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Une soixantaine de personnes manifestent contre la vente du Faubourg Mena’Sen

Des personnes rassemblées devant un édifice.

Une soixantaine de personnes ont manifesté en soutien aux locataires du Faubourg Mena'Sen.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Insatisfaits des réponses obtenues dans le dossier de la vente du Faubourg Mena'Sen à des intérêts privés, une soixantaine de personnes ont manifesté mercredi midi devant l'immeuble.

Plusieurs organismes, dont l'Association des locataires de Sherbrooke, ont annoncé leur présence à ce rassemblement pour soutenir les résidents dans leur démarche. C'est une question de solidarité et une question morale. Il faut que les citoyens s'intéressent un peu à la démocratie. Dans le cas de Mena'Sen, c'est une question de démocratie interne. Les résidents se sont retrouvés devant un fait accompli, ils n'ont jamais été consultés et n'ont jamais su que leur immeuble était en vente, a souligné le porte-parole de l'organisme, Mario Mercier.

Un homme tient une pancarte sur laquelle est écrit : Sauvons Mena'Sen.

Une soixantaine de personnes manifestent en soutien aux locataires du faubourg Mena'Sen.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Selon lui, le rassemblement de mercredi visait non seulement à déplorer la vente du Faubourg Mena'Sen, mais aussi à sensibiliser la population au respect des droits des locataires.

On pense, comme citoyen, qu'au-delà des 18,25 millions de dollars qui sont disparus, il est de notre devoir d'appuyer ces gens-là qui veulent faire respecter leurs droits. [...] Puisque l'ensemble des partis politiques, à la suite de ce qui s'est passé à Mena'Sen, interdisent maintenant cette pratique, c'est qu'elle heurte lourdement la morale publique.

« On trouve important d'être présents pour appuyer ces gens. »

— Une citation de  Mario Mercier, porte-parole de l'Association des locataires de Sherbrooke

Une lettre anonyme préoccupe certains locataires

Une lettre anonyme d’un individu opposé à la mobilisation a toutefois préoccupé certains manifestants. Elle a été envoyée à plusieurs résidents la veille du rassemblement.

Ça a eu un effet sur le moral de personnes plus fragiles, plus incertaines dans la mobilisation, a souligné la membre du comité des locataires du Faubourg Johanne Proulx.

L’auteur de la lettre accusait notamment les intervenants impliqués et les journalistes d’êtres responsables d’un climat malsain au Faubourg. Sa distribution massive a été mal perçue par plusieurs personnes qui étaient sur place mercredi.

« C'est quand même un geste d'intimidation à l'égard d'aînés.  »

— Une citation de  Me Louis Fortier, avocat

Malgré tout, les résidents se sont mobilisés en grand nombre.

Du coup, ça nous a donné un choc, mais après ça, non, ce n'est pas ça qui va nous arrêter, s'est exclamée Madeleine Brochu, une autre membre du comité des locataires.

Des lettres anonymes, ça ne me fait pas peur. Quand les gens ne sont même pas capables de mettre leur nom sous leurs propos, c'est qu'ils ne sont pas très fiers de leurs propos, a renchéri la députée de Sherbrooke Christine Labrie.

Les locataires peuvent également compter sur un nouvel appui, soit celui de la communauté d’Odanak. Le secteur du Faubourg était jadis utilisé comme lieu de repos pour les Autochtones, dont les aînés, et la communauté d'Odanak souhaite que ça reste ainsi.

Un autochtone avec un macaron de soutien aux résidents du Fauboug Mena'Sen.

Des membres de la communauté d'Odanak sont venus apporter leur soutien aux locataires du Faubourg Mena'Sen.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

On ne sort pas souvent de notre communauté, mais quand on sort, on vient en support pour des causes justes et nobles, comme la défense du Faubourg Mena'Sen, a expliqué Jacques T. Watso, qui est élu dans le Conseil des Abénakis d'Odanak.

Des doutes chez les résidents

Récemment de passage à Sherbrooke, le premier ministre du Québec, François Legault, a indiqué que la vente du Faubourg Mena'Sen était légale à la lumière des vérifications effectuées par le gouvernement. Mario Mercier constate que cette déclaration a créé un doute chez des résidents.

Les gens de Mena'Sen, comme tout le monde, se demandent si l'immoralité des gestes pourrait être sanctionnée. [...] On ne sait pas jusqu'où la loi protège les gens contre l'immoralité [des] autres.

Le premier ministre du Québec a par ailleurs été l'objet de plusieurs critiques mercredi. Des manifestants ont déploré qu’il n'ait pas déclenché d’enquête et qu’il ait passé du temps au Marché de la gare lors de sa récente visite à Sherbrooke plutôt que de rendre visite aux résidents du Faubourg.

Monsieur Legault nous avait promis une enquête, il n'a fait que des vérifications, et on ne sait pas qui a fait quoi. On n'a même pas d'écrit, donc ce n'est pas très sérieux, a indiqué Me Louis Fortier.

Contacté par Radio-Canada, le cabinet du premier ministre a répondu que le gouvernement a agi rapidement, et a notamment fait adopter un projet de loi pour que ce type de situation ne se reproduise pas. La députée de Saint-François Geneviève Hébert dit également être en contact avec le comité de citoyens du Faubourg, mais indique que les actions du gouvernement sont présentement limitées.

C'est difficile de revenir en arrière car la transaction, initialement, est légale. Ce qui s'est passé après, j'invite les gens qui savent des informations de les transmettre aux autorités responsables, indique-t-elle.

Rappelons que l'avocat des anciens administrateurs du Faubourg Mena'Sen, Me Serge Dubois, a déclaré il y a quelques semaines que la transaction a été faite dans les règles de l'art et en toute légalité.

Il n'a pas été possible mercredi d'obtenir d'entrevue des acheteurs ou des vendeurs du Faubourg.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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