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Obtenir une carte de débit en français se transforme en parcours du combattant

Une femme effectue un retrait dans un guichet.

Catherine Babault tenait à obtenir une carte de guichet en français de la Banque de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Marie-Josee Paquette Comeau

Obtenir des services en français peut être tout un défi en Colombie-Britannique. Une photographe francophone de Courtenay, sur l’île de Vancouver, a vécu un vrai parcours du combattant s'échelonnant sur sept semaines pour obtenir une carte de débit en français.

Les malheurs de Catherine Babault commencent au début du mois de mai, quand elle fait remplacer son ancienne carte de guichet à la Banque de Montréal (BMO). Elle reçoit une carte en anglais et signale immédiatement aux employés de la banque qu’elle désire obtenir une carte qui fonctionne en français.

Je suis cliente de la BMO depuis 25 ans et j’ai toujours eu des cartes de débit en français, affirme-t-elle.

On l’invite à appeler un centre de service de la banque où on la transfère à un agent établi au Nouveau-Brunswick qui lui explique que les succursales au Nouveau-Brunswick offrent des cartes de débit dans les deux langues, le français et l’anglais. Ils offrent l’option à leur client, option qui ne m’a pas été offerte du tout ici en Colombie-Britannique.

Elle retourne donc le jour même à la banque de Courtenay pour faire un suivi, le personnel lui dit qu’il la recontactera pour s’assurer qu’une carte sera remise.

À la fin du mois, ne recevant aucune nouvelle dans le dossier, elle rappelle la banque et, ne voyant toujours pas de solution à son problème, elle se présente en succursale quelques jours plus tard, le 8 juin. On lui remet une autre carte, qui affiche toujours les informations en anglais au guichet automatique.

À la suite de ses remarques, on lui annonce qu’on lui commande une autre carte, qui arrivera par la poste.

Catherine Babault décide donc de déposer une plainte auprès d’une membre du bureau principal de la banque ainsi qu’une plainte auprès de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.

Portrait d'une femme.

La photographe Catherine Babault a dû insister auprès de la banque pendant sept semaines pour obtenir une carte en français.

Photo : Catherine Babault

La membre du bureau de la banque lui offre 50 $ en compensation et lui suggère de changer la langue à l’écran à chaque usage de la carte, suggestion qu’elle rejette. Est-ce que vous remettez des cartes de débit en anglais seulement à vos clients au Québec et leur suggérez-vous de changer la langue de préférence de l’anglais au français chaque fois qu’ils utilisent un guichet automatique?, leur répond-elle.

Le 21 juin, elle reçoit une nouvelle carte par la poste, qui, une fois de plus, ne semble pas fonctionner au guichet.

C’est finalement en se rendant à la banque le jour suivant qu’elle obtient la carte en français, car la succursale avait commandé une boîte complète de cartes à la suite de l’incident.

Il leur aura fallu sept semaines et demie pour compléter cette simple demande de service en français, déplore Catherine Babault.

« J’avais l’impression de faire leur travail, faire des recherches, essayer de trouver des solutions, leur dire quoi faire à Courtenay. »

— Une citation de  Catherine Babault

Elle a laissé tomber ses plaintes après avoir obtenu sa carte.

Les clients qui résident à l'extérieur du Québec peuvent demander une carte de débit en français à une succursale, assure pour sa part la Banque de Montréal.

Une question d'offre et de demande

Pauline Gobeil, l’ancienne directrice générale de la Société francophone de Victoria, estime qu’il est important de réclamer des services en français auprès des entreprises privées pour assurer leur survie. Si tu n'utilises pas ton service en français, les statistiques disent qu’il n’y a personne qui s’en sert là-bas, il n’y a pas de francophones. Donc, pourquoi on paierait de l’argent pour offrir un service que personne n’utilise?, explique-t-elle.

Elle encourage les francophones à manifester leur désir d'avoir des services en français dans toutes les situations. Peu importe où tu vis, demande le français, des fois juste de dire bonjour va faire en sorte que les gens te répondront en français, conclut-elle.

Une loi pour des services en français?

À l'heure actuelle, les banques ne sont pas assujetties à la Loi sur les langues officielles. Elles n'ont donc pas l'obligation d'offrir des services dans les deux langues.

Le projet de loi C-13 pourrait modifier la Loi sur les langues officielles du Canada. Il est présentement à l'étude au Parlement. Cette nouvelle loi pourrait forcer les banques présentes dans les régions à forte présence francophone à offrir des services en français.

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