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Entre anxiété et espoir, les chefs de Maskwacis se préparent à accueillir le pape François

Les quatre chefs s'adressent aux médias, coiffés de leur coiffe de chef traditionnelle.

(De gauche à droite) Les chefs Desmond Bull, Randy Ermineskin, Wilton Littlechild et Vernon Saddleback se sont exprimés sur la venue prochaine du pape François à Maskwacis, une communauté autochtone de l'Alberta.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Les chefs autochtones de Maskwacis, en Alberta, se disent excités, mais aussi inquiets à l’approche de la venue du pape François dans leur communauté cet été.

Le pape visitera le Canada pour présenter des excuses pour les pensionnats pour Autochtones gérés par l'Église catholique, pensionnats qui ont traumatisé des générations d'enfants qui y ont séjourné, en plus de causer la mort de milliers d’entre eux.

Les chefs des Premières Nations cries de la région de Maskwacis, Randy Ermineskin, Vernon Saddleback, Desmond Bull, Leonard Standing on the Road et Wilton Littlechild se disent personnellement heureux de la visite du souverain pontife, mais ils savent que celle-ci sera controversée et fera resurgir des souvenirs douloureux pour bien des personnes.

Je sais que tous ne sont pas d’accord que Sa Sainteté vienne ici, mais ceux qui ont le désir de pardonner auront l’occasion de le faire. C’est ma prière pour cette visite, a affirmé Wilton Littlechild, qui a lui-même passé 14 ans dans un pensionnat pour Autochtones.

Le pape commencera sa visite au Canada à Edmonton le 24 juillet, fera un arrêt à Québec et terminera son voyage à Iqaluit le 29 juillet. Pendant son passage en Alberta, le pape François visitera notamment le site de l’ancien pensionnat d’Ermineskin, à Maskwacis, l’un des plus grands de l’histoire canadienne.

Selon l'archevêque d'Edmonton, Richard Smith, il est attendu que le pape présente ses excuses officielles à cet endroit.

Une affiche affirmant 'Tous les enfants comptent' décorée de plumes est exposée devant un parc pour enfants, à Maskwacis.

Le pape François visitera le site d'un ancien pensionnat pour autochtones à Maskwacis.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Le pape François s’est excusé une première fois en avril pour la conduite déplorable de ces membres de l’Église catholique lors de la visite de délégations autochtones au Vatican. Beaucoup de Métis, d'Inuit et de Premières Nations ont toutefois réclamé qu’il s’excuse explicitement pour le rôle de l’Église catholique en tant qu’institution, ainsi que pour le projet global des pensionnats pour Autochtones.

Ces excuses formelles en sol canadien sont l’un des appels à l’action formulés par la Commission de vérité et réconciliation.

Une visite qui rouvrira des cicatrices

Les chefs affirment que tous sont les bienvenus à Maskwacis pour la venue du pape. Ils estiment que jusqu’à 15 000 personnes pourraient s'y déplacer.

Ils assurent qu’ils offriront du soutien à tous ceux qui en auront besoin, mais cette obligation est lourde à porter.

« Le pape va venir ici s’excuser, puis il repartira et tout retombera dans nos mains. Qui va s’occuper de ces gens? C’est ce qui m’inquiète. »

— Une citation de  Randy Ermineskin, chef de la Première Nation Ermineskin

Il affirme que les Premières Nations de Maskwacis ont déjà fait des démarches auprès de Santé Canada pour obtenir de l’aide, en plus des travailleurs locaux en santé mentale. Randy Ermineskin estime qu’une personne-ressource sera disponible pour chaque cent personnes.

Est-ce que ce sera suffisant?, se demande-t-il. Nous allons ouvrir des cicatrices. Nous devons être prêts à aider ces personnes.

Avec les informations de Travis McEwan (CBC)

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