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Sébastien Sasseville, l’athlète de tous les possibles

Il pose en cuissard avec sa médaille sur un quai.

Sébastien Sasseville a complété dimanche la Race Across America, reconnue comme étant la compétition de cyclisme d'endurance la plus difficile au monde.

Photo : Dan Aponte

« Comme athlète, je suis allé quelque part en moi où je n’étais jamais allé. Je me suis découvert de nouvelles limites. Des limites insoupçonnées. »

De retour chez lui, à Québec, deux jours après être devenu l’un des rares cyclistes à compléter la Race Across America, Sébastien Sasseville a besoin de repos. Se remettre de son périple de 4800 kilomètres en 12 jours d’ouest en est des États-Unis prendra du temps.

Le cycliste Sébastien Sasseville en entrevue au Téléjournal Québec avec l'animateur Bruno Savard et le journaliste Jean-Philippe Martin.

Le cycliste Sébastien Sasseville en entrevue au Téléjournal Québec avec l'animateur Bruno Savard et le journaliste Jean-Philippe Martin.

Photo : Radio-Canada

C’est une récupération qui va prendre quelques mois, carrément, mais je vais être opérationnel d’ici quelques jours. Ça a définitivement été le défi le plus dur de ma carrière. Plus difficile encore que ce à quoi je m’attendais, lance l’athlète d’endurance.

Parti des plages de la Californie, le 14 juin, Sasseville a parcouru quelque 400 kilomètres chaque jour, roulant jour et nuit à travers le désert, les plaines et les montagnes.

Il roule devant des silos de ferme.

Sébastien Sasseville a traversé des paysages variés tout au long de la course.

Photo : Dan Aponte

C’est une fierté incroyable d’avoir complété la course. Un sentiment d’accomplissement en équipe. C’est le fruit d'un travail de planification et de persévérance, pointe celui qui était entouré d’une équipe de 10 personnes tout au long de la course.

Sous le soleil du désert

Si plusieurs participants ont flanché dès les premiers jours sur leur vélo, alors que le mercure affichait 45 °C dans le désert, en Arizona, le Québécois s’en est bien tiré.

On prenait beaucoup de pauses en fonction de notre stratégie de refroidissement, d’hydratation et d’alimentation. On a pris soin du temple. On a pris soin du corps. On a perdu des minutes et on n’est peut-être pas arrivé premier, mais c’est ce qui nous a protégés de l’abandon, estime-t-il.

On le voit rouler de dos dans le désert.

Sasseville a dû affronter des températures extrêmement chaudes dans le désert, en Arizona.

Photo : Dan Aponte

Mais pendant ces premiers jours de compétition, Sasseville n’arrivait pas à trouver le sommeil durant les deux maigres heures par jour qu’il s’accordait à cet effet. Il est devenu, de son propre aveu, une bombe à retardement.

C’est finalement au 9e jour passé sur son vélo qu’il a mis un genou au sol. Son corps ne voulait simplement plus fonctionner. Une situation que n’avait jamais vécue celui qui a traversé le Canada à la course et à vélo, monté l’Everest et couru le désert du Sahara.

Ça a été des moments de noirceur. J’ai songé à arrêter. C’est l’équipe qui m’a convaincu de continuer.

La nuit de la résurrection

À ce moment-là, l’athlète de 42 ans était trop fatigué pour mesurer lui-même s’il avait encore des chances d'atteindre la ligne d'arrivée dans la limite du temps imparti, soit 12 jours.

Les membres de l’équipe ont fait des calculs en fonction de la distance qu’il restait à parcourir et des gains en élévation. Ils ont proposé à Sasseville ce qu’ils ont plus tard baptisé la nuit de la résurrection.

Debout les yeux fermés, torse nu, il semble très fatigué.

Le manque de sommeil a rattrapé Sébastien Sasseville au 9e jour de la compétition.

Photo : Dan Aponte

Ils m’ont donné cinq heures de sommeil au lieu de deux. Évidemment, on ne revient pas à 100 %, mais ça m’a permis de parcourir 400 km avec énormément de dénivelés la journée suivante. Les trois dernières journées, c’était ça passe ou ça casse. On devait tout exécuter à la perfection.

C’est finalement le 26 juin en après-midi, 11 jours 22 heures et 25 minutes après son départ, que Sébastien Sasseville a franchi la ligne d’arrivée, à Annapolis, au Maryland.

Le diabétique que rien n'arrête

Un exploit rendu encore plus exceptionnel quand on sait que l’athlète devait gérer en permanence sa glycémie. Il est diabétique de type 1.

Là encore, il donne beaucoup de crédit à son équipe. Il était si fatigué à cause du manque de sommeil que, pour une rare fois dans sa vie, il a dû s'en remettre à son entourage pour surveiller son diabète. Ce qui demandait une confiance absolue de sa part.

Au-delà de l’engagement, il y avait de l’amour dans cette équipe-là. Un pour tous, tous pour un. Ça m’a beaucoup ému. J’ai vu 10 abeilles bourdonner autour de moi 24 h sur 24 durant les 12 jours.

Deux membres de son équipe lui appliquent de la crème solaire et lui enfilent ses gants alors qu'il est assis les yeux fermés.

Sébastien Sasseville était pris en charge jour et nuit par une équipe de 10 personnes.

Photo : Dan Aponte

De retour à la maison, Sébastien Sasseville avoue que, contrairement à son habitude, il n’a pas encore de nouveau défi extrême en tête. Au contraire, il a plutôt envie de se poser un moment.

Avec l’expérience qu’on a prise, on pourrait retourner à la Race Across America et faire un peu mieux. Mais ce ne sera pas l’année prochaine. Personnellement, ça fait plusieurs années de sacrifice et de choses que je n’ai pas pu vivre en raison des heures dédiées au sport. Pour les prochains mois, je vais prendre le temps de penser à ce qui est important.

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