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Les clients satisfaits du programme de billets d’avion à 500 $

Un avion de Pascan est sur le tarmac de l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine.

Des voyageurs expliquent qu'il faut prévoir ses déplacements et faire affaire directement avec les transporteurs pour mieux profiter du programme (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Radio-Canada

Le programme de billets d'avion à 500 $ à destination ou au départ des grands centres, instauré par le gouvernement du Québec, semble avoir satisfait ceux qui ont pu en profiter. Par contre, des politiciens de l'Est-du-Québec craignent que le programme devienne victime de son succès.

Pour Charlotte Lefebvre, ancienne résidente du village de Tête-à-la-Baleine, en Basse-Côte-Nord, il y a de quoi se réjouir de pouvoir retourner dans son village à une fraction du prix habituel. Elle dit que, généralement, pour un aller-retour Québec–Tête-à-la-Baleine, le prix du billet peut grimper jusqu’à 2000 $.

Que le prix soit 500 $ pour l’aller-retour, on n’y croyait pas, c’était trop beau pour être vrai. Finalement, quand j'ai eu un billet en claquant des doigts, j’étais vraiment contente, raconte-t-elle.

Il s'agit d’un soulagement pour Charlotte Lefebvre qui aurait dû prendre le navire Bella Desgagnés pour rejoindre le village de Tête-à-la-Baleine. J’aurai dû prendre le train de Québec à Rimouski pour ensuite prendre le bateau le 4 août et arriver trois jours plus tard, soit le 7 août, à Tête-à-la-Baleine. C’est plus dispendieux que le billet d'avion et c’est surtout beaucoup plus long, précise Mme Lefebvre.

Le bateau Bella Desgagnés sur le fleuve Saint-Laurent.

Le voyage à bord du Bella Desgagnés, pour se rendre à Tête-à-la-Baleine, peut coûter entre 650 $ et 1000 $, selon Charlotte Lefebvre (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

L’économie de temps

Catherine-Mélina Bisaillon, qui s’est aussi procuré des billets, partage l'opinion de Charlotte Lefebvre : l'avion permet de gagner du temps. Mme Bisaillon prendra cet été l'avion de Bonaventure pour retourner chez elle à Montréal.

Elle affirme que si ces billets n’avaient pas été offerts, elle n'aurait peut-être pas fait le voyage ou aurait dû prendre l’autobus. Le trajet Bonaventure-Montréal prend en moyenne 9 h en voiture. C’est vraiment plus long, ça coupe le voyage, tu ne peux pas rester aussi longtemps que tu le veux. J’aurai perdu beaucoup de temps, ajoute la jeune femme.

Les deux voyageuses s’accordent sur un autre point : pour réussir à obtenir les billets à 500 $, il faut prévoir ses déplacements et faire affaire directement avec les transporteurs.

L’industrie touristique

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, estime toutefois que le programme engorge certaines communautés régionales avec une hausse insoutenable de l'achalandage touristique. Il explique que l'offre en matière de services aux visiteurs aux îles est pratiquement déjà saturée.

Un homme parle devant le fleurdelisé.

Le député des Îles-de-la-Madeleine pour le Parti québécois, Joël Arseneau, réclame des modifications au programme de billets d'avion à 500 $ (archive).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

« La majorité des gens, y compris ceux de l'industrie touristique, vous diront que ce n’est pas le genre de programme dont on avait besoin pour stimuler l’achalandage pendant la saison touristique, quand on a déjà de la difficulté à répondre à la demande »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine pour le Parti québécois

Trop de gens, trop vite, c’est ce que croit la copropriétaire du Club Voyage Les Îles Monique Bourque. Les Îles n’étaient pas prêtes à avoir un aussi grand nombre de personnes. On adore les touristes à condition qu’on soit capable de bien les recevoir, précise la copropriétaire.

Un paysage de bord de mer avec plusieurs maisons colorées.

Selon Tourisme Îles-de-la-Madeleine, environ 60 000 touristes par année visitent l'archipel (archive).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’augmentation des touristes aux Îles-de-la-Madeleine entraîne aussi certains problèmes pour les résidents permanents. Joël Arseneau indique que certaines personnes qui doivent quitter l’île pour se rendre à l'extérieur, entre autres pour des raisons médicales, ont de la difficulté à se trouver un vol pour leur destination.

Il souhaite que des modifications soient apportées au programme. C’est de la fausse représentation, ce n’est pas un programme pour les régions. C’est un programme pour les gens des grands centres qui veulent visiter le reste du Québec. Ce n’est pas le programme que nous avions souhaité, conclut le député.

Avec les informations de Camille Lacroix et Lambert Gagné-Coulombe

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