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Migrants découverts dans une remorque au Texas : le bilan monte à 51 morts

Un couple pleure devant la scène.

En 2020, plus de 60 % de la population de San Antonio, au Texas, se disait d'origine latine ou hispanophone. La découverte de dizaines de migrants morts est un choc.

Photo : Reuters / KAYLEE GREENLEE BEAL

Anaïs Brasier

Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a annoncé que le bilan des victimes après la découverte de dizaines de migrants dans une remorque au Texas était passé de 46 à 51 morts, dont 22 Mexicains, 7 Guatémaltèques et 2 Honduriens. Il s'agit de 39 hommes et de 12 femmes, ont précisé les autorités.

Les autres ne sont pas encore identifiés, a ajouté sur Twitter Marcelo Ebrard, qui a partagé les informations que les autorités américaines lui ont fournies. Nous sommes en deuil. Une énorme tragédie. Le Mexique se joint à l’enquête américaine, menée par le [département américain de la Sécurité intérieure]. L’enquête ouverte portera sur des soupçons de trafic d'êtres humains, a dit le département de la Sécurité intérieure.

Le premier bilan, lundi soir, était de 46 morts. Il est cependant monté à 50 mardi matin. Deux corps supplémentaires ont été trouvés sur les lieux et deux personnes sont mortes à l’hôpital, selon CNN. Quatorze personnes sont encore hospitalisées, souffrant de coups de chaleur et d’épuisement, notamment. Quatre enfants faisaient partie des personnes hospitalisées lundi soir, mais on ignore l’âge des deux personnes qui y ont perdu la vie depuis. Le bilan demeure préliminaire, selon les autorités.

Le département de la Sécurité intérieure a confirmé que trois individus soupçonnés de faire partie du complot de trafic d'humains sont détenus, sans préciser leur implication dans cette affaire.

Les autorités américaines tentent encore de connaître l’origine et le chemin du camion, entre autres pour savoir pendant combien de temps les migrants y ont été enfermés.

Le président Joe Biden montré du doigt

J’ai le cœur brisé et je prie pour ceux qui luttent encore pour leur vie, a déclaré le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, sur ses réseaux sociaux. Beaucoup trop de vies ont été perdues pour ces individus – dont des familles, des femmes et des enfants – qui entreprennent ce voyage dangereux.

Le président américain Joe Biden, actuellement au sommet de l'OTAN à Madrid, a appelé mardi dans un communiqué à lutter contre le trafic criminel, pesant plusieurs milliards de dollars, qui exploite les migrants et fauche beaucoup trop de vies innocentes.

« Les premières informations sont que cette tragédie a été causée par des [...] trafiquants qui n'ont aucune considération pour les vies qu'ils mettent en danger et exploitent pour en tirer profit. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Plusieurs ont montré du doigt le président et ses politiques de frontières ouvertes, le disant responsable de la situation. Le premier a été le gouverneur du Texas, le républicain Greg Abbott, qui a affirmé sur Twitter que ces morts étaient le résultat du refus de M. Biden d'appliquer des lois plus sévères aux frontières.

Les trafiquants d'êtres humains exploitent nos frontières ouvertes et les plus vulnérables le paient de leur vie, a renchéri le sénateur texan Ted Cruz.

Mardi, le syndicat des patrouilleurs frontaliers, qui représente 18 000 travailleurs, s'est mis de la partie. Dans une série de gazouillis, il a soutenu que l'administration Biden et ses politiques constituent le plus gros facteur menant au chaos criminel à la frontière. Ils doivent accepter leur responsabilité, a-t-il ajouté.

La crise migratoire est une épine dans le pied du président Biden depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2021. Il avait alors promis d'annuler certaines politiques migratoires instaurées par son prédécesseur, Donald Trump, mais est depuis lui-même sous le feu des critiques des républicains et des appels à agir des démocrates.

Au Texas, 50 migrants ont été retrouvés morts dans un camion semi-remorque abandonné, près de la frontière mexicaine. Parmi les survivants, il y a 14 personnes, dont 4 enfants... tous sont hospitalisés. Le récit de Lise Villeneuve.

Une crise migratoire qui perdure

Le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, a d'abord blâmé mardi matin la pauvreté et le désespoir pour ce drame.

« Cela se produit parce qu’il y a du trafic d'humains et un manque de contrôle, dans ce cas-ci à la frontière, mais aussi à l’intérieur des États-Unis. »

— Une citation de  Andres Manuel Lopez Obrador, président mexicain

La situation migratoire est telle à San Antonio qu’un garde de sécurité qui travaille dans une cour à bois juste à côté de la scène, Edward Reyna, a dit à la BBC ne pas être surpris d’entendre la nouvelle en commençant son quart lundi soir.

Il a ajouté ne plus pouvoir compter le nombre de fois où il a vu des migrants sauter du train qui passe à quelques mètres de l’endroit où le camion a été trouvé.

Je savais que, tôt ou tard, quelque chose arriverait. Les passeurs qui les amènent jusqu’ici ne s’en préoccupent pas.

Le train passe à côté d'une voiture de police.

Un train passe tout près de la scène où des dizaines de migrants ont été retrouvés morts dans une remorque à San Antonio, au Texas.

Photo : Reuters / KAYLEE GREENLEE BEAL

L’autoroute I-35, qui passe tout près de la scène et qui traverse la ville de San Antonio depuis la frontière mexicaine, est un corridor populaire pour les passeurs, notamment en raison de l’important volume de camions qui y roulent chaque jour, selon un ancien enquêteur des services frontaliers et de l'immigration (ICE), Jack Station.

En mai, un record de 239 000 migrants sans papiers ayant traversé la frontière par le Mexique étaient détenus aux États-Unis.

Au moins 650 migrants sont morts l’an dernier en tentant de se rendre aux États-Unis, dans l’espoir d’un avenir meilleur, selon l’ONU.

Le président mexicain a confirmé qu’il participera à une rencontre avec son homologue américain le 12 juillet pour discuter de la situation.

Le président du Guatemala, Alejandro Giammattei, a quant à lui plaidé mardi matin pour une migration sécuritaire, ordonnée et régularisée.

Avec les informations de CNN, BBC, et Agence France-Presse

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