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Train léger : le PDG d’OC Transpo était « stressé », à quelques jours du lancement

Le tain léger d'Ottawa sur la ligne de la Confédération.

Le train léger d'Ottawa sur la ligne de la Confédération en juin 2022

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Les hauts placés de la Ville d’Ottawa étaient inquiets du niveau de fonctionnement du train léger quelques jours seulement avant sa mise en service le 14 septembre 2019, selon des documents rendus publics lundi à la Commission d’enquête publique sur le train léger sur rail d’Ottawa (CEPTLRO).

Plusieurs échanges sur l’application WhatsApp entre les dirigeants d’OC Transpo et leurs consultants ont été dévoilés devant le juge William Hourigan. Ceux-ci révèlent que le maire Jim Watson et l’ancien directeur général des transports John Manconi avaient de nombreuses inquiétudes quant au lancement officiel du train. 

Si nous devons faire fonctionner ces trains en mode manuel, sommes-nous correctement formés pour cela? J'ai besoin que tout le monde réfléchisse aux plans B, C et D. L'annulation du lancement n'est pas une option, a écrit Manconi à quatre membres de cette équipe le soir du 12 septembre, soit moins de 48 heures avant le lancement public.

Portrait d'un homme devant un arrêt d'autobus au centre-ville d'Ottawa.

L'ex-directeur général d'OC Transpo, John Manconi (archives)

Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

Selon le même échange, deux trains ne pouvaient toujours pas être mis en service le lendemain matin en raison de documents d’inspection manquants, un problème récurrent au cours de la semaine précédente. La semaine d’avant, trois émetteurs radio défectueux ont mené à une mise hors service du système pendant 10 heures sur toute la section ouest du train léger. La Ville ne connaissait pas l’origine du problème. 

Mes amis, le maire n'est pas content d'hier. Il se demande pourquoi cela a pris 10 [heures] pour réinitialiser les radios, a envoyé Manconi au groupe, le 5 septembre.

Ces problèmes me stressent

Deux jours plus tard, Larry Gaul, membre du bureau des chemins de fer de la Ville, a déclaré au groupe sur WhatsApp à 6 h 15 que la matinée n'était pas un bon lancement. Train amené à la plate-forme de transfert sans fiches d'inspection. Neuf trains sur la ligne principale. Au moins deux départs de Blair et un de Tunney seront manqués.

Manconi a répondu avec une frustration apparente: Sept jours pour lancer et nous discutons toujours des fiches d'inspection!

« Ces problèmes me stressent. Pouvez-vous me dire quel serait l'impact si nous étions en service? Les clients seraient-ils bloqués ? Transferts de transit ? Retards ? Etc? »

— Une citation de  John Manconi, PDG d'OC Transpo, le 7 septembre 2019

Un autre membre du groupe a répondu que tout problème survenu ce jour-là aurait entraîné un retard de cinq minutes pour les clients entre Blair et Tremblay, et qu'un autre problème aurait entraîné un écart de service de cinq minutes.

Les messages, qui n'ont pas encore été rendus publics dans leur intégralité, semblent corroborer l’hypothèse de l'enquête selon laquelle tout le monde — du Groupe de transport Rideau et de sa branche de construction au constructeur de trains Alstom, la Ville et ses propres consultants — était au courant des problèmes de fiabilité du train léger sur rail.

Les documents ont été rendus publics dans le cadre de la comparution du directeur des chemins de fer de la Ville, Michael Morgan, qui faisait partie du groupe de discussion WhatsApp, bien qu'il n'ait pas enregistré les messages, car son téléphone avait été réinitialisé.

Les essais n’étaient pas au contrat

M. Morgan, un ingénieur de carrière, a témoigné plusieurs heures au sujet de la surveillance du train léger sur rail par la Ville. Il est entré en fonction en 2017 dans le cadre de la planification de la phase 2, fort de son expertise des systèmes ferroviaires urbains dans le monde entier. Il a été nommé directeur ferroviaire en 2019 lorsque son prédécesseur Steve Cripps a pris sa retraite.

Le directeur de la construction ferroviaire d'Ottawa, Michael Morgan.

Le directeur de la construction ferroviaire d'Ottawa, Michael Morgan (à droite) a témoigné plusieurs heures.(archives)

Photo :  CBC

Il a parlé d’incongruités dans le contrat, comme le fait que les dates d'achèvement et de remise étaient des événements distincts. Michael Morgan a indiqué que d'autres contrats n'ont qu'un seul jour de fin, généralement après la période d’essai.

Il a également souligné, comme d'autres témoins, que le contrat ne prévoyait pas le critère de note de passage pendant les 12 jours consécutifs d'essai, ce qui signifiait que la Ville et le consortium devaient l’établir par eux-mêmes.

La commission a entendu à plusieurs reprises comment les critères pour les essais ont changé à mi-parcours avant la mise en service complète en août 2019 pour en faciliter le succès. 

Le directeur de projet de la branche construction du Groupe de transport Rideau, OLRT Constructors, a déclaré vendredi à la commission que c'était John Manconi qui avait suggéré d'abaisser les critères.

Michael Morgan a déclaré qu'il y avait eu des discussions entre M. Manconi et le PDG du Groupe de transport Rideau, Peter Lauch, sur le retour à la version des critères du début de 2017. La Ville avait accepté les deux versions de la notation.

L’avocate principale de la commission, Christine Mainville, a suggéré que les changements à la notation avaient été apportés parce que la ligne de la Confédération avait du mal à respecter les critères plus stricts de 2019.

M. Morgan a tenté d’expliquer son point de vue, affirmant que la Ville essayait d’agir en esprit de collaboration.

Christine Mainville

Christine Mainville, avocate membre de la Commission d’enquête sur le train léger d’Ottawa. (archives)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Après quelques échanges, Me Mainville a souligné que le GTR avait accepté de respecter une mesure de performance plus élevée.

Pourquoi la Ville voudrait-elle compromettre cela?, s’est questionné Me Mainville.

Eh bien, nous ne voulions pas le compromettre, a déclaré M. Morgan. Nous avions un autre ensemble de critères que nous avions mis de l’avant et que nous jugions suffisants pour répondre aux attentes en matière de service. Nous faisions progresser cela.

Les témoignages de lundi matin ont également montré que la notation lors de la période d'essai faisait l’objet de discussions avec des personnes extérieures à l'équipe de notation, ce qui, selon l'enquête, n'était pas autorisé.

Le super-consultant Brian Guest devait aussi comparaître à la CEPTLRO, lundi.

Avec les informations de CBC News

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