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Un médicament contre l’infarctus pourrait également traiter l’AVC, selon une étude

Le Dr Bijoy Menon devant des radiographies d'un cerveau.

Le Dr Bijoy Menon, de l'Université de Calgary, a codirigé l'étude.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh/La Presse canadienne

Radio-Canada

Selon une étude publiée mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet, la ténectéplase, couramment utilisée pour traiter l'infarctus aigu du myocarde (IAM), pourrait également révolutionner la prise en charge des patients victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

La recherche (Nouvelle fenêtre) (en anglais) a duré deux ans et a été codirigée par le Dr Bijoy Menon, professeur à l'Université de Calgary et neurologue à l'Hôpital Foothills. Le Sunnybrook Health Sciences Centre et l'Université de Toronto y ont également contribué.

Selon les résultats de l’essai clinique effectué sur 1600 patients, soit le plus grand essai clinique jamais réalisé sur l'AVC au Canada, la ténectéplase s’avère être efficace pour son traitement. Un accident vasculaire cérébral intervient lorsque le flux sanguin dans une artère cérébrale est bloqué par un caillot de sang.

Le Dr Bijoy Menon explique que l’Alteplase, qui est le médicament couramment utilisé pour traiter l’AVC, est certes efficace, mais plus difficile à administrer. Son administration peut prendre jusqu’à une heure et nécessite une pompe à perfusion qui, en outre, doit être surveillée. Alors que la ténectéplase, elle, est simplement administrée par intraveineuse et avec effet presque immédiat sur le patient, précise-t-il.

La facilité et la rapidité avec lesquelles ce médicament peut être administré, dans les grands hôpitaux, dans les hôpitaux ruraux, dans les ambulances , constituent son gros avantage, car, lorsqu’il s’agit de sauver des cellules cérébrales, même les secondes comptent énormément, souligne le Dr Menon.

Et lorsque vous traitez vos patients plus rapidement, ils ont tendance à s'en sortir mieux, et cela sauve des vies, ajoute-t-il.

En plus d'être susceptible de révolutionner le traitement des AVC, le nouveau médicament pourrait également constituer une option moins coûteuse dans les pays à revenu intermédiaire et faible, relève le Dr Menon.

La ténectéplase est commercialisée au Canada depuis 2001 sous le nom de Tnkase, peut-on lire par ailleurs sur le site de Santé Canada.

Témoignage d'une victime d'un AVC

André Lavoie a 60 ans et vit à Calgary. Il a accepté de faire partie d'un groupe de discussion dirigé par la Cumming School of Medicine de l'Université de Calgary, dans le cadre d'une vaste étude sur l'utilisation pour les patients victimes d'un AVC d'un médicament autorisé pour les traitements cardiaques.

En 2015, il aidait sa femme à ranger les courses quand une boîte de conserve lui a échappé et est tombé par terre. Je me suis penché pour le ramasser avec mon bras gauche, sans y parvenir, témoigne-t-il.

Face à cette situation inattendue, il se souvient s'être ainsi exclamé : Oh mon Dieu! J'ai un accident vasculaire cérébral. Heureusement, explique-t-il, j'ai eu la présence d’esprit d’aller voir ma femme et de lui avoir demandé d’appeler le 911.

André Lavoie a été finalement chanceux que le caillot de sang qui empêchait le flux sanguin d'irriguer son cerveau s'est dissipé de lui-même à l’arrivée de l'ambulance. Il continue cependant de souffrir des séquelles de cet incident, confie-t-il.

Selon lui, l'utilisation du médicament pour traiter des patients victimes d'un AVC était une bonne idée, surtout qu’il s’agit d’une injection facile et rapide à administrer. En cas de nouvel AVC, je sais [désormais] quoi demander, dit-il.

Le Dr Menon affirme que le médicament s'est déjà avéré sûr, mais qu’il faudra attendre plusieurs mois avant qu'il ne commence à être utilisé régulièrement.

Carol Kenney, l'infirmière qui a coordonné l’essai clinique, s’impatiente déjà : Nous disons que le temps, c'est le cerveau, donc plus vite nous traitons les patients, mieux c'est.

Avec les informations de La Presse canadienne

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