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Sommet de l’OTAN : Washington étend son empreinte militaire en Europe

Ce repositionnement américain vise à « répondre à des menaces venant de toutes les directions », explique le président américain Joe Biden.

Gros plan de Biden devant un logo de l'OTAN.

Le président américain Joe Biden, lors de sa conférence conjointe avec le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, mercredi, à Madrid.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Les États-Unis vont significativement accroître leur présence militaire en Europe afin que l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) puisse mieux se dresser devant la Russie dans la foulée de son invasion de l’Ukraine, a annoncé mercredi à Madrid le président américain Joe Biden.

Des troupes et des équipements supplémentaires seront ainsi déployés en Pologne, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Roumanie, en Espagne, en Italie et dans les pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie), a-t-il dit lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

L’annonce donnait en quelque sorte le coup d’envoi du sommet annuel des dirigeants de l’Alliance transatlantique, qui sera marqué par l’adhésion annoncée de la Suède et de la Finlande dans ses rangs et l’approbation d’un nouveau concept stratégique définissant la Russie comme la principale menace de l’organisation.

Nous sommes au rendez-vous et nous prouvons que l'OTAN est plus nécessaire que jamais, a fait valoir le président Biden, en justifiant le renforcement du positionnement américain par la nécessité de répondre à des menaces venant de toutes les directions.

Selon le président Biden et le Pentagone, qui a donné plus de détails dans un communiqué, ce repositionnement se traduira par :

  • l’installation en Pologne d’un quartier général permanent du 5e corps d'armée américain, qui deviendra une première présence américaine permanente sur le flanc oriental de l'OTAN;
  • l’envoi de deux escadrons supplémentaires d’avions de chasse F-35 à la base de Lakenheath, dans l’ouest de l’Angleterre. Les escadrons sont généralement composés d’au moins une douzaine d’aéronefs;
  • l’envoi de deux destroyers supplémentaires sur la base navale espagnole de Rota, dans le sud de l’Espagne, faisant passer leur total à six;
  • le déploiement de capacités supplémentaires de défense aérienne en Allemagne et en Italie, accompagnées de déploiement de 625 et de 65 militaires respectivement;
  • l’envoi d’une brigade supplémentaire en Roumanie, faisant passer le nombre de militaires américains dans ce pays de 2000 à 5000;
  • des déploiements supplémentaires dans les États baltes, ce qui inclut, selon le Pentagone, de l'artillerie, de l'aviation, de la défense antiaérienne et la présence de troupes d'élite. Washington promet aussi une intensification des exercices militaires dans ces pays.

« Poutine voulait une "finlandisation" de l’Europe [c.-à-d. une position de neutralité militaire]. Vous allez avoir une "otanisation" de l’Europe. C’est exactement ce qu’il ne voulait pas, mais exactement ce qu’il faut pour garantir la sécurité de l’Europe. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Le président Biden a rappelé que les États-Unis avaient déjà déployé cette année 20 000 militaires supplémentaires en Europe pour renforcer nos lignes en réponse aux initiatives agressives de la Russie, ce qui porte à plus de 100 000 le nombre d'Américains stationnés sur le continent.

Selon le Pentagone, Washington va dépenser 3,8 milliards de dollars dans le cadre de son Initiative de dissuasion en Europe pour l'année budgétaire 2022, et 4,2 milliards de dollars de plus l’an prochain.

Moscou n'a pas tardé à faire savoir qu'elle n'était pas intimidée par l'annonce du président Biden, en minimisant l'importance du repositionnement américain.

Ceux qui proposent de telles décisions ont l'illusion que la Russie pourra être intimidée, en quelque sorte contenue : ils n'y parviendront pas, a commenté le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. Il n'y aura aucun résultat, pas les résultats qu'ils escomptent de ces efforts, a-t-il fait valoir.

« La sécurité des pays où les contingents (américains) supplémentaires seront déployés ne sera pas renforcée. Ce qui se passe actuellement mènera sans aucun doute à des mesures en réponse de notre part. »

— Une citation de  Sergueï Riabkov, vice-ministre des Affaires étrangères de la Russie

M. Stoltenberg a déjà annoncé plus tôt cette semaine que l'OTAN entend faire passer de 40 000 à 300 000 le nombre de militaires des pays membres à un niveau de préparation élevé.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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