•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trouble de stress post-traumatique : une famille ténoise témoigne

Avertissement : cet article aborde la question du suicide.

Un égoportrait de trois personnes sur un stationnement.

L'ancien agent de la GRC Barry Mair, à gauche, avec sa sœur Shirley et son frère Norm, en 2019. Barry Mair luttait depuis longtemps contre le trouble de stress post-traumatique avant son décès plus tôt cette année.

Photo : Avec l'autorisation de Norm Mair

Radio-Canada

Barry Mair a passé plus de 30 ans de sa vie à travailler pour la Gendarmerie royale du Canada, témoin de beaucoup de situations difficiles. Il s’est ôté la vie récemment et ses frères veulent parler de son expérience pour alerter sur le trouble de stress post-traumatique.

Norm Mair de Yellowknife pense souvent à cette fois où il a rendu visite à son frère Barry lorsque ce dernier vivait à Edmonton. Au lieu de rester dormir chez lui, il avait dû se louer une chambre d'hôtel, car Barry n’avait pas la capacité de l’accueillir à l'époque.

Si Norm Mair avait été blessé par la situation, il avait soutenu son frère, car il voyait bien que celui-ci se débattait avec quelque chose de bien plus grand.

Ce quelque chose, c’est le trouble de stress post-traumatique (TSPT), un trouble psychiatrique qui touche les personnes ayant vécu ou ayant été témoins d'événements traumatiques. Lundi correspond à la Journée de sensibilisation au TSPT au Canada.

Barry Mair, un ancien agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a dû composer avec le TSPT pendant des années. En février, alors qu’il était âgé de 60 ans, il s’est ôté la vie.

Trois personnes, dont deux hommes portant la tenue de la GRC, posent souriantes pour la caméra. Au centre se tient une femme avec une robe blanche.

Le frère de Barry Mair, John Mair, à gauche, est aussi un ancien agent de la GRC. Les deux frères sont photographiés ici avec leur sœur Shirley, lors de la remise de diplôme de John à l'académie de la GRC.

Photo : Avec la permission de Norm Mair

Norm Mair et le reste de la famille considèrent ce trouble comme une maladie de travail, la conséquence des nombreuses années qu’il a passées à travailler comme agent de première ligne en Colombie-Britannique et à être le témoin de la dure réalité du terrain.

La famille a réfléchi à deux fois avant de partager les détails de la lutte de Barry et de son décès par suicide. Ils veulent cependant que les gens soient plus conscients du caractère insidieux du TSPT, surtout s'il n'est pas diagnostiqué et traité.

Un bon vivant avant de sombrer

Barry Mair n’a pas toujours fait face à des problèmes de santé mentale, son frère le décrivant comme bon vivant, intelligent et plein d'esprit.

Il avait cette nature espiègle à son sujet, avec un sens de l'humour ironique. Il aimait être entouré de sa famille et de ses amis.

L’autre frère de Barry, John Mair, explique que depuis le décès de ce dernier, la famille a reçu beaucoup de témoignages de personnes ayant connu l'ex-agent de la GRC. Bon nombre d’entre elles disent à quel point elles ont aimé travailler avec lui.

Il n'a jamais été du genre à se vanter. Il était discret dans les coulisses, essayant toujours d'aider, d'améliorer la situation, explique John Mair.

Barry Mair a passé de nombreuses années au détachement de la GRC de Surrey et de Fraser Lake en Colombie-Britannique, ainsi que quelque temps à Yellowknife, avant de déménager à Edmonton. Il a pris sa retraite en 2016.

Un homme pose avec une perruche qui tient une branche de ses lunettes dans son bec.

Barry Mair avec la perruche de la famille. Ce dernier aimait les animaux, mais surtout les chiens, selon ses frères.

Photo : Avec la permission de Norm Mair

Même si la famille ne relie pas le TSPT de Barry à un événement particulier, John Mair, lui-même ayant travaillé pour la GRC, pense que l'expérience de son frère à Surrey a particulièrement pesé sur son moral.

C’est l’un des détachements les plus difficiles de la GRC au Canada. Vous êtes exposés à de nombreux incidents traumatisants.

Des symptômes qui remontent à 20 ans

Selon John Mair, les premiers symptômes de son frère ont commencé à apparaître au début des années 2000. S’il a partagé une partie de son expérience avec sa famille, il a été réticent à demander de l’aide.

C'est un peu le résultat de la culture d'entreprise au sein de la GRC à traiter des incidents traumatiques dans les années 1980 et 1990. [...] Il fallait aller de l'avant et ne pas montrer de faiblesses, déplore John Mair, qui soutient cependant que les choses ont évolué depuis.

Alors que les symptômes de TSPT de Barry Mair ont continué à empirer, sa santé physique s’est elle aussi retrouvée touchée et l’homme s’est débattu avec l’alcool et la drogue vers la fin de sa vie.

John Mair aurait souhaité que son frère lui parle plus tôt pour pouvoir jouer un rôle plus actif dans sa thérapie. Il ajoute que ces dernières années, Barry Mair semblait tout de même avoir fait de gros progrès.

Nous avons vu notre frère émerger des ténèbres. La lumière semblait revenir après ses efforts, note pour sa part Norm Mair.

Trois personnes souriantes posent sur un banc en pleine forêt.

Barry Mair avec son père Norm Sr. Mair et sa mère Edith Mair. Barry aimait le plein air, disent ses frères, surtout dans ses jeunes années.

Photo : Avec la permission de Norm Mair

Un décès difficile à comprendre

Cet apparent progrès a rendu la mort de Barry encore plus difficile à comprendre pour sa famille, qui pense que son départ était accidentel.

Barry Mair est mort le même jour que son chien bien aimé, qui a été euthanasié après un cancer, ce qui a causé beaucoup de détresse. Selon Norm Mair, son frère est retombé dans ses vieux démons.

Nous pensons qu'il ne voulait pas s'enlever la vie. Il voulait mettre fin à la douleur. Mais sous l'influence, il ne pouvait pas voir la différence.

La famille Mair veut inciter les personnes souffrant de TSPT à chercher du soutien et de l'aide, le plus tôt possible. Ils conseillent aussi aux familles et aux proches de faire des recherches et d'apprendre comment les aider au mieux.

Notre principal espoir est que la vie [de Barry] soit utile aux autres, et que notre expérience soit utile aux autres, conclut Norm Mair.

Avec des informations de Paul Tukker

Si vous ou quelqu’un que vous connaissez fait face à des tendances suicidaires, voici des liens pour obtenir de l’aide:

Bannière promotionnelle avec le texte : Explorez les histoires du Grand Nord, ICI Grand Nord

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !