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Les restes d’un soldat terre-neuvien enterrés 104 ans après sa mort

John Lambert est mort le 16 août 1917, en Belgique.

Le soldat John Lambert.

Le soldat John Lambert, membre du Régiment royal de Terre-Neuve, avait 17 ans quand il est mort lors de la bataille de Langemarck, en Belgique.

Photo : Gracieuseté - Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador

Un soldat terre-neuvien de la Première Guerre mondiale a enfin été enterré jeudi, plus d’un siècle après sa mort.

Cette cérémonie résulte de quatre années de recherches menées sur deux continents. Elle a rassemblé une douzaine de membres de la famille du soldat John Lambert, qui croyaient ne jamais pouvoir visiter sa tombe.

Originaire de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, le soldat Lambert avait 17 ans quand il est mort, le 16 août 1917, lors de la bataille de Langemarck.

En 2016, des archéologues belges ont découvert par accident les restes de quatre militaires, dont des ossements et des fragments de l’uniforme d’un membre du régiment de Terre-Neuve.

Un morceau de l'uniforme du soldat John Lambert.

La découverte de cet insigne en métal portant les lettres NFLD (Newfoundland) a déclenché une opération canadienne qui a duré quatre ans.

Photo : Gracieusté - Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador

C'était le seul indice qu'on avait qu’il y avait un soldat terre-neuvien parmi les quatre individus. Donc, si on ne l’avait pas eu, on n’aurait peut-être pas été capables de faire l’identification, explique Sarah Lockyer, coordonnatrice du Programme d’identification des pertes militaires, qui a rapidement été envoyée en Europe pour prélever des échantillons d’ADN.

À Terre-Neuve, Greg Walsh a aussi été recruté pour aider aux efforts. Le directeur des archives provinciales, un centre qui héberge des milliers de documents du Régiment royal de Terre-Neuve, a identifié une quinzaine de soldats disparus dans le secteur rural où les squelettes ont été retrouvés.

J’avais cette liste de noms de personnes mortes il y a 105 ans et il a fallu trouver leurs descendants, soit à Terre-Neuve, au Canada, ou ailleurs dans le monde, explique Greg Walsh. Pendant des mois, il a fouillé dans des archives gouvernementales et religieuses, et scruté les réseaux sociaux et les sites web, dont ancestry.ca. Il a même utilisé le bottin téléphonique.

Une nouvelle tant attendue

Greg Walsh n’était pas certain de réussir. Certains soldats étaient enfants uniques. Dans d’autres cas, il était incapable de trouver des descendants ou la famille ne s’intéressait pas au projet.

En fin de compte, une poignée de familles ont fourni des échantillons d’ADN au laboratoire de Sarah Lockyer, qui a pu confirmer les résultats à la famille Lambert en 2020.

J’étais étonnée quand on a eu la nouvelle, explique Anne Smith, la nièce du soldat.

« Quelles sont les chances que ça nous arrive 104 ans après sa mort? »

— Une citation de  Anne Smith, nièce du soldat
Anne Smith.

Anne Smith, la nièce du soldat John Lambert, à Cuckold's Cove, à Saint-Jean, où son oncle a grandi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Une cérémonie émouvante

L’enterrement du soldat Lambert a dû attendre jusqu’en 2022 à cause de la pandémie et des restrictions sur les déplacements. La cérémonie a eu lieu jeudi, en matinée, au cimetière New Irish Farm, près d’Ypres, en Belgique.

Les restes du soldat terre-neuvien, de cinq militaires britanniques et d’un Allemand ont été enterrés pendant les funérailles auxquelles Sarah Lockyer, Greg Walsh et une douzaine de membres de la famille Lambert ont assisté.

Je pense qu’il va y avoir beaucoup d’émotions, a dit Greg Walsh quelques jours avant la cérémonie. Mais je pense que je vais aussi ressentir un sentiment de satisfaction pour y avoir contribué.

Depuis sa création en 2007, le Programme d’identification des pertes militaires a pu identifier 35 soldats de la Première Guerre mondiale, de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée.

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