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Repenser la fête du Canada au Manitoba en mémoire des enfants des pensionnats

Les rues inondées de personnes qui défilent habillées d'orange. Elles circulent dans le centre-ville de Winnipeg, par une journée ensoleillée.

En 2021, les Winnipégois sont descendus en grand nombre dans les rues, vêtus d'orange, en mémoire des enfants morts dans les pensionnats (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La communauté autochtone au Manitoba se questionne sur la manière de célébrer la fête du Canada dans le contexte des fouilles entourant les sépultures anonymes retrouvées près des pensionnats pour Autochtones à travers le pays.

L’an dernier, la fête avait été marquée par les actes de vandalisme contre la statue de la reine Victoria. Au lieu des couleurs habituelles, soit le rouge et le blanc, les rues étaient inondées d'éléments orange.

L'année dernière, la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc avait annoncé que 215 lieux de sépulture potentiels avaient été répertoriés près de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops, en Colombie-Britannique.

La professeure d'histoire à l'Université de Winnipeg et membre de la nation Munsee Delaware Mary Jane Logan McCallum dit qu'il y a de la réticence dans certaines communautés face aux célébrations.

Une femme se tient debout, de face dans un paysage de verdure. Elle sourit.

La professeure d'histoire à l'Université de Winnipeg Mary Jane Logan McCallum explique que les Canadiens se rendent compte que leurs célébrations patriotiques ne plaisent pas à certains peuples autochtones.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

« Pendant longtemps, ce genre de célébrations a été étouffant pour les peuples autochtones et pour les personnes de couleur qui ont une histoire compliquée avec l'État canadien. »

— Une citation de  Mary Jane Logan McCallum, professeure d'histoire à l'Université de Winnipeg et membre de la nation Munsee Delaware

Nous vivons un moment où il y a un peu de lutte sur la signification du drapeau, sur ce qu'est le Canada, et aussi sur le sens de cette fête, explique-t-elle.

Selkirk et Winnipeg, différentes manières de célébrer

À Selkirk, la Ville dit être en consultation avec des groupes communautaires autochtones pour créer une nouvelle célébration respectueuse de la fête du Canada.

Nous allons considérer cette fête du Canada comme une occasion de réfléchir à ce que le Canada a été, mais aussi de regarder vers l'avenir, explique la chargée des communications de Selkirk, Vanessa Figus.

À Winnipeg, après des mois de tables rondes dirigées par des Autochtones, La Fourche a transformé ses festivités de la fête du Canada en une célébration inclusive.

Certaines critiques affirmaient que La Fourche essayait d’annuler la fête du Canada.

La semaine dernière, le conseil d'administration de La Fourche a répondu en défendant la célébration. Le conseil d’administration a précisé qu'il n'avait jamais eu l'intention de minimiser ou d'éliminer l'idée de la fête du Canada .

La liberté de célébrer à sa façon

Professeur adjoint d'histoire et d'études autochtones à l'Université du Manitoba, Sean Carleton félicite La Fourche d'avoir joué un rôle de premier plan dans la réflexion autour de l'identité canadienne.

Plutôt que de s'attacher constamment au passé, les commémorations et les célébrations publiques sont toujours meilleures lorsqu'elles reflètent la direction que les gens veulent prendre, affirme-t-il.

Mary Jane Logan McCallum se réjouit que les communautés autochtones soient davantage consultées et respectées et pense que le changement est réellement en marche en ce qui concerne les relations entre Autochtones et non-Autochtones.

Avec les informations d'Ian Froese

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