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Instagram et Facebook suppriment des publications proposant des pilules abortives

Une main contenant deux contenants de pilules abortives.

Le Mifegymiso, mieux connu sous le nom de pilule abortive RU-486.

Photo : Charlie Neibergall

Associated Press

Facebook et Instagram ont commencé à supprimer des publications proposant des pilules abortives aux femmes vivant dans des États où l'accès à l'avortement est restreint ou banni depuis que la Cour suprême des États-Unis a invalidé l'arrêt Roe c. Wade.

Cet arrêt de 1973 déclarait que l'accès à l'avortement était un droit constitutionnel et le protégeait donc à l'échelle nationale. Il a été invalidé vendredi.

Depuis, de nombreuses publications visant à aider les femmes vivant dans des États où l'avortement est devenu illégal ont surgi sur les réseaux sociaux.

Le nombre de mèmes et de messages expliquant comment les femmes pouvaient obtenir des pilules abortives par la poste a explosé. Des internautes ont même proposé d'envoyer des ordonnances aux femmes vivant dans des États qui interdisent désormais leur utilisation.

Presque immédiatement, Facebook et Instagram ont commencé à supprimer certaines de ces publications, alors que des millions de personnes à travers les États-Unis cherchaient à clarifier les nouvelles dispositions légales de l'accès à l'avortement.

Selon une analyse de la société de renseignement sur les médias Zignal Labs, la pilule abortive et ses principaux composants ont été mentionnés plus de 250 000 fois en moins de trois jours sur Twitter, Facebook, Reddit et dans les émissions de télévision.

Une femme utilise un téléphone devant un clavier d'ordinateur portable.

Le nombre de publications sur les pilules abortives a explosé après la décision de la Cour suprême d'invalider l'arrêt Roe c. Wade.

Photo : Getty Images / vorDa

Problèmes liés à l'application d'une politique

L'Associated Press (AP) a obtenu vendredi une capture d'écran de la publication Instagram d'une femme qui proposait d'acheter ou d'envoyer des pilules abortives par la poste, quelques minutes après que la Cour suprême américaine eut décidé d'invalider la constitutionnalité du droit à l'avortement.

[Envoyez-moi un message direct] si vous voulez commander des pilules abortives et si vous voulez qu'elles soient envoyées à mon adresse au lieu de la vôtre, pouvait-on y lire.

Instagram l'a supprimée en quelques instants. Vice Media a rapporté pour la première fois lundi (Nouvelle fenêtre) que Meta, la maison-mère de Facebook et d'Instagram, supprimait des publications sur les pilules abortives.

Lundi, un journaliste de l'Associated Press (AP) a testé la réponse de l'entreprise avec un message similaire sur Facebook, en écrivant : Si vous m'envoyez votre adresse, je vous enverrai des pilules abortives. La publication a été supprimée en une minute.

Le drapeau américain flotte devant la Cour suprême des États-Unis.

La Cour suprême des États-Unis.

Photo : AP / Patrick Semansky

Il a immédiatement été averti que la publication violait les normes sur les armes à feu, les animaux et autres biens réglementés de Facebook.

Lorsque le journaliste de l'AP a publié exactement le même message, mais en remplaçant les mots pilules abortives par une arme à feu, la publication n'a toutefois pas été retirée.

Une publication contenant exactement la même offre d'envoi de cannabis a également été laissée en ligne et n'a pas été considérée comme une violation des règlements de la plateforme. Le cannabis est illégal en vertu de la loi fédérale et il est illégal de l'envoyer par la poste aux États-Unis.

Cependant, dans plusieurs États, les pilules abortives peuvent être légalement obtenues par la poste après une consultation en ligne auprès des cliniciens, cliniciennes ou médecins.

Meta reconnaît des cas d'application incorrecte de sa politique

Dans un courriel, un porte-parole de Meta a souligné les politiques de l'entreprise qui interdisent la vente de certains articles, notamment les armes à feu, l'alcool, les drogues et les produits pharmaceutiques. La société n'a pas expliqué les écarts constatés par l'AP dans l'application de ses règlements.

Le porte-parole de Meta, Andy Stone, a confirmé lundi dans une publication sur Twitter que la société ne permettait pas à ses utilisateurs et utilisatrices d'offrir ou de vendre des produits pharmaceutiques sur sa plateforme, mais autorisait les publications qui donnent des informations sur la façon d'accéder aux médicaments d'ordonnance.

M. Stone a reconnu certains problèmes liés à l'application de cette politique sur ses plateformes, notamment Facebook et Instagram. Nous avons découvert des cas d'application incorrecte et nous les corrigeons, a-t-il indiqué.

Une grande affiche de Meta, deux personnes qui marchent, un panneau indiquant une rue à sens unique.

Meta a admis avoir « découvert des cas d'application incorrecte » de sa politique lundi.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

L'accès aux pilules abortives débattu

Le procureur général des États-Unis, Merrick Garland, a affirmé vendredi que les États ne devraient pas interdire la mifépristone, le médicament utilisé pour provoquer un avortement.

Les États ne peuvent pas interdire la mifépristone en raison d'un désaccord avec le jugement d'expert de la FDA sur sa sécurité et son efficacité, a déclaré M. Garland dans un communiqué vendredi.

Toutefois, certaines personnes élues ont déjà tenté de bloquer l'accès aux pilules abortives par la poste.

Par exemple, certains États, comme la Virginie-Occidentale et le Tennessee, interdisent aux professionnels de prescrire le médicament par consultation en télémédecine.

Des spécialistes consultés par l'agence de presse Reuters (Nouvelle fenêtre) estiment aussi qu'une femme résidant physiquement dans un État où la pilule abortive est illégale ne peut pas obtenir une d'ordonnance de la part d'un médecin d'un autre État.

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