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Des trentenaires en pleine introspection dans la comédie dramatique Lignes de fuite

Trois femmes posent sur un tapis rouge

Léane Labrèche-Dor, Catherine Chabot et Mariana Mazza lors de la première du film « Lignes de fuite » à Montréal

Photo : Facebook/Les films Séville

Radio-Canada

Après avoir écrit Lignes de fuite pour le théâtre en 2019, Catherine Chabot a coadapté sa pièce pour le grand écran et coréalisé, avec Miryam Bouchard, cette comédie dramatique qui sort le 6 juillet au cinéma. Mariana Mazza, Léane Labrèche-Dor et Catherine Chabot y jouent Sabina, Valérie et Audrey, trois trentenaires, amies depuis le secondaire, dont les premières retrouvailles depuis un an vont faire naître des tensions et des remises en question.

La question du futur est au cœur de Lignes de fuite, dont le titre désigne toutes les possibilités que l’on a à l’intérieur de nous, selon Catherine Chabot. Quand elle a commencé à rédiger sa pièce primée en 2019 par l’Association québécoise des critiques de théâtre, l’actrice, scénariste et dramaturge était en plein questionnement devant la crise climatique et sociale. Où s’en va le monde? Est-ce qu’on peut changer collectivement et saisir notre ligne de fuite collective? explique-t-elle. Car, clairement, le cours actuel des choses doit être repensé.

Sans apporter de réponses, cette œuvre explore donc les lignes de fuite de Valérie et son conjoint Paul-Émile (Mickaël Gouin), d’Audrey et son amoureux (Maxime de Cotret) ainsi que de Sabina et sa blonde Amber (Victoria Diamond). 

Les six personnages sont les six voix dans ma tête, ce sont mes lignes de fuite, précise Catherine Chabot. 

Portrait des trentenaires d’aujourd’hui

Écoanxiété, choix de vie personnels et professionnels… Lignes de fuite fait écho aux interrogations et aux préoccupations de la génération Y. 

Léane Labrèche-Dor y incarne une pigiste chroniqueuse culturelle à Radio-Canada qui cache ses failles derrière un côté acerbe, amer et ironique. 

Il y a un point de vue sur les gens de notre génération qui vont se barricader derrière une espèce de bienséance et de vertu, mais qui ne sont pas en synchronicité avec [leurs paroles], explique l’actrice. 

Une grande faille de ma génération est qu’on ne se permet pas l’erreur passée ou future, alors on est juste dans les paroles, poursuit-elle. Et c’est là qu’on fait le plus grand nombre d’erreurs au final, personnellement et collectivement. On est un peu à côté de la plaque.  

Une jeune femme blonde regarde droit dans la caméra.

L’actrice, scénariste et autrice québécoise Catherine Chabot

Photo : Eve B. Lavoie

La difficulté des amitiés de longue date à traverser le temps

Lignes de fuite aborde aussi le rapport que la génération Y entretient avec l’amitié alors que la vie fait souvent prendre des chemins différents aux membres d’un même groupe, à l’image des trois protagonistes du film. 

Je pense que ça va ouvrir les yeux sur l’amitié, estime Mariana Mazza, qui pense que sa génération tend à faire perdurer de vieilles amitiés qui n’ont plus trop de sens en raison de souvenirs communs : Plus je vieillis et plus je me rends compte que ce n’est pas parce que j’ai été à l’école avec toi que tu es mon ami.  

Pour elle, ce film parlera notamment aux filles qui vivent des amitiés féminines. Dans les groupes de filles, il y a de la jalousie cachée, des sous-entendus, des mesquineries, observe-t-elle. À la place de se dire en pleine face "je n’ai pas aimé ça", on refoule et, à un moment donné, tu finis par le vomir, mais ça arrive toujours trop tard.

C’est d’ailleurs ce qu’a vécu Mariana Mazza dans sa vie personnelle. Le tournage de Lignes de fuite l’a poussée à mettre fin à son amitié avec deux personnes avec qui elle formait un trio dans lequel elle ne se sentait pas reconnue.

« Le film m’est rentré dedans, je rentrais ébranlée à la maison après les scènes, raconte-t-elle. La scène où j’explose, c’est tout ce que j’aurais voulu dire à mes amies. »

— Une citation de  Mariana Mazza

Un syndrome de l’imposteur pour Mariana Mazza

Même si elle n’avait jamais échangé de baisers avec une fille avant d’embrasser Victoria Diamond pour les besoins du film, Mariana Mazza s’est grandement identifiée à Sabina, une femme qui vient d’un milieu modeste et qui réussit sa carrière : Cela n’a pas du tout été difficile de l’incarner, car je ne me suis pas sentie dans un personnage. Je suis allée chercher les bibittes les plus profondes de mon être, la petite fille rejetée dans un trio.

Pourtant, la comédienne et humoriste se sentait coupable d’imposture pour la première fois de sa carrière, notamment car elle n’a pas passé d’audition pour décrocher ce rôle. 

Quand Catherine m’a dit : "C’est toi, le personnage", je n’y croyais pas. Et quand j’ai vu le film, je me suis dit : "Oui, c’est moi."

Deux jeunes femmes ont l'air complice.

Victoria Diamond et Mariana Mazza dans « Lignes de fuite », de Catherine Chabot et Miryam Bouchard

Photo : Eve B. Lavoie

Catherine Chabot confirme que Mariana Mazza s’est imposée comme une évidence. Quand elle a lu le scénario, le personnage de Sabina était présent devant moi, se rappelle-t-elle. 

Cela prenait une prestance, une sensibilité et une douceur pour ce personnage, ajoute-t-elle. Mariana Mazza livre une performance extraordinaire [dans le film]. Elle va dans des émotions, on passe du rire aux larmes avec elle.

Ce texte a été écrit à partir d’une entrevue réalisée par Eugénie Lépine-Blondeau à l’émission C’est ma tournée. Les propos ont pu être édités à des fins de clarté ou de concision.

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