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Le secteur des arts et de la culture dénonce le sous-financement de Fredericton

La députée provinciale libérale Isabelle Thériault croit que le gouvernement de Blaine Higgs a les moyens d'investir davantage dans le secteur des arts et de la culture.

Le directeur artistique de Satellite Théâtre, Marc-André Charron et deux artistes qui participent au projet.

La cohorte d'artistes qui participe au projet [kylˈtyɾo̞s] (culturas) en formation avec le directeur artistique de Satellite théâtre Marc-André Charron.

Photo : Tyler Andrew

Des membres de la communauté artistique et culturelle du Nouveau-Brunswick réclament plus d'investissement du gouvernement provincial dans le secteur et une meilleure compréhension des effets d'un sous-financement sur l'avenir des arts et de la culture.

« On n’est pas dans une période où l'on sent qu’on a un gouvernement provincial qui s’intéresse à nous, à ce qu’on fait et à ce qu’on contribue. »

— Une citation de  Marc-André Charron, directeur artistique de Satellite Théâtre

Il est parfois difficile pour le milieu culturel francophone du Nouveau-Brunswick d'éviter de se comparer à sa province voisine, le Québec, qui a investi des centaines de millions de dollars pour soutenir ses artistes et ses professionnels.

On voit que le gouvernement du Québec a vraiment mis le paquet pendant la pandémie, et aussi maintenant avec la relance culturelle et on voit que nous, il n'y a pas de fonds qui viennent de la province, explique Carol Doucet, directrice de l'agence Le grenier musique.

Dans son plus récent budget, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a prévu 3,2 millions de dollars supplémentaires dans le secteur des arts et de la culture, dont plus du deux tiers ont été versés à l'industrie du cinéma.

Jean Surette interviewé à l'extérieur.

Jean Surette, directeur général de l’association de l’industrie musicale du Nouveau-Brunswick, Musique NB.

Photo : Radio-Canada

Au niveau de la musique, c’est un peu statu quo, note Jean Surette, directeur général de Musique NB, qui explique que le reste de cet argent n'ira pas directement à des projets d'artistes en musique.

Les programmes d’aides à la billetterie et pour les spectacles en ligne du gouvernement provincial annoncés pendant la pandémie, quoique bien appréciés, n'ont pas offert un appui suffisant pour les artistes.

Le secteur culturel du Nouveau-Brunswick s'attend tout de même à plus d'efforts et de soutien de la part du gouvernement provincial.

« Présentement, il y a très peu de programmes de reste, c’est comme si les choses sont redevenues à la normale, ce qui n’est pas le cas. »

— Une citation de  Jean Surette, directeur général de Musique NB

De nouveaux investissement du gouvernement fédéral pour le secteur ou des programmes comme la Prestation canadienne d'urgence (PCU) ont aussi permis à plusieurs artistes de survivre pendant la pandémie.

Ce n'est cependant pas suffisant puisque, selon le plus récent rapport publié par l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, trois emplois sur dix ont disparu dans le secteur des arts et de la culture depuis le début de la pandémie.

Des conséquences probables

La directrice de l'agence Le grenier musique, Carol Doucet, craint que davantage de musiciens quittent le milieu culturel pour exercer des emplois dans d'autres domaines.

Carol Doucet interviewée à l'extérieur.

La directrice de l'agence Le grenier musique, Carol Doucet.

Photo : Radio-Canada

On se retrouve avec une industrie qui manque de gens, qui manque de techniciens de son, de musiciens, précise Mme Doucet.

Carol Doucet gère la carrière d'une quinzaine d’artistes en musique avec un financement minium et doit refuser de nouveaux membres dans son agence puisqu'elle n'a pas les moyens d'embaucher de nouveaux employés.

Marc-André Charron interviewé dans un studio.

Le directeur artistique de Satellite Théâtre, Marc-André Charron.

Photo : Radio-Canada

Marc-André Charron, directeur artistique de Satellite Théâtre, craint quant à lui que le talent en milieu théâtral s’exile.

Le plus gros danger est là, c’est que tu as de jeunes artistes qui vont faire le choix d’aller à Montréal ou à Toronto, où il y a plus d’offres, où il y a plus de capacité, où [lancer] tes propres sujets va se faire à travers les enveloppes possibles, explique-t-il.

Des pistes de solution

Selon Marc-André Charron, il serait important que les plus hauts échelons du gouvernement, comme les ministres et les sous-ministres, participent aux discussions et assurent une stabilité financière pour les artistes et les employés du secteur.

« Moi, j’aurais aimé voir des ministres s’intéresser à des tables [de consultation] et pas envoyer des employés qui finissent par être pris entre l’arbre et l’écorce. »

— Une citation de  Marc-André Charron, directeur artistique de Satellite Théâtre

Selon Jean Surette, Carol Doucet et la députée Isabelle Thériault, le gouvernement devrait entre autres augmenter le budget de Musique NB, une somme de 320 000 dollars qui n’a pratiquement pas changé depuis quatre ans.

L'association pourrait ensuite remettre des fonds aux artistes francophones et anglophones par l’entremise de programmes comme celui du développement de l’industrie de la musique, qui permet entre autres aux artistes de produire et promouvoir leur musique ainsi que de participer à des tournées de spectacles.

« Le budget de musique NB devrait être vingt fois ce qu’il est. Le budget devrait être tellement important parce qu’on a la masse critique d’artistes. »

— Une citation de  Carol Doucet, directrice de l'agence Le grenier musique

La députée libérale de Caraquet, Isabelle Thériault, croit que l’industrie culturelle a fait sa part en tirant la sonnette d’alarme et que c’est maintenant au gouvernement provincial d’en faire plus puisqu’il en a les moyens.

Isabelle Thériault.

La députée libérale de Caraquet, Isabelle Thériault.

Photo : Radio-Canada

Il y a un gros surplus tout de suite. Mais c’est un gouvernement qui est très rigide et très axé sur les finances qui a davantage d’intérêt dans le remboursement de la dette que l’investissement dans la culture, estime Mme Thériault.

Fredericton dit être sur la bonne voie

Pour sa part, le gouvernement souligne que l’investissement de 3,2 millions de dollars pour les arts et la culture est un bon premier pas.

Ça nous permet justement de dire : "Voici, on a fait un pas budgétaire pour permettre à l’industrie de pouvoir continuer", affirme Gilles Bourque, directeur par intérim de la direction des arts et de la culture au ministère du Tourisme, Patrimoine et de la Culture du Nouveau-Brunswick.

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