•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Envoyé spécial

Taïwan abandonne graduellement sa politique de zéro COVID

Pendant deux ans, l’île a été perçue comme une forteresse contre la COVID, un modèle mondial de gestion de la pandémie. Mais alors que les confinements chaotiques à Shanghai et à Pékin, en Chine, attiraient l’attention, Taïwan a décidé de mettre fin peu à peu à sa propre politique stricte.

Deux soldats portant un masque.

Des soldats portant des masques dans le cadre de la prévention de la pandémie de COVID-19.

Photo : Reuters / ANN WANG

Pour la première fois de la pandémie, près de 100 000 nouveaux cas par jour étaient enregistrés en mai sur l’île de 24 millions d’habitants. Une vague prévisible qui déferle depuis le début d’avril, mais une situation acceptable pour le gouvernement résolu à abandonner les confinements et à relâcher certaines mesures de distanciation physique.

Notre correspondant en Asie Philippe Leblanc sera basé à Taïwan pour les prochains mois, afin de nous faire découvrir cette île de près de 24 millions d'habitants, sa société et les défis qui l'animent. Et aussi afin de couvrir les enjeux d'actualité de toute la région Asie-Pacifique.

Nous luttons contre la pandémie tout en respectant la démocratie et les droits de la personne, soutient le ministre de la Santé et des Affaires sociales de Taïwan, Chen Shih-chung. La Chine a une approche relativement dure. Elle priorise davantage le contrôle de la pandémie que les droits de ses citoyens.

Jusqu’à ce printemps, Taïwan et la Chine étaient les deux derniers bastions de la politique de zéro COVID. Le professeur au Collège de santé publique de l’Université nationale de Taïwan, Chen Hsiu-Hsi, croit que l’île a pu adapter sa stratégie en apprenant des succès et des échecs des réouvertures en Europe, en Amérique et aussi ailleurs en Asie.

Nous avons modifié notre combat contre la COVID, d’une approche de pandémie à une approche d’endémie, explique-t-il. Ça permet de mieux s’accorder avec ce qui se fait dans le reste du monde. Si le gouvernement n'avait pas abandonné sa politique de zéro COVID, il n’aurait pas été possible de retourner à une vie normale.

Le professeur Chen Hsiu-Hsi croit que même la Chine a adapté sa stratégie depuis le confinement très strict de deux mois à Shanghai. La politique du zéro COVID reste en place et pourrait l’être pour encore cinq ans en Chine, selon une publication d’un officiel cette semaine. Les propos ont été brièvement mis en ligne, puis modifiés par la suite.

Ils semblent avoir constaté que les confinements ne sont plus utiles contre Omicron et sa courte période de transmission, précise-t-il.

Des mesures sanitaires encore en vigueur malgré tout

Si Taïwan a abandonné sa politique de zéro COVID, la réouverture n’est pas complète. Les frontières demeurent fermées aux visiteurs, sauf pour les gens d’affaires et autres personnes obtenant une dérogation du Centre des maladies infectieuses de Taïwan.

Deux femmes nettoient des sièges dans un aéroport

L'aéroport international de Taoyuan

Photo : Reuters / ANN WANG

Toute personne arrivant sur l’île doit se soumettre à un isolement strict de trois jours dans un hôtel de quarantaine et surveiller ensuite ses symptômes pendant quatre jours en évitant les endroits publics. Toute sortie non essentielle est déconseillée à ce moment-là.

Nous avons assoupli les règles pour ceux qui arrivent aux frontières, explique le ministre de la Santé et des Affaires sociales de Taïwan, Chen Shih-chung. Mais ce n’est pas suffisant. La réouverture graduelle des frontières est inévitable. Plusieurs pays rouvrent leurs frontières.

En dépit de l'absence de touristes et de la méfiance d’une partie de la population, la vie normale reprend timidement à Taïwan malgré l’allègement des mesures sanitaires.

Le chauffeur de taxi Chen Yu-Chi sillonne les rues de Taipei, mais avec la moitié moins de clients qu’il y a deux ans. C’est inévitable, chaque personne qui monte à bord lui parle de la pandémie et des développements, que ce soit des étudiants ou des gens d’affaires.

Moi et toute ma famille avons eu la COVID le mois dernier, dit-il. Je connais plusieurs personnes qui ont aussi été infectées. Il faut demeurer prudents, car le taux de transmission demeure élevé.

Le port du masque va rester en place

La prudence et certaines mesures vont demeurer en place à plus long terme. Le ministre de la Santé n’a pas l’intention de lever l’obligation du port du masque à Taïwan. C’est obligatoire à l’intérieur et à l’extérieur encore aujourd’hui.

Chen Shih-chung, en entrevue avec le journaliste Philippe Leblanc

Le ministre de la Santé et des Affaires sociales de Taïwan, Chen Shih-chung

Photo : Radio-Canada

Nous croyons que tout le monde s’est habitué à porter le masque, même si c’est gênant, déclare le ministre de la Santé et des Affaires sociales de Taïwan, Chen Shih-chung. Ça nous aide à lutter contre la COVID, mais aussi contre d’autres maladies respiratoires. Nos données le prouvent. À l’avenir, lorsque la distanciation sociale ne sera pas possible, le port du masque va rester en place.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !