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Herb Carnegie : le mentor de Jean Béliveau au Temple de la renommée

Photo d'époque, remontant aux années 50, représentant le hockeyeur torontois d'ascendance jamaïcaine Herbert Carnegie endossant l'uniforme des As de Québec

Herb Carnegie endossant l'uniforme des As de Québec

Photo : Avec la permission de Bernice Carnegie

Louis-Simon Lapointe

Le Temple de la renommée du hockey a dévoilé sa cuvée 2022 et un hockeyeur qui a évolué quatre saisons à Québec y sera intronisé comme bâtisseur, à titre posthume.

Herbert H. Carnegie n’a pas remporté la coupe Stanley, ni joué dans la Ligue nationale, mais est encore considéré aujourd’hui comme l’un des joueurs les plus importants de sa génération.

Né à Toronto en 1919, c’est dans la ligue semi-professionnelle en Ontario et au Québec au cours des années 1940 et 1950 qu’il se fait connaître.

Aux côtés de son frère Ossie et Vincent Churchill McIntyre, il fait vibrer la ville de Timmins au sein des Black Aces , surnom donné par les journalistes de l’époque au premier trio de la ligue semi-professionnelle exclusivement composé de joueurs noirs.

Il déménage ensuite à Sherbrooke pour quatre saisons. Il connaît une campagne de 127 points en 56 parties, ce qui lui procure une invitation au camp d’entraînement des Rangers de New York. L’équipe lui offre un contrat des ligues mineures qu’il refuse pour des raisons monétaires.

Herb Carnegie et Jean Béliveau à une rencontre avec des jeunes scouts

Herb Carnegie et Jean Béliveau à une rencontre avec des jeunes scouts

Photo : avec l'autorisation de Bernice Carnegie

En 1949, Carnegie rejoint les As de Québec où il fait la connaissance de Jean Béliveau. La future légende des Canadiens voit rapidement en Carnegie un mentor et une inspiration. Ensemble, ils remportent le championnat au terme de la saison 1952-53. Jean Béliveau racontera plus tard que Carnegie était un super joueur de hockey, avec un beau style, un bon patineur, un grand meneur de jeu. À cette époque-là, les jeunes apprenaient des anciens, moi j’apprenais de Herbie.

Au cours de son passage dans la ligue, Carnegie remporte trois titres de Joueur par excellence.

Carnegie, puis O’Ree

Herb Carnegie a lutté contre la discrimination et le racisme tout au long de sa carrière de joueur.

Plusieurs sont d’avis que les portes de la grande ligue ne se sont jamais ouvertes, simplement en raison de la couleur de sa peau. Conn Smythe, ancien directeur général des Maple Leafs de Toronto, aurait même déjà mentionné qu’il était prêt à payer 10 000$ à quiconque aurait pu changer la couleur de peau de Carnegie.

Il a accroché ses patins en 1954, quatre ans avant que Willie O’Ree devienne le premier joueur noir dans la LNH, en enfilant le chandail des Bruins de Boston.

Pionnier jusqu’au bout

Après sa retraite du hockey, Herb Carnegie devient le premier conseiller financier canadien noir, un poste qu’il occupe pendant 32 ans. En 1955, il fonde l’une des premières écoles de hockey au pays, les Futures Aces.

La gouverneure générale Adrienne Clarkson (à droite) accompagnée de Herbert Carnegie (à gauche) lors de la cérémonie de remise de l'Ordre du Canada à Rideau Hall à Ottawa. (CP PHOTO/Jonathan Hayward)

Herb Carnegie reçoit l'Ordre du Canada des mains de la gouverneure générale Adrienne Clarkson en 2003

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Jusqu’à son décès en 2012, il a travaillé pour faire croître la diversité dans le monde du hockey et son implication a été reconnue à de nombreuses reprises.

Le Panthéon des sports canadiens lui a ouvert ses portes en 2001, il a été décoré de l’Ordre du Canada en 2003, de la Médaille du jubilé en 2002 et de la Médaille du jubilé de diamant en 2012.

Carnegie sera admis au Temple de la renommée lors de la cérémonie d’intronisation le 14 novembre, à Toronto, aux côtés de Roberto Luongo, Daniel Alfredsson, les jumeaux Daniel et Henrik Sedin ainsi que la hockeyeuse finlandaise Hanna-Riikka Sallinen.

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