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Après le feu : la Première Nation de Lytton, un exemple de résilience et de leadership

Plusieurs personnes sont attablées à l'extérieur, et une petite fille se fait maquiller par une adulte.

La Première Nation de Lytton, en Colombie-Britannique, compte environ 2000 membres.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

Victime du même feu qui a ravagé le village de Lytton, en Colombie-Britannique, il y a un an, la Première Nation de Lytton tente de se reconstruire et de tourner la page. Son autonomie, sa forte cohésion et son leadership lui ont permis d’aller plus vite. Mais les défis restent nombreux, et la menace des changements climatiques pèse sur ses territoires ancestraux.

La Première Nation de Lytton nous a ouvert ses portes en pleine Journée nationale des peuples autochtones. Les célébrations ont lieu sur le terrain de l'École Stein Valley Nlakapamux qui, à quelques kilomètres du village de Lytton, a survécu aux flammes.

Une femme assise sourit à la caméra.

Pam Abbott, aînée et membre de la Première Nation de Lytton, a tenu à participer aux célébrations de la Journée nationale des autochtones le 21 juin 2022.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

L’ambiance est à la fête, aux retrouvailles et au rassemblement des générations. Toutefois les festivités sont bien moins importantes qu’à l’habitude.

Nous sommes juste contents d'être ensemble, c'est ce qui compte. Nous essayons d'offrir aux enfants une routine et un quotidien aussi normal que possible, témoigne Jeanie Charlie, membre de la Première Nation.

La communauté autochtone est toujours orpheline de son centre. Le feu qui a ravagé le village de Lytton a détruit sur son passage les bureaux de la Première Nation, ainsi que 32 de ses résidences.

Une tête de grizzly et sa fourrure sur une table. Plusieurs personnes sont assises à une autre table en arrière-plan.

Le grizzly représente un symbole important pour la Première Nation de Lytton. Il trône ici dans l'un de ses bureaux temporaires.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

Le feu a encerclé toute notre communauté, et il ne reste qu'une seule maison, explique John Haugen, conseiller de la Première Nation.

C’est donc sur ce terrain de l’une de ses deux écoles que la communauté autochtone a trouvé refuge et recrée son centre névralgique.

Une autonomie qui fait ses preuves

Depuis ses nouveaux bureaux installés dans des bâtiments préfabriqués, les leaders de la Première Nation sont à pied d'œuvre pour répondre aux besoins de ses membres et, surtout, planifier la reconstruction.

Et le processus semble aller plus vite que dans le cas du village de Lytton.

Nous avons nettoyé tous les débris et enlevé les restes d'infrastructures qui ont brûlé, explique John Haugen.

En comparaison, les débris, les structures calcinées sont encore largement présents dans le village, qui a entamé une opération nettoyage en mars dernier.

« Par rapport au village, nous avons moins d'ordres de gouvernement au-dessus de nous. »

— Une citation de  John Haugen, conseiller, Première Nation de Lytton
Une vue d'un territoire sans maisons.

Sur l'un des territoires de la Première Nation de Lytton, appelé Klickkumcheen No 18, des dizaines de résidences ont été détruites par le feu.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

Comme pour le village, la reconstruction devrait commencer en septembre prochain pour les maisons de la Première Nation de Lytton.

Or, d’ici quelques jours, 86 membres vont pouvoir s’installer dans de nouvelles maisons temporaires.

Interrogé sur la façon dont la communauté devrait être reconstruite, le conseiller chargé de la reconstruction, Niakia Hanna, assure que ce n’est pas à lui de choisir et que la décision revient à chacun des membres de la Première Nation.

Chacun doit avoir son mot à dire, ajoute-t-il.

Bannière du dossier Lytton qui retrace l'incendie qui a dévasté le village de Lytton en Colombie-Britannique.

Protéger un territoire sacré

Cette reconstruction revêt un caractère particulier pour la Première Nation, qui chérit ses territoires, sacrés aux yeux de ses membres.

Nous sommes connectés à la Terre ici, notre priorité est de pouvoir donner l'occasion à nos membres de revenir sur leurs terres, et de pouvoir à nouveau entretenir un lien avec elles, affirme Niakia Hanna.

Toutefois, la communauté autochtone n’aura pas d’autres choix que de s'adapter à la menace des changements climatiques, dont elle est aujourd’hui victime.

Les changements climatiques ont un lien direct avec le dôme de chaleur que nous avons connu l'an passé, déplore le conseiller John Haugen.

« De ma vie entière, je n'aurais pu imaginer vivre un jour de tels extrêmes. »

— Une citation de  John Haugen, conseiller, Première Nation de Lytton

Quoi qu'il en soit, de cette catastrophe et face à l'avenir incertain, la Première Nation espère sortir encore plus forte.

Parfois, c'est une catastrophe qui rassemble les gens. J'espère que c'est cela qui va nous arriver , conclut Niakia Hanna.

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