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Après deux ans d’attente, le Festival des arts Alianait revient à Iqaluit

Un drapeau au vent.

Le Festival des arts Alianait est de retour à Iqaluit, au Nunavut, après deux ans d'attente en raison de la crise sanitaire.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Une trentaine d’événements intérieurs et extérieurs, dont des performances musicales, des ateliers et des spectacles de danse de tambour, attendent les Iqalummiut pour le Festival des arts Alianait qui se tient jusqu’à dimanche dans la capitale territoriale.

Privées de festival dans les deux dernières années, pandémie oblige, les organisatrices souhaitaient revenir en force avec une programmation presque entièrement formée d’artistes inuit, explique la directrice générale du festival, Alannah Johnston.

Nous voulons vraiment promouvoir des artistes autochtones et je pense que nous avons fait un bon travail à ce niveau, dit-elle. Exceptionnellement, cette année, elle explique que le festival regroupe un plus grand nombre d’artistes du Groenland venus se produire et donner, entre autres, des ateliers sur la danse de tambour et les contes traditionnels.

Originaire de Sisimiut, sur la côte ouest groenlandaise, Nuka Alice Lund est l’une des artistes invitées à s’illustrer devant le public d’Iqaluit. Elle donnera notamment un atelier de danse de tambour, un art qu’elle enseigne aussi à l’école de musique de sa collectivité. J’ai déjà été à Iqaluit, mais je n’ai jamais pris part au Festival des arts Alianait, souligne celle qui a fait partie du récent festival Katuarpalaaq de Nuuk, la capitale groenlandaise.

Nuka Alice Lund explique être fébrile à l’idée de rencontrer d’autres artistes inuit et des danseurs au tambour du Nunavut. Au Groenland, la danse de tambour n’est pas aussi répandue qu’on Nunavut, alors c’est stimulant de pouvoir échanger des chants, croit-elle.

Des tambours du Groenland sont posés sur le sol.

Les tambours étaient traditionnellement confectionnés à partir de bois de grève et d’estomac de caribou. Si certains artistes emploient toujours cette technique, d’autres optent de nos jours pour des matériaux synthétiques, qui sont notamment plus légers à transporter. Cette image montre des tambours du Groenland.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Malgré la faible distance qui les sépare, le Groenland et le Nunavut ne disposent pas de vols directs. Nuka Alice Lund, qui a dû emprunter un vol nolisé pour traverser le détroit de Davis, estime que de tels vols faciliteraient grandement les échanges culturels entre les deux territoires.

« Nous sommes si proches, mais nous nous sentons très loin l’un l’autre à cause des systèmes qui nous ont été imposés. »

— Une citation de  Nuka Alice Lund, danseuse de tambour de Sisimiut, au Groenland
Une femme tient un tambour traditionnel du Groenland dans ses mains.

Nuka Alice Lund est une danseuse de tambour de Sisimiut, dans l'ouest du Groenland.

Photo : Dortheivalo Jensen/Photo fournie par Nuka Alice Lund

Plusieurs dizaines d’artistes du Nunavut seront aussi au rendez-vous durant le festival, dont les chanteurs Aasiva, Sam Tutanuak, Josh Qaumariaq et Brenda Montana.

Cette dernière présentera son tout premier album, Qaujimagit, qui signifie savoir que, en inuktitut, et regroupe sept chansons composées à la fois en anglais et en inuktitut. Mon album parle d’espoir et d’amour, indique-t-elle. Il cherche à sensibiliser ceux qui traversent des moments difficiles.

La chanteuse de 24 ans originaire de Rankin Inlet espère que son album donnera envie à de jeunes inuit d’apprendre l’inuktitut. Je ne parle pas couramment l’inuktitut, mais ma mère m’a aidé à traduire certaines chansons, ce qui m’a aidé à apprendre la langue plus rapidement, explique-t-elle. Je pense que c’est important de l’apprendre.

Une chanteuse chante derrière un micro.

Quatre ans après avoir fait ses débuts en musique, Brenda Montana a présenté jeudi matin son premier album, intitulé « Qaujimagit », lors d'un concert qui a lancé le Festival des arts Alianait.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Créé en 2005, le Festival des arts Alianait est un lieu de rencontre entre des artistes issus de différents domaines, dont la danse, la musique et les arts visuels.

L’événement est aussi un levier pour la carrière d’artistes émergents de la scène circumpolaire qui doivent conjuguer avec le manque, voire l’absence, d’infrastructures destinées aux arts de la scène.

Il se tient de jeudi à dimanche à Iqaluit.

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