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La Maison pour autistes de Véro et Louis, un modèle inspirant

Un milieu adapté à chaque usager? Un rêve pour ces parents inquiets de ce que l’avenir réserve à leurs enfants devenus adultes; une réalité, lorsque l’initiative privée s’allie au réseau de la santé.

Un imposant casse-tête est étalé en pièces détachées sur la table, le contour seul est complété.

L'éducatrice Julie Roy se fait rassurante en expliquant en détail le programme de l'après-midi.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Milieu de vie pour adultes autistes nécessitant une assistance continue, La Maison Véro & Louis est devenue le chez-soi de seize colocataires âgés de 22 à 61 ans depuis son inauguration à Varennes, en juin 2021.

La majorité d'entre eux habitaient encore chez leurs parents avant d'y emménager, l'été dernier. Un an plus tard, il y a de la fierté à dire qu'aucun des colocs d'origine n'a quitté cette grande maison, où chacun occupe une grande chambre et profite d’espaces communs au décor épuré, adaptés aux particularités des personnes autistes.

L'adaptation s'est faite à différents rythmes, tant pour les résidents que pour les employés, qui ont appris à se connaître et à faire vie commune.

C'est sûr que pour certains résidents, l'intégration a été un peu plus ardue et que ça a été un peu plus déchirant pour certains parents, convient Katty Taillon, directrice de la Fondation Véro & Louis. Mais pour la plupart des résidents, après six mois, je vous dirais que l'intégration était faite.

Il y a eu donc eu des surprises, des bonnes et des moins bonnes, mais tout a été facilité par le soutien qu’ont apporté les professionnels du CISSS de la Montérégie-Ouest.

L'équipe a fait en sorte que tout le monde s'adapte, que tous soient bien compris dans leur façon de communiquer, parce qu'il y a des résidents qui sont non verbaux, précise Mme Taillon. Aussi, s'ils se désorganisent, on sait quoi faire maintenant.

Puisque la maison priorise le développement du potentiel de chacun, on y trouve une éducatrice spécialisée pour quatre résidents, en plus d’une programmation touffue pour ceux qui ne participent pas à des activités externes le jour, comme des ateliers de travail ou des formations.

Un an après son ouverture officielle, la Maison Véro & Louis, située en Montérégie, semble remplir ses promesses. L'endroit est devenu un milieu de vie pour 16 adultes autistes de 22 à 61 ans. C'est un modèle soutenu par le réseau de la santé et qu'on voudrait reproduire ailleurs parce que les besoins sont grands. Reportage de Anne-Louise Despatie

Déjà, les activités éducatives proposées à la Maison Véro & Louis semblent avoir eu des effets bénéfiques sur le développement des résidents. On continue d'avoir des défis parce que c'est une population particulière, mais les progrès sont énormes, relate Sarah Huxley, responsable de la recherche et du développement pour la Maison Véro & Louis.

On le voit dans la communication, dans l'interaction entre eux, dans les liens qu'ils ont développés, poursuit-elle. Avant, ils communiquaient juste avec les intervenantes, mais de plus en plus ils interagissent entre eux.

Un projet qui fait rêver les parents

Si la Fondation Véro & Louis est allée chercher le financement et les dons pour la construction de la maison (plus de 6 millions de dollars), c'est le réseau de la santé et des services sociaux qui finance les services offerts et qui gère toutes les demandes d'hébergement.

Sensibles à l’absence de ressources d'hébergement pour les adultes autistes, Véronique Cloutier et Louis Morissette ont développé leur vision et leur projet, tout en restant à l'écoute des spécialistes.

Ce partenariat a de quoi faire rêver bien des parents, inquiets de ce que l'avenir réserve à ces enfants différents et dépendants.

La fondation reçoit des dizaines de courriels de parents et constate l'ampleur des besoins partout au Québec. On souhaite donc que ce modèle puisse être reproduit ailleurs. La première maison de Varennes fait l'objet de quatre études universitaires, notamment sur l’architecture et sur l’approche éducative. On veut ainsi mesurer l'efficacité de ce modèle et y apporter des améliorations au besoin.

Un aperçu de La Maison pour autistes de Véro et Louis

Il y a deux salles à manger lumineuses : l'une plus tranquille et l'autre pour ceux qui tolèrent mieux le bruit et l'action.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Le CISSS de la Montérégie-Ouest soutient l'initiative du couple Cloutier-Morissette, puisqu'il y a vu la possibilité de répondre à des besoins spécifiques. Le réseau public constate l'explosion des demandes pour des services d'hébergement mieux adaptés aux autistes et à d'autres clientèles.

Depuis quelques années se multiplient les initiatives de parents qui créent des OBNL pour financer des maisons d'hébergement spécialisées pour leurs enfants vivant avec une déficience intellectuelle, un handicap ou de l'autisme.

Laurence Pérusse-Tardif, coordonnatrice des programmes spécialisés en troubles du comportement au CISSS de la Montérégie-Ouest, y voit une solution et la possibilité d'offrir de l’hébergement personnalisé, pourvu que ces projets soient bien arrimés aux besoins.

En effet, pour que le réseau public soit prêt à contribuer et à fournir les services après la construction d'une résidence, il importe de rassembler sous un même toit les usagers qui ont les mêmes besoins.

« C'est ce qu'on appelle le jumelage. Plus on a la possibilité de commencer le projet en amont avec les parents, plus on peut assurer la pérennisation du projet »

— Une citation de  Laurence Pérusse-Tardif, coordonnatrice des programmes spécialisés en troubles du comportement au CISSS de la Montérégie-Ouest
Tout y est neuf, de bon goût

Une salle commune dans La Maison Véro & Louis

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Il s’agit, en somme, de s'assurer que le projet brique et béton des parents est complémentaire aux services que le réseau public veut offrir. Il y a maintenant une tendance à vouloir favoriser des hébergements personnalisés, à l’image de ce qu’offre La Maison Véro & Louis.

Si on a de plus en plus de profils de solutions de résidences personnalisées, c'est justement parce qu'on s'adapte plus aux besoins de l'usager dans les dernières années, explique Laurence Pérusse-Tardif. Avant, on était davantage dans un modèle institutionnel, maintenant on crée des milieux pour chaque usager.

À titre d'exemple, la Montérégie va inaugurer une ressource d'hébergement destinée aux multi-handicapés qui n'ont d'autres recours que la vie en CHSLD avec les personnes âgées, alors que certains sont dans la trentaine. Dans l’ensemble de cette région, le réseau public est en train de développer quatre projets en autisme et en déficience intellectuelle.

De son côté, la Fondation Véro & Louis espère annoncer de bonnes nouvelles d’ici la fin de l’année. En attendant, la maison de Varennes va élargir ses activités éducatives de jour à des participants du secteur dès le mois de septembre.

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