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La police de Regina favorable à la décriminalisation des drogues illicites à long terme

Le chef de police de Regina, Evan Bray, en conférence de presse le 28 juin 2022.

« La décriminalisation consiste à ne pas inculper une personne, mais à l'orienter vers un autre type de soutien, de service ou de soins de santé qui lui permet de faire face à son problème, quel qu'il soit », dit le chef de la police de Regina, Evan Bray.

Photo : CBC / Alexander Quon

Radio-Canada

Le Conseil des commissaires de police de Regina se déclare favorable à la décriminalisation des drogues illicites. Il reconnaît cependant qu’une telle option prendra du temps avant d'être mise en application.

Un rapport présenté à la commission de police de Regina conclut que la décriminalisation profiterait autant à la société qu'aux consommateurs. Le document a été rédigé par deux chercheuses de l'Université de la Saskatchewan, Lori Hanson et Barbara Fornssler.

Barbara Fornssler, qui s'est présentée par vidéoconférence pour répondre aux questions des commissaires, a déclaré que les preuves indiquent que la décriminalisation n'augmente pas la consommation de drogues. Elle réduit plutôt les morts par surdose et allège le fardeau du système judiciaire.

Selon Barbara Fornssler, Saskatoon et Regina pourraient mettre en œuvre leurs propres mesures de décriminalisation et ainsi obliger la province à agir.

Les options envisagées

Dans un premier temps, les forces de l'ordre choisiraient de s'abstenir d'imposer des accusations criminelles à des personnes pour des quantités personnelles de drogues illicites.

Pour officialiser la situation, il faudrait que Santé Canada accorde une exemption, autorisant les personnes à posséder une petite quantité personnelle de drogues. Cela sera testé en Colombie-Britannique l'année prochaine.

La décriminalisation consiste à ne pas inculper une personne, mais à l'orienter vers un autre type de soutien, de service ou de soins de santé qui lui permet de faire face à son problème, quel qu'il soit , a affirmé le chef de la police de Regina, Evan Bray.

Les commissaires de police ont tous reconnu que la décriminalisation avait des avantages. Ils indiquent toutefois que les systèmes de santé et de soutien nécessaires pour faire face à la dépendance ne sont pas encore largement offerts dans la ville.

À l'heure actuelle, nous ne portons pas d'accusations, mais nous n'avons pas vraiment d'excellentes bretelles de sortie en matière de déjudiciarisation, a fait remarquer Evan Bray.

Une politique de facto déjà appliquée

Le chef de police, Evan Bray, affirme que le service de police applique déjà une politique de décriminalisation de facto à Regina.

Selon lui, le service a commencé à réduire considérablement le nombre de personnes accusées de simple possession de drogue. Les accusations de drogue sont souvent liées au trafic.

Pour sa part, la mairesse Sandra Masters s'est dite ouverte à la décriminalisation des drogues illicites au cas où la Ville adopterait une telle décision. Elle a reconnu que les villes pourraient choisir de demander des exemptions à Santé Canada de leur propre chef.

Elle a souligné que les systèmes de soutien offerts par la province seraient probablement essentiels pour que la décriminalisation fonctionne.

Il serait franchement imprudent de dire que nous avons une idée et que nous devrions la mettre en œuvre, sans comprendre le contexte et, encore une fois, sans impliquer tout le monde dans cette démarche, a déclaré Sandra Masters.

Le rapport, qui a été accepté par les commissaires de police, est acheminé à l'administration municipale.

Avec les informations d'Alexander Quon

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