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Le gouvernement Ford sous pression pour contrer la pénurie de logements

La tâche est colossale : l'Ontario aurait besoin de 1,85 million de logements supplémentaires d'ici 2030, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement.

Un chantier de maisons en rangée.

Un rapport récent de la Société canadienne d'hypothèques et de logement indique que l'Ontario et la Colombie-Britannique sont deux des provinces où le logement est le plus inabordable au Canada.

Photo : Nathan Denette / The Canadian Press

Radio-Canada

Dans la foulée d’un rapport sur l'accessibilité du logement de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), les critiques se tournent vers le gouvernement de Doug Ford pour trouver des solutions urgentes à un problème sous-estimé, selon eux.

Jeudi dernier, la SCHL a publié des prévisions qui suggèrent que l'objectif de l’Ontario de construire 1,5 million de logements au cours de la prochaine décennie est loin d'être suffisant pour suivre la croissance démographique.

D'ici 2030, si la construction se poursuit au rythme actuel, la SCHL estime qu'il manquera à la province quelque 1,85 million de logements pour ramener les prix au niveau de 2003-2004, époque où une maison moyenne coûtait 500 000 $. Selon la SCHL, le prix moyen d'une maison en Ontario s’élevait à 871 000 $ en 2021.

Cette situation désole Jacob Dawang, défenseur du logement au sein de l'organisme More Neighbours Toronto. Il souhaite que les responsables politiques agissent davantage et beaucoup plus vite.

Soit ils avancent trop lentement, soit beaucoup de municipalités et d'hommes politiques locaux nient la crise de l'offre de logements et ne veulent pas agir, analyse M. Dawang.

En réponse au rapport, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a déclaré lundi que le manque d'offre était l'une des principales raisons de la crise du logement et qu'il souhaitait se concentrer sur la recherche de propriétés gouvernementales vacantes ou excédentaires pour y remédier.

S'exprimant aux côtés du maire de Toronto, John Tory, M. Ford a demandé à ce que tous les gouvernements en fassent davantage et travaillent de concert.

John Tory et Doug Ford debout côte à côte.

John Tory (à gauche) et Doug Ford en point de presse, lundi

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC

Les solutions existent pourtant, rétorquent plusieurs critiques de l’inaction gouvernementale.

Ils citent l'élimination du zonage d’exclusion, qui empêche notamment la construction de maisons sur une grande partie du territoire de Toronto, mais aussi l'autorisation de développements de plein droit.

Nous n'avons pas besoin de plus de rapports, dénonce Mark Richardson, responsable technique du groupe de bénévoles Housing NowTO. Nous avons besoin de plus de logements, et il y a une une volonté de reporter les changements demandés.

Rythme trop lent

Mark Richardson et Jacob Dawang estiment tous deux que les principaux obstacles à la réforme du logement en Ontario demeurent les associations de résidents liguées contre les grands projets de densification des quartiers résidentiels et les politiciens qui cherchent à satisfaire ces groupes par intérêt électoral.

« Nous devons faire des choix difficiles. Nous devons les faire maintenant [...] et nous devons être prêts à contrarier les voisins. »

— Une citation de  Mark Richardson, responsable technique du groupe de bénévoles Housing NowTO

La législation sur le logement que le gouvernement a adoptée peu avant les élections ne comporte pas de mesures essentielles telles que des changements de zonage pour permettre une plus grande densité dans certains quartiers, ce que les défenseurs et les experts réclament pourtant depuis longtemps.

Selon le ministre des Affaires municipales et du Logement, Steve Clark, les municipalités lui auraient indiqué qu'elles n'étaient pas prêtes à recevoir de telles mesures.

La Ville de Toronto doit pourtant trouver de nouvelles solutions pour accueillir les 70 000 personnes qui y déménagent chaque année, a reconnu M. Tory, en précisant toutefois ne pas essayer de bouleverser les quartiers stables.

De son côté, Doug Ford a promis que son gouvernement allait présenter un plan très, très agressif pour s'attaquer à la crise du logement.

M. Ford a créé un nouveau poste de ministre associé au logement et a donné à la ministre des Infrastructures Kinga Surma un mandat supplémentaire pour gérer les biens immobiliers du gouvernement afin de trouver des terrains sur lesquels construire des logements.

S'attaquer au cœur du problème

Selon la SCHL, le rapport n'aborde pas suffisamment le logement social, l'incidence de la répartition des revenus et les types de logements nécessaires dans les centres urbains. Elle affirme que des recherches supplémentaires sont nécessaires dans ces domaines.

David Hulchanski, professeur de logement et de développement communautaire à l'Université de Toronto, confirme que ces analyses sont plus importantes que jamais pour s'attaquer à la racine de la crise.

Selon lui, le rapport n'aborde pas certains fondamentaux du marché tels que la spéculation immobilière, l'offre inaccessible en raison des locations à court terme, la multipropriété, l'évasion fiscale et le blanchiment d'argent dans l'immobilier, ainsi que la structure de financement du logement.

La réalité est beaucoup plus complexe que ce qui est présenté ici, prévient le professeur.

D'après les informations de Vanessa Balintec, de CBC

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