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Comment l’homme derrière la tuerie en N.-É. a exploité des femmes autour de lui

Cinq photos placées sur une table.

Lisa Banfield, au centre, était la partenaire de longue date de Gabriel Wortman qui a perpétré la fusillade de masse en Nouvelle-Écosse en avril 2020. Lisa Banfield a témoigné que le tireur l'a maltraitée émotionnellement et physiquement pendant des années.

Photo : Radio-Canada / Dave Irish

Radio-Canada

L’homme qui a tué 22 personnes dans le centre de la Nouvelle-Écosse en avril 2020 contrôlait et abusait de femmes autour de lui depuis des années, y compris sa partenaire de longue date Lisa Banfield.

Les documents publiés par l'enquête publique comprennent des récits de sa conjointe sur ses années de violence psychologique et physique, et de femmes qui ont eu des relations de près ou de loin avec le tireur.

Kaitlin Geiger-Bardswich, porte-parole d’Hébergement Femmes Canada raconte comment le témoignage d’une femme surnommée EE a attiré son attention.

Le tireur a profité de femmes vulnérables

EE vivait près du chalet du tireur à Portapique et l'a rencontré pour la première fois en 2014.

Elle a dit à la police qu'elle faisait des petits boulots autour de la propriété du tireur.

Elle nettoyait son chalet et l’aidait à construire le grand garage qui abriterait éventuellement son attirail de police.

La photo de la voiture est prise dans le noir avec les lumières allumées.

Une photographie de la réplique de la voiture de police du tireur à son entrepôt de Portapique, prise en décembre 2019. La police de Halifax a reçu cette photo de membres de la famille du conjoint du tireur tôt le 19 avril.

Photo : Gracieuseté : Commission des pertes massives

Elle avait un petit logement sans eau courante et comptait sur le tireur parce qu’elle n'avait ni voiture ni travail à l'époque.

Il m'emmenait chez lui et me faisait couler un bain et sortait toutes les belles serviettes chaudes et il avait toujours un petit savon spécial pour moi, tout était joli et puis il me nourrissait , a-t-elle raconté à la police.

C' était comme un miracle pour moi!

EE dit qu'ils sont restés bons amis et que leur relation sexuelle à perduré.

Une portrait de Kaitlin Geiger-Bardswich.

Kaitlin Geiger-Bardswich est porte-parole d’Hébergement Femmes Canada , qui participe à l'enquête au sein d’une coalition avec l'Association des maisons de transition de la Nouvelle-Écosse et l’institut Be the Peace.

Photo : Gracieuseté : Anne-Marie Bouchard

Pour Kaitlin Geiger-Bardswich, c’est le genre de situation préoccupante qui correspond à une tendance plus large du comportement prédateur du tireur envers les femmes.

C'était une personne intelligente. Il savait qu'il y avait cette dynamique de pouvoir. Il savait qu'il pouvait utiliser et exploiter les vulnérabilités des femmes et leurs besoins fondamentaux pour obtenir ce qu'il voulait, explique-t-elle.

EE a décrit une fois où elle et le tireur ont eu des relations sexuelles en groupe avec une jeune femme qui était une patiente de sa clinique de denturologie à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.

Le tireur se concentrait sur les patients qui bénéficiaient de l'aide sociale ou qui étaient sans domicile fixe.

EE raconte comment il les ramenait à son chalet et les traitait comme des reines.

Une camionnette de la police d'Halifax devant une clinique de denturologie.

Un véhicule de la police d'Halifax devant la clinique de denturologie Atlantic Denture Clinic de la rue Portland, près du centre-ville de Dartmouth, le 19 avril 2020.

Photo : CBC / Eric Woolliscroft

Le ministère des Services communautaires confirme que la clinique de denturologie Atlantic Denture Clinic, qui appartenait au tireur, a reçu des fonds provinciaux pour fournir des services à des clients qui recevaient un soutien à l'emploi, une aide au revenu, ou un soutien pour personnes handicapées.

Entre 2015 et 2020, il a reçu 434 406 $ de la province pour ces services.

Violence conjugale

Une voisine de Portapique, Brenda Forbes, a dit que personne ne la croyait lorsqu'elle a dit à la GRC en 2013 que Gabriel Wortman avait abusé de sa conjointe Lisa Banfield.

Le 18 avril 2020, les violences ont commencé lorsque le tireur a agrippé Lisa Banfield et l'a jetée dans sa réplique d’une voiture de police.

Elle a dit à la police qu'elle a pu s'échapper et se cacher dans les bois pendant la nuit.

Ce n'était pas la première fois que Lisa Banfield était la cible de sa violence. Il y a eu au moins 10 autres agressions physiques au fil des ans et le tireur contrôlait où elle allait.

Lisa Banfield a même raconté qu'il n'aimait pas qu'elle parle avec ses frères et sœurs tous les jours, car il voulait toute son attention.

Quatre personne devant la Cour provinciale de Dartmouth

Lisa Banfield (deuxième à gauche) devant la Cour provinciale de Dartmouth, mercredi.

Photo : Radio-Canada

Lisa Banfield a aussi témoigné que le tireur la blâmait souvent après les agressions.

Il disait toujours, pourquoi m'as-tu fait faire ça? C'est de ta faute. Je savais que ce n'était pas ma faute, je ne suis pas stupide. Mais pourtant, je l'ai toléré et je ne sais pas pourquoi.

Intimidation

La fille d'EE, qui a également fait la fête dans le garage du tireur, a déclaré à la police après la fusillade de masse que la voiture et les uniformes de la GRC entièrement marqués du tireur lui avaient fait peur.

Elle était convaincue qu'il était soit un officier, soit qu'il organisait des fêtes avec de sales flics.

L'une des connaissances du tireur à Portapique, Rob Doucette, a témoigné que le tireur faisait des avances agressives aux femmes lors de fêtes. Parfois il entrait nu dans un bain à remous.

Rob Doucette l’a aussi vu s'en prendre à Lisa McCully. Elle a été l'une des premières personnes que le tireur a tuées le 18 avril.

Rob Doucette a dit que le tireur devenait fou si une femme le rejetait. Il commençait à les traiter de putains et de plein d’autres noms.

Un rapport d'expert pour l'enquête démontre que de nombreux meurtriers ont été violents envers les femmes dans leur vie et leurs partenaires sont généralement les premières victimes de ces attaques.

Une analyse de douze années de fusillades de masse aux États-Unis entre 2009 et 2020 conclut que ces fusillades sont souvent mêlées à des actes de violence domestique.

Dans au moins 53 % des 262 incidents, l'agresseur a tiré sur un partenaire intime ou sur un membre de la famille au cours de l'attaque.

Hébergement Femmes Canada participe à l'enquête publique de la Commission des pertes massives, au sein d’une coalition avec l'Association des maisons de transition de la Nouvelle-Écosse et l’institut Be the Peace.

L'enquête devrait en savoir plus sur Lisa Banfield dans les semaines à venir, mais aucune décision n'a encore été prise quant au moment ou à la manière dont elle témoignera aux audiences publiques.

Avec les information de Haley Ryan de CBC

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