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Les paniers bios boudés cet été

Plusieurs variétés de fruits et légumes dans un bac.

Les paniers bios du Potager France Marcoux sont moins populaires que l'an dernier.

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault

Louis-Philippe Arsenault

Des fermiers du Québec risquent de se retrouver avec des récoltes en trop cet été. Alors que des fermes ont investi massivement pour répondre à la forte demande des deux dernières années, les paniers bios n’ont plus autant la cote cette année.

La Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique (CAPE) interpelle les consommateurs afin qu'ils se tournent de nouveau vers les paniers bios.

Bien que plusieurs producteurs aient augmenté leur capacité de production de 50 % depuis deux ans, les maraîchers du Réseau des fermiers de famille (RFF) connaissent une baisse de 10 à 12 % de la demande comparativement à l’an dernier.

Capture d'écran d'un appel en visioconférence avec Émilie Viau-Drouin.

Émilie Viau-Drouin, présidente de la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique

Photo : Radio-Canada

Le Potager France Marcoux situé dans l’arrondissement Beauport, qui avait augmenté son volume de production, constate une baisse importante du nombre d’abonnements.

« Dans les paniers famille, on a eu une baisse de 35 à 40 % facile. »

— Une citation de  France Marcoux, propriétaire, Potager France Marcoux

Les producteurs doivent prévoir leur production à l’automne, rappelle la CAPE, qui engage aussi le nombre d’employés en conséquence.

Sinon c’est la main-d'œuvre parfois qui est trop grande pour le travail à accomplir et c’est une grosse charge, donc c’est inquiétant, explique Émilie Viau-Drouin, présidente de la CAPE.

L’inflation en cause?

Après deux années de pandémie qui ont incité plusieurs familles à se tourner vers l’économie locale et les paniers bios, la propriétaire du Potager France Marcoux s’explique mal pourquoi plusieurs familles boudent ce type de service cet été.

J’ai l’impression qu’après deux ans de pandémie les gens ont beaucoup le goût de voyager. S’attacher au panier tout l’été, ils ne sont pas certains, indique Mme Marcoux.

Une employée du Potager France Marcoux prépare le panier bio d'une cliente.

Les paniers bios au Potager France Marcoux sont moins courus cet été.

Photo : Radio-Canada

Pourtant, assure-t-elle, il est toujours possible de commencer la saison plus tard ou de suspendre momentanément l'abonnement pour quelques semaines.

Pour la CAPE, difficile d’expliquer cette baisse de popularité par l’inflation.

Hausse marquée des coûts de production

On fixe nos prix lors de la planification hivernale, précise la présidente de la coopérative, qui ajoute que l’inflation est fortement absorbée par les producteurs.

Elle soutient que le prix moyen d’un panier pour une famille de quatre est de 35 $ par semaine et comprend généralement une dizaine de produits variés.

France Marcoux devant son étalage de fruits et légumes à sa ferme.

France Marcoux, propriétaire du Potager France Marcoux

Photo : Radio-Canada

En plus d’une baisse de revenus appréhendée, la productrice doit faire face à une hausse marquée de ses coûts de production : salaires de ses employés plus élevés, hausse de 50 % du prix des intrants, sans parler du prix du carburant.

On absorbe une grande partie encore. On pourrait augmenter nos prix, mais si on veut que les gens mangent local, il ne faut pas abuser sur les prix, croit France Marcoux.

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