•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Site C : la Première Nation de West Moberly se résout à un accord partiel

Plan éloigné d'un chantier de construction, près d'une rivière.

Le coût estimé de la construction du barrage du site C a grimpé à environ 16 milliards de dollars. (Archives)

Photo : Site C Clean Energy Project

Radio-Canada

La Première Nation de West Moberly a conclu un accord partiel avec BC Hydro et les gouvernements provincial et fédéral dans le cadre d'une action en justice au civil contre le barrage hydroélectrique du site C, dans le nord-est de la Colombie-Britannique.

Une déclaration commune du gouvernement de la Colombie-Britannique et du gouvernement du Canada, publiée lundi après-midi, indique que le règlement comprend une entente sur les répercussions et les avantages de la construction du barrage entre BC Hydro et la Première Nation, en plus de deux ententes pour obtention de contrats.

Cinq mille acres de terres de la Couronne provinciale seront transférés à la Première Nation, pour sa part, celle-ci devra arrêter ses revendications contre le projet du site C.

Dans son action au civil, la Première Nation de West Moberly affirmait également que les barrages existants sur la rivière Peace et l'impact cumulé de l'exploitation des ressources sur son territoire ancestral enfreignent ses droits issus de traités. Les parties se sont entendues pour suspendre cette portion de l'action au civil. De plus, le gouvernement provincial et la Première Nation de West Moberly se sont entendus pour entamer des négociations confidentielles de nation à nation pour résoudre les points en litige restant.

Le chef Roland Willson soupire quand il explique ce que ce règlement partiel signifie pour son peuple. Nous avons, en tant que communauté, réalisé qu'ils ne s'arrêteront pas. [Nous sommes] douloureusement conscients que nous avons perdu la vallée.

Le projet du site C, le troisième d'une série de quatre barrages dans la région de Peace River, a été proposé pour la première fois dans les années 1950, abandonné deux fois dans les années 1980 et ramené à la vie par l’ancien premier ministre libéral Gordon Campbell en 2010.

Environ 5500 hectares de terres seront inondés, détruisant des terres agricoles, des habitats fauniques et des territoires occupés par les Premières Nations du Traité 8. La construction du site C, à environ 14 kilomètres au sud-ouest de Fort St John, a commencé en 2015.

La Première Nation se résout faute d'espoir

La Première Nation de West Moberly a déposé une poursuite civile contre la Colombie-Britannique, BC Hydro et le procureur général du Canada en 2018 et a perdu une offre pour une ordonnance d'injonction la même année.

Le chef du Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique, John Horgan, s'est opposé au barrage du site C avant d'être élu premier ministre, mais est allé de l'avant une fois au pouvoir.

L'année dernière, John Horgan a déclaré que la province perdrait plus de 10 milliards de dollars en coûts irrécupérables si elle décidait de faire marche arrière. Le coût estimé de la construction du barrage a grimpé à environ 16 milliards de dollars.

Roland Willson explique qu'il était réticent à régler ce dossier à l'amiable, mais que sa communauté estimait qu'elle n'avait plus le choix.

« C'est difficile d'en discuter parce que le projet n'aurait jamais dû voir le jour. Toutes les Nations du Traité 8 ont approché [l’ancien] gouvernement libéral [de la province] avec l'idée de travailler ensemble sur un projet de développement énergétique pour la province, mais ils avaient leur idée fixe du site C. »

— Une citation de  Roland Willson, chef élu, Première Nation de West Moberly

Ils ont exclu la Commission des services publics de la Colombie-Britannique du processus afin qu'ils ne puissent pas le refuser une troisième fois, ajoute-t-il.

Roland Willson devant des arbres.

Le chef de la Première Nation de West Moberly, Roland Willson. (Archives)

Photo : Rolan Wilson

Dans un communiqué, le président de BC Hydro, Chris O'Riley, reconnaît que cet accord a été une décision difficile pour la Première Nation.

La construction de relations respectueuses et significatives avec la Première Nation de West Moberly et toutes les Premières Nations du Traité 8 touchées par le site C est une priorité pour BC Hydro, a déclaré Chris O'Riley. Ces accords nous fournissent une base pour avancer ensemble d'une manière qui favorise une relation mutuellement bénéfique.

Le ministre de l'Énergie, Bruce Ralston, a également reconnu les préoccupations de la première Nation dans un communiqué, mais a déclaré qu'il croit que les accords reconnaissent et atténuent les impacts du projet du site C sur les Premières Nations tout en veillant à ce qu'elles bénéficient du projet.

Le ministère explique que la Première Nation recevra un premier paiement forfaitaire et des paiements continus au cours des 70 premières années d'exploitation du site C, ainsi que 5000 acres de terres de la Couronne encore à identifier.

Roland Willson maintient que le site C est une violation flagrante du traité et une violation manifeste de nos droits. Mais le temps est désormais à la guérison, dit-il.

D’après des informations de La Presse canadienne, Meera Bains et Josh Grant

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !