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L’Ontario rural doit apprendre l’acceptation culturelle pour éviter son propre déclin

C’est ce que suggèrent les conclusions d’une récente étude de l'Université Western.

Un tracteur dans un champ.

L'étude souligne que les communautés rurales devront faire face au déclin démographique. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC

Radio-Canada

Une nouvelle étude de l'Université Western suggère que les résidents des petites villes et des communautés rurales de l'Ontario doivent apprendre l'acceptation culturelle et la tolérance raciale afin d'éviter leur propre déclin économique et démographique.

La recherche a été menée en mars dernier auprès de centaines d'immigrants, d'Autochtones et de personnes racisées dans neuf régions du Sud-Ouest de l'Ontario, dont les régions de London, Hamilton, St. Thomas, Guelph, Sarnia et Niagara, et leurs communautés rurales périphériques.

Victoria Esses, professeure de psychologie et directrice du Network for Economic and Social Trends (Réseau des tendances économiques et sociales, traduction libre) de l'Université Western, basée à London, en Ontario, a déclaré que les résultats de l'étude suggèrent que les incidents de discrimination sont plus nombreux dans les petites communautés que dans les villes de taille moyenne, en raison de la nature monolithique de la vie rurale.

Les gens de ces communautés ont moins d'expérience avec les immigrants et la diversité et ils peuvent se sentir mal à l'aise en présence de personnes de cultures différentes.

Les résultats mettent en évidence le dilemme auquel sont confrontées de nombreuses communautés rurales ontariennes : trouver un moyen de rendre leurs communautés plus accueillantes pour les immigrants et les Autochtones, ou faire face à un déclin économique et démographique continu.

L'étude a révélé que 80 % des Autochtones de plus de la moitié des régions étudiées ont déclaré avoir été victimes de discrimination au cours des trois dernières années. De leur côté, ce sont 60 % des immigrants ou des personnes racisées qui ont signalé de tels incidents.

Selon Mme Esses, les Autochtones sont confrontés à des taux de discrimination plus élevés parce que ceux qui vivent dans les communautés rurales ont des stéréotypes négatifs bien établis et manquent de contact direct avec les Autochtones et leur culture.

Les gens dépendent des stéréotypes et de ces images négatives pour déterminer leurs attitudes et leurs comportements, a-t-elle déclaré, notant que dans les petites villes les expériences de discrimination fondées sur l’origine ethnique, la couleur de peau et l'identité culturelle étaient beaucoup plus courantes que dans les villes de taille moyenne, comme London, Hamilton ou Niagara.

Les anecdotes d’actes de discrimination signalées vont de l'ignorance culturelle à la discrimination en matière d'emploi, en passant par l'exclusion et même la violence, y compris les agressions verbales et physiques.

Apprendre à accueillir les nouveaux arrivants

Mme Esses a affirmé qu'une partie de la raison pour laquelle les chercheurs ont voulu examiner les petites communautés est que beaucoup d'entre elles sont racialement et culturellement monolithiques, ce qui peut être un obstacle majeur à l'accueil des nouveaux arrivants nécessaires pour inverser leurs perspectives économiques et démographiques.

Les petites communautés ont souffert d'une diminution de leur population et de faibles taux de natalité. Nous savons que les jeunes s'éloignent. Elles ont parfois du mal à attirer et à retenir de nouveaux résidents. Pourtant elles ont vraiment besoin de nouveaux résidents et de nouveaux arrivants.

Selon Mme Esses, les Autochtones, en particulier, ont déclaré ressentir une détresse psychologique accrue, notamment des niveaux élevés d'anxiété et de dépression, en réaction à la discrimination.

Les immigrants et les personnes racisées, eux, mentionnent un sentiment de ne pas être acceptés par la communauté.

Selon Mme Esses, l'enquête met en évidence l'effet dissuasif que les actes de discrimination peuvent avoir sur l'engagement des personnes d'origines diverses dans une petite ville.

Vous vous désengagez de la communauté, vous ne vous impliquez pas dans cette communauté et [...] vous n'avez pas une très bonne opinion de cette communauté.

Selon Mme Esses, si la plupart des discriminations ont été signalées au travail par les personnes interrogées, beaucoup d'entre elles en ont également fait l'expérience dans des lieux publics, comme les banques, les restaurants, les transports en commun, les bibliothèques et les centres communautaires.

Nous avons besoin d'une formation sur la diversité, a-t-elle déclaré. L'un des problèmes des petites communautés est qu'elles ne sont pas beaucoup exposées à des communautés diverses.

Selon elle, des études ont montré que le fait de travailler ensemble vers un objectif commun avec des personnes d'origines différentes peut aider à surmonter les stéréotypes et devrait être enseigné dans les écoles, ainsi qu'une formation antidiscriminatoire adéquate sur la façon d'intervenir en toute sécurité en cas de racisme.

Il y a beaucoup de gens qui sont de bonne volonté mais qui ne savent pas comment intervenir lorsqu'ils sont témoins de discrimination. Alors ils ne font rien ou se détournent par gêne.

Fournir aux gens une formation et des outils pour intervenir efficacement et en toute sécurité, je dirais que cela aiderait beaucoup à réduire la discrimination.

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