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Un homme du Témiscamingue dénonce la façon dont il a été traité au CHUM

Simon Bastien dans son lit d'hôpital. Ses filles Julie et Mélanie lui tiennent la main.

Julie et Mélanie Bastien au chevet de leur père à Montréal.

Photo : Gracieuseté : Mélanie Bastien

« Je pars d’un paradis, ici à Ville-Marie et je tombe en enfer là-bas. » C’est ainsi que Simon Bastien décrit son séjour de 8 jours au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) à la mi-juin. Il a d’ailleurs déposé une plainte officielle à la Commissaire aux plaintes et à la qualité des services.

Allongé sur son lit d’hôpital à Ville-Marie, l’homme de 72 ans, qui reçoit des soins palliatifs, utilise ses dernières forces pour raconter ce qu’il appelle son cauchemar.

« Je ne veux pas détruire l’hôpital, mais je veux que ça s’améliore. Je veux que les gens qui partent du Témiscamingue qui s’en vont à Montréal soient confiants qu’ils vont être bien soignés. »

— Une citation de  Simon Bastien

Un cancer fulgurant

Tout a commencé il y a quelques semaines, lorsque Simon Bastien a reçu un diagnostic de cancer. La maladie est fulgurante et s’attaque rapidement à plusieurs organes.

Après avoir été hospitalisé à Ville-Marie, le septuagénaire est transféré à Montréal pour subir une chirurgie.

Il souffre beaucoup et doit recevoir régulièrement des doses d’antidouleur.

Ils ne voulaient rien savoir de ce qui avait été entrepris au Témiscamingue, ils ont recommencé toutes les démarches à zéro. Papa prenait de la morphine ici avant de partir, il prenait du 3 milligrammes, là-bas ils nous ont dit qu’ils donnaient du dilaudid au lieu de la morphine. Alors, il a fallu se battre pour réaugmenter à chaque fois parce qu’ils ne croyaient pas à la douleur de papa, raconte sa fille Mélanie Bastien. Cette dernière était au chevet de M. Bastien à Montréal tout comme ses deux autres enfants et sa conjointe.

Je suis sûr que si j’étais parti sans mes enfants, je serais revenu les deux pieds devant, soutient Simon Bastien. Ils n’allaient pas au-devant de la douleur, ils attendaient que la douleur m’anéantisse.

Une nuit d’horreur

Les visiteurs n’étaient pas autorisés entre 20 h le soir et 8 h le matin. Malgré les demandes répétées des Bastien, les proches ne pouvaient pas dormir sur place pour veiller sur le patient.

C’est pourquoi la famille estime que M. Bastien s’est retrouvé livré à lui-même lorsque sa sonnette d’alarme et son tube d’aspiration sont tombés et se sont retrouvés coincés sous le lit.

La cloche d'appelle repose sur le sol près d'un lit d'hôpital.

Selon la famille, des employés ont dû s’y prendre à trois pour remettre en place la cloche d’appel que Simon Bastien ne pouvait atteindre. Elle était coincée dans une grande barrière de son lit.

Photo : Gracieuseté : Mélanie Bastien

Pendant plusieurs heures, il a tenté d’obtenir de l’aide.

Un moment donné, un monsieur ouvre la porte et me demande ce que je voulais, j’ai dit : "je veux faire pipi et j’ai très mal". Il m’a dit : "monsieur, c’est pas moi qui s’occupe de ça". Il referme la porte et il s’en va. Je n’ai pas eu de traitements non plus, décrit Simon Bastien.

N’ayant pas accès au tube pour aspirer ses sécrétions ni à sa sonnette pour demander de l’aide, M. Bastien affirme avoir dû cracher dans un urinoir placé près de son lit.

Une plainte officielle est déposée

Devant cette situation, M. Bastien et ses enfants ont décidé de déposer une plainte à la Commissaire locale aux plaintes et à la qualité des services.

La plainte sera analysée, puis une décision sera rendue dans les 45 prochains jours.

M. Bastien est conscient qu’il ne verra pas l’aboutissement de cette démarche, mais il tient à ce que ses proches aillent jusqu’au bout.

« C’est inhumain ce qu’on reçoit là-bas et là on s’attaque à un monstre de la santé, c’est David contre Goliath. J’espère gagner de quoi dans la cause, qu’ils fassent une remise en question totale. »

— Une citation de  Simon Bastien

Appelés à commenter, les représentants du CHUM mentionnent par courriel : Nous sommes désolés de constater que l'épisode de soins du patient n'ait pas été à la hauteur de ses attentes et de celles de sa famille. Nous sommes de tout cœur avec eux. Tous les patients sont égaux et doivent recevoir des soins et des services sécuritaires, peu importe la région d'où ils viennent. Comme vous le savez, la commissaire aux plaintes effectue des vérifications et nous nous assurerons d'effectuer les suivis appropriés. Nous veillerons à mettre en place les correctifs nécessaires afin que les soins et services exemplaires soient offerts à tous les patients du CHUM.

M. Bastien a finalement été rapatrié par avion à l’hôpital de Ville-Marie après 8 jours d’hospitalisation à Montréal.

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