-Gilbert ont plutôt dit que l’information ne leur était jamais parvenue.

Pour moi, le fait d'avoir une seule personne qui détient l’information est comme si l’on donnait au président d’un jury tous les détails saillants de l’affaire et qu’il ne disait rien au reste du jury, a témoigné Sarah Wright-Gilbert.

« Sans cette information, nous – en tant que membres de la commission – étions dans l’obscurité, essayant de comprendre pourquoi, tout à coup, notre système flambant neuf avait tous ces enjeux. »

— Une citation de  Sarah Wright-Gilbert, citoyenne membre de la Commission du transport en commun de la Ville d'Ottawa

Pour Diane Deans, la création d’un groupe de messagerie WhatsApp confirme, selon elle, la présence d’un cycle interne d’information dont nous n’étions pas tous au courant.

Les normes de rendement sous la loupe

Les informations révélées dans le cadre de la Commission d’enquête sur le réseau de train léger sur rail ont déjà permis d’apprendre qu’au cours de la période d’essai de 12 jours, la Ville avait assoupli les normes de rendement à respecter avant d'ouvrir la ligne de la Confédération au public.

Interrogé à ce sujet, le conseiller Allan Hubley a dit se souvenir des discussions sur la modification des critères, mais il n’y avait pas participé. Il a aussi reconnu avoir appris cette information avant le reste du conseil municipal.

« La conseillère [Diane] Deans, en tant qu’ancienne présidente, peut attester que cela n’est pas propre au transport en commun ou au TLR. Chaque président de comité a eu ce genre de séances d’information avec le personnel. »

— Une citation de  Allan Hubley, président de la Commission du transport en commun de la Ville d'Ottawa

Mme Deans s’est dite d’accord, mais que si elle avait été à la place d’Allan Hubley, elle aurait communiqué cette information en temps opportun.

« Franchement, je suis choquée [que les normes aient été assouplies]. Ce n’est pas ce que (...) M. Manconi avait promis haut et fort aux membres du conseil en septembre 2018.  »

— Une citation de  Diane Deans, exprésidente de la Commission du transport en commun de la Ville d'Ottawa

Chris Grisdale a également interrogé M. Hubley au sujet d’une série de bulletins émis au cours de la période d’essai, pendant laquelle la ligne de la Confédération se voyait attribuer la mention succès ou échec selon les journées.

Me Grisdale a demandé au conseiller s’il estime que ses collègues du conseil municipal auraient voulu être mis au courant des résultats.

Certainement, tout le monde veut avoir le plus d'informations possibles, répondit Allan Hubley. Cependant, dans le contexte de la situation, si nous avions publié les résultats tous les jours, cela aurait causé beaucoup de problèmes, a-t-il ajouté.

L’enquête doit reprendre jeudi. Les consultants Derek Wynne et Sergio Mammoliti doivent témoigner en matinée, puis le maire Jim Watson en après-midi.

Avec les informations de Trevor Pritchard, CBC

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