•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le président ukrainien veut que la Russie soit désignée « État parrain du terrorisme »

Moscou affirme que son armée ne visait pas le centre commercial de Krementchouk, mais des entrepôts d'armes livrées par les Occidentaux, situés tout près.

Une dizaine de pompiers sur une montagne de débris.

Des pompiers fouillaient toujours les décombres du centre commercial détruit mardi.

Photo : La Presse canadienne / AP/Efrem Lukatsky

Radio-Canada

La Russie devrait être désignée « État parrain du terrorisme », estime le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au lendemain de la frappe russe sur un centre commercial bondé de Krementchouk, situé dans le centre du pays.

La tragédie a fait 18 morts et 59 blessés, dont 25 personnes hospitalisées, et 21 personnes sont toujours portées disparues, selon le plus récent bilan livré mardi matin par le chef par intérim de l'administration régionale de Poltava, Dmytro Lounine.

Selon lui, des secouristes fouillaient toujours les décombres mardi, dans l'espoir de retrouver des corps plutôt que des survivants. Le ministre de l'Intérieur, Denys Monastyrsky, a indiqué de son côté que certains corps, trop grièvement brûlés, ne pourront être identifiés avant quelques jours, a-t-il anticipé.

Nous travaillons au démantèlement de la construction afin qu'il soit possible d'y faire entrer des machines, car les éléments métalliques sont très lourds et gros, et il est impossible de les démonter à la main, a pour sa part expliqué Volodymyr Hychkan, un responsable des services d'urgence.

Un homme dépose des fleurs sur les fondations d'un édifice, près de pompiers.

Un homme dépose des fleurs sur ce qu'il reste du centre commercial touché mardi par des missiles russes.

Photo : La Presse canadienne / AP/Efrem Lukatsky

Seuls des terroristes complètement fous, qui ne devraient pas avoir de place sur Terre, peuvent envoyer des missiles sur des objectifs civils, a dénoncé le président Zelensky dans un message publié sur Telegram.

« Ce ne sont pas des frappes de missiles hors cible dans des jardins d'enfants, des écoles, des centres commerciaux, des immeubles d'habitation, ce sont des frappes calculées des envahisseurs. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

La Russie doit être reconnue comme État parrain du terrorisme. Le monde peut et donc doit arrêter la terreur russe, a plaidé le chef d’État ukrainien.

Selon l'armée de l'air ukrainienne, le centre commercial Amstor a été atteint par des missiles antinavires Kh-22 tirés de bombardiers à long rayon d'action Tu-22, en provenance de la région de Koursk, en Russie.

Vue aérienne du centre commercial, dont le plafond est effondré.

De la fumée s'échappait toujours des ruines du centre commercial mardi matin.

Photo : La Presse canadienne / AP/Efrem Lukatsky

Moscou dément avoir visé le centre commercial

Dans son communiqué quotidien, le ministère russe de la Défense a confirmé que son armée avait effectué ses tirs avec des missiles de haute précision, mais a démenti avoir visé le centre commercial.

Il assure plutôt avoir détruit des entrepôts d'armes livrées par les Occidentaux, qui se trouvaient sur le territoire d'une usine de véhicules de chantier mitoyenne du centre.

Les détonations des munitions destinées à des armes occidentales ont provoqué l'incendie [...] d'un centre commercial qui n'était pas ouvert, a-t-il fait valoir.

Selon les autorités ukrainiennes et de nombreux témoins, le centre était plutôt bondé de gens effectuant des courses. Le président Zelensky a avancé lundi que 1000 personnes s'y trouvaient.

La procureure générale d'Ukraine, Iryna Venediktova, a confirmé à Reuters qu'un autre missile avait également frappé une usine voisine, mais en assurant qu'elle était fermée et ne pouvait pas constituer une cible militaire.

Une policière écrit un rapport à côté d'un lit sur lequel se trouve un homme ayant des bandages à la tête.

Une policière écrit un rapport en interrogeant une victime de la frappe russe sur le centre commercial de Krementchouk.

Photo : La Presse canadienne / AP/Efrem Lukatsky

Un crime contre l'humanité, selon la procureure générale ukrainienne

Mme Venediktova a plutôt argué que l'attaque constituait un crime contre l'humanité, en soulignant que l'armée russe pilonnait systématiquement les infrastructures civiles dans le but d'effrayer les gens, de tuer des gens, pour semer la terreur dans nos villes et nos villages.

Elle a souligné la nécessité pour les Ukrainiens de tout le pays de rester vigilants, ajoutant qu'ils devraient s'attendre à une frappe similaire chaque minute.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

Wayne Jordash, un avocat britannique qui travaille avec le bureau de Mme Venediktova pour enquêter sur d'éventuels crimes de guerre, a aussi rejeté les allégations selon lesquelles une usine située près du centre commercial était une cible militaire.

Les premières indications sont que l'usine qui a été touchée est une usine de construction de routes, pas une cible militaire, a-t-il dit.

À la demande de l'Ukraine, le Conseil de sécurité de l'ONU a prévu mardi une réunion d'urgence à New York pour discuter de l'attaque. La rencontre aura lieu à 14 h (HAE).

Les bombardements russes se poursuivent

Des bombes russes se sont abattues mardi sur la ville de Dnipro, dans le centre de l'Ukraine, selon le gouverneur régional, Valentyn Reznychenko. Des infrastructures ferroviaires, une entreprise et une compagnie d'utilité publique ont été touchées, a-t-il dit, en affirmant que des secouristes fouillent les décombres à la recherche de survivants.

Les forces russes ont aussi frappé la ville de la mer Noire Ochakiv, dans la région de Mykolaïv, endommageant des immeubles d'habitation et tuant deux personnes, dont un enfant de 6 ans, selon les autorités locales. Six autres personnes, dont quatre enfants, ont été blessées. L'un d'eux, un bébé de 3 mois, est dans le coma.

Au cours des dernières heures, une frappe russe a aussi fait 8 morts et 20 blessés à Lyssytchansk, dernière ville d'envergure de la région de Louhansk qui échappe toujours au contrôle russe, selon le gouverneur de la région, Sergueï Gaïdaï. Selon lui, deux enfants ont été blessés pendant qu'ils collectaient de l'eau à partir d'une citerne.

Les Russes ont tiré sur une foule de gens avec des lance-roquettes multiples Ouragan, a-t-il dénoncé, précisant que la ville jumelle de Sievierodonetsk, tombée aux mains de l'armée russe la semaine dernière, continuait de se défendre.

« La région de Louhansk devient une ruine totale. Les Russes continuent d'essayer de bloquer Lyssytchansk et de prendre le contrôle de l'autoroute Bakhmout-Lyssytchansk. »

— Une citation de  Sergueï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk

L'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW) note une progression mesurée des Russes à l'est de Bakhmout. Ils auraient en revanche été repoussés au nord de Sloviansk.

Le ministère britannique de la Défense relève de son côté que les forces de Kiev continuent de perturber le commandement et contrôle russe avec des frappes en profondeur derrière les lignes ennemies.

Mais il souligne aussi une vague intense de frappes ces derniers jours avec des missiles à longue portée, dont probablement l'AS-4 Kitchen datant de l'ère soviétique et le plus moderne AS-23a Kodiak, tirés depuis les espaces aériens russe et bélarusse.

Dans le sud du pays, le maire ukrainien élu de Kherson, ville occupée par les forces russes et leurs alliés séparatistes, a été arrêté, selon ce qu'a déclaré mardi le chef adjoint de l'administration d'occupation, Kirill Stremooussov, à l'agence de presse russe Ria Novosti.

Igor Kolykhaev avait été écarté du pouvoir local par les forces russes en avril, quelques semaines après la conquête par Moscou de cette ville et de sa région éponyme.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Associated Press, et New York Times

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !