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Trois femmes poignardées : le suspect venait d’être accusé d’agression sexuelle

Des policiers en uniforme se tiennent entre un véhicule de police et un véhicule paramédical.

Les policiers et les ambulanciers paramédicaux d'Ottawa sur la scène du drame lundi soir (archives).

Photo : S. B.

Radio-Canada

Quelques jours avant d'avoir poignardé trois femmes, dont deux à mort, Joshua Graves, 21 ans, a été accusé de harcèlement, de voies de fait et d’agression sexuelle. Il aurait harcelé une autre femme entre les mois de mars et juin de cette année, a appris CBC.

Selon les allégations, qui n’ont pas été prouvées devant un tribunal, il aurait suivi la femme à plusieurs reprises. Il aurait aussi tenté de communiquer avec elle et aurait même essayé de l'embrasser.

Les dossiers judiciaires indiquent que M. Graves a été accusé vendredi. Il a ensuite comparu devant le tribunal avant d’être libéré, avec l’approbation de la Couronne.

Selon une copie de son ordonnance de libération, sa mère agissait comme caution. Joshua Graves devait également vivre avec sa mère dans une autre résidence, plutôt que dans celle de son père sur la rue Anoka.

Il devait également s'abstenir de contacter la femme qu'il aurait harcelée et les autres témoins de l'affaire, que ce soit en personne ou sur les médias sociaux. Il a également reçu l'ordre de remettre à sa mère tous ses mots de passe numériques ainsi que ceux de ses appareils. Il lui était aussi interdit de posséder des armes.

Des marqueurs de preuve sur la scène de crime.

La police d’Ottawa et l’Unité des enquêtes spéciales (UES) poursuivent leur enquête respective (archives).

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Toujours selon CBC, il s’agissait de ses premières infractions pénales.

Par contre, la deuxième n’a pas tardé. Lundi soir, il a poignardé une mère et ses deux filles sur la rue Anoka. Joshua Graves, qui était le fils du voisin de la famille Ready, a tué la mère, Anne-Marie, 50 ans, et sa fille de 15 ans, Jasmine.

La sœur de cette dernière, Catherine, 19 ans, a survécu à l’agression.

Nouvellement étudiantes à l'école secondaire voisine

Jasmine Ready venait tout juste de terminer sa 10e année à l'école secondaire catholique Franco-Cité dans le quartier Alta Vista.

Sa sœur est une étudiante à l'Université d'Ottawa, selon les informations publiques disponibles sur les médias sociaux. Elle avait obtenu son diplôme de l'école Franco-Cité l'année dernière, selon le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est.

Une jeune femme regarde la caméra

Jasmine Ready venait tout juste de terminer sa 10e année à l'école Franco-Cité dans le quartier Alta Vista.

Photo : Conseil des écoles catholique de Centre-Est/Facebook

Leur mère, Anne-Marie Ready, travaillait pour sa part au ministère des Affaires mondiales du Canada. La femme de 50 ans était déléguée commerciale pour le département d'affaires aux Caraïbes, selon sa page LinkedIn. Elle était employée du ministère depuis 2017.

Avant 2017, Anne-Marie Ready travaillait pour l'ambassade du Canada au Pérou, et le Haut-commissariat du Canada à la Barbades, selon son historique professionnel.

Raywat Deonandan, professeur agrégé à l'Université d'Ottawa la connaissait, mais ne lui avait pas parlé depuis plusieurs années. Il a déclaré qu'il avait de bons souvenirs d'une femme brillante et attentionnée.

Je l'ai toujours trouvée extrêmement intelligente et perspicace, ainsi qu'une mère dévouée, a-t-il déclaré.

Rappel des faits

Les policiers d’Ottawa ont été appelés à se rendre au 1273 rue Anoka vers 22 h 30 lundi.

Les premiers patrouilleurs arrivés sur les lieux ont vu Joshua Graves en train de poignarder Catherine Ready. Ils lui ont ordonné de lâcher son couteau. Puisqu'il n’a pas obéi aux ordres, trois policiers ont ouvert le feu.

M. Graves est mort sur place tandis que Catherine Ready a été emmenée à l’hôpital pour soigner ses multiples blessures à l’arme blanche et sa blessure par balle. Lorsque la police a tiré sur le suspect, la jeune femme a été touchée.

Tout près d’elle, les agents de la paix ont trouvé les corps de sa mère et de sa sœur.

La police d’Ottawa et l’Unité des enquêtes spéciales poursuivent leur enquête respective.

Des policiers, de dos, en discussion près de la scène de crime.

À l'arrivée des agents sur place, le suspect poignardait une victime sur la chaussée (archives).

Photo : CBC/Michelle Allan

Les voisins ont décrit la famille, surtout les filles, comme des personnes sympathiques.

L’école secondaire catholique Franco-Cité a salué sur les réseaux sociaux la mémoire de Jasmine Ready et souhaité un prompt rétablissement à Catherine Ready, toutes deux passées par les bancs de l’établissement scolaire.

L’ensemble des membres du personnel de l'école secondaire catholique Franco-Cité et du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est ainsi que la Table politique transmettent leurs souhaits de courage à la famille éprouvée et un prompt rétablissement à Catherine, ainsi que leurs sincères condoléances aux proches de la famille, écrit l'établissement scolaire sur sa page Facebook.

L'École secondaire catholique Franco-Cité.

La direction de l'école secondaire catholique Franco-Cité a salué la mémoire des deux adolescentes.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

C’était mon petit garçon

Le ruban de police était tombé et les nettoyeurs attendaient d'entrer dans la maison de la famille Ready mercredi après-midi. Juste à côté, au domicile des Graves, une femme a laissé des plateaux de nourriture à la porte d'entrée.

Certains voisins ont suivi l’intervention de la police lundi soir, sur la rue Anoka. L’un de ces curieux était Greg Graves. À ce moment-là, il n’était pas au courant que l’homme abattu était son propre fils.

Il a tout entendu : les sirènes, les ordres de la police et les coups de feu qui ont été fatals.

Dans une déclaration écrite au nom de toute la famille, Greg Graves a adressé quelques mots à la famille Ready : Les mots ne peuvent exprimer à quel point je suis dévasté, déconcerté et triste pour la perte de votre mère et de votre fille.

« Je crois connaître les démons avec lesquels mon fils était aux prises et qui l'ont poussé à commettre ces actes terribles. C'est une tragédie pour nous tous et nous devrons la comprendre dans les jours à venir. »

— Une citation de  Greg Graves, père de Joshua

Le père endeuillé et consterné a déclaré qu'il avait à la fois une profonde douleur dans son cœur et du respect pour toutes les pertes de vie. Puissions-nous trouver la paix et le pardon, peut-on lire dans la déclaration.

Un historique de maladie mentale

Dans sa déclaration à CBC, la mère du suspect dit qu'elle croit que son fils n'était pas violent de nature, et qu'il a vécu une rupture avec la réalité au moment des faits. Il avait déjà un historique de problèmes de santé mentale et commençait un traitement médical.

Ce qu'a fait Joshua ne reflétait pas le garçon doux qui se démenait dans sa maladie mentale pour tenter de se trouver dans ce monde, peut-on lire dans la déclaration.

Selon sa famille, ses enjeux de santé mentale n'auraient été diagnostiqués qu'en août 2021, en même temps qu'un épisode dépressif majeur.

Sa famille croit que son arrestation dans la semaine précédente a agi comme catalyseur de ce qui s'est produit par la suite. C'est la chaîne d'évènements qui a mené à un épisode de dépression nerveuse. Il a dû penser que les accusations dont il était l'objet allaient mener à la fin de sa vie et de sa liberté, selon la déclaration de la famille.

Celle-ci ajoute qu'elle ne souhaite pas justifier ses actions, mais plutôt les expliquer.

Avec les informations de Shaamini Yogaretnam, de CBC

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