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Montréal se dit « prête » en prévision du 1er juillet

Benoit Dorais.

Le vice-président du comité exécutif, Benoit Dorais, presse les deux autres ordres de gouvernement d'« investir massivement » dans les logements abordables.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Avec une enveloppe de plus de 3,5 millions de dollars, la Ville de Montréal se dit « prête » pour la grande valse des déménagements du 1er juillet. Benoit Dorais, vice-président du comité exécutif, presse toutefois Québec et Ottawa de débloquer les sommes promises pour le logement abordable.

Lors d'une conférence de presse donnée mardi avant-midi, M. Dorais a réitéré que Montréal disposait de plusieurs services destinés à aider, voire accompagner les ménages éprouvant des problèmes pour se trouver un nouveau logement.

Néanmoins, et même si l'enveloppe budgétaire prévue a pratiquement triplé depuis 2019 pour faire face à ce problème, la situation du parc locatif montréalais continue de se dégrader, a déploré M. Dorais.

Si l'on sent le besoin de faire l'état de la situation, c'est qu'il se passe quelque chose, a-t-il lancé.

« On a des gens qui ont été rénovincés, des gens qui cherchent un nouveau logement... Il y a des gens pour qui ça se passe bien, d'autres qui trouvent ça difficile. On est en pleine crise du logement! »

— Une citation de  Benoit Dorais, vice-président du comité exécutif à la Ville de Montréal

L'administration municipale, en collaboration avec de nombreux organismes et agences, est en mesure d'accompagner les ménages en difficulté, a rappelé M. Dorais. Y compris en offrant un service d'hébergement d'urgence et d'entreposage de biens entre deux logements, entre autres.

Entre 2019 et 2021, les appels passés en lien avec des problèmes pour se loger ont triplé, a ajouté M. Dorais. L'an dernier, a-t-il précisé, quelque 1000 appels ont été effectués.

Pour l'instant, en 2022, ce sont 456 appels qui ont été reçus, dont 81 ménages qui ont eu besoin d'accompagnement. De ce nombre, une trentaine pourraient se retrouver sans logement le vendredi 1er juillet; la Ville se dit prête à les héberger si c'est le cas, notamment à l'aide d'une entente avec des hôteliers.

Oui, il y a une crise de l'abordabilité depuis plusieurs années. Cela est couplé à la pandémie et au contexte économique qui change pour tout le monde. Les coûts sont à la hausse, a poursuivi M. Dorais.

Charge contre Québec et Ottawa

S'il affirme que les services municipaux et communautaires sont au rendez-vous pour régler les problèmes urgents, Benoit Dorais martèle qu'il faut s'attaquer aux causes de ces urgences, c'est-à-dire le manque d'accès à des logements abordables. Et cela, dit-il, dépend des investissements provinciaux et fédéraux dans le domaine.

Si on veut s'attaquer réellement aux causes sur lesquelles on a de l'influence, il faut réinvestir massivement dans les logements sociaux et communautaires, et dans des logements abordables pour la classe moyenne, a lancé Benoit Dorais.

Visiblement remonté par la publication, lundi, d'un article de Radio-Canada indiquant que la construction et la rénovation de 6000 logements sociaux sont en péril à Montréal, en raison de l'absence d'entente entre Québec et Ottawa en ce qui concerne la gestion des fonds, M. Dorais a soutenu que les gouvernements provincial et fédéral s'enfargent actuellement dans des virgules, dans des formulaires, et se renvoient visiblement la faute.

Ça fait quatre ans que ça niaise, ça fait quatre ans que l'argent dort, a-t-il lancé.

Du côté du gouvernement du Québec, la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, a affirmé lundi que les négociations se poursuivaient avec Ottawa. Mme Laforest a dit avoir bon espoir que les discussions se concluront prochainement. Le dossier est entre les mains de la ministre Sonia LeBel, notamment responsable des Relations canadiennes.

Il faut changer d'approche, dit Ensemble Montréal

Parmi les autres solutions envisageables pour combattre la crise du logement, Benoit Dorais a invité à faire pression sur les différents partis politiques visant à gouverner le Québec, en octobre prochain, pour qu'ils s'engagent à créer un registre québécois des loyers. Une initiative du genre est en préparation à Montréal, a-t-il fait savoir, avant de souligner que la Ville n'a pas le pouvoir de contrôler les loyers du marché privé.

L'opposition à l'hôtel de ville, elle, considère que Projet Montréal gagnerait à explorer d'autres pistes pour résoudre le problème de l'accès au logement.

On constate que la méthode utilisée chaque année par l’administration n’empêche pas l’augmentation du nombre de ménages hébergés lors de la crise du 1er juillet. Nous devons explorer d’autres façons de faire pour aider les Montréalais, a déclaré Aref Salem, le chef du parti, par voie de communiqué.

En février dernier, Ensemble Montréal a proposé de créer une banque de 100 logements abordables en prévision du 1er juillet, et ce, en collaboration avec des groupes communautaires. Projet Montréal a rejeté cette motion. On ne peut pas espérer des résultats différents en utilisant les mêmes méthodes année après année.

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