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La Cour suprême des États-Unis valide les prières d’un entraîneur dans une école publique

Le drapeau américain flotte devant la Cour suprême des États-Unis.

La Cour suprême des États-Unis.

Photo : AP / Patrick Semansky

Agence France-Presse

La Cour suprême des États-Unis a encore étendu lundi la place de la religion dans les écoles publiques, en invalidant le licenciement d'un entraîneur de football américain qui priait sur les terrains.

Trois jours après avoir enterré le droit à l'avortement, ses six juges conservateurs ont, contre l'avis de leurs trois collègues progressistes, donné raison à Joseph Kennedy, qui avait supervisé pendant sept ans les équipes du lycée de Bremerton, près de Seattle (nord-ouest), avant de perdre son emploi.

Une entité gouvernementale a voulu punir un individu pour une pratique religieuse brève, calme et personnelle [...] la Constitution n'impose ni ne tolère ce genre de discrimination, a écrit le juge Neil Gorsuch en leur nom.

L'entraîneur pose devant un terrain de football américain.

L'entraîneur Joseph Kennedy a gagné son combat judiciaire contre le lycée de Bremerton devant la Cour suprême des États-Unis.

Photo : AP / Ted S. Warren

Après chaque match, l'entraîneur avait pris l'habitude de s'agenouiller pour prier au milieu du terrain, parfois rejoint par ses joueurs. Il dirigeait parfois des prières dans les vestiaires avant ou après les rencontres.

En 2015, les autorités scolaires lui avaient demandé de s'abstenir, s'appuyant sur un article du premier amendement de la Constitution qui interdit à l'État et à ses employés d'encourager l'établissement d'une religion, c'est-à-dire de la financer ou de favoriser sa pratique.

Comme il refusait, elles n'avaient pas renouvelé son contrat. Il avait alors saisi la justice, s'appuyant sur une autre disposition du premier amendement qui garantit, elle, la liberté de religion et d'expression.

Ces deux clauses font régulièrement l'objet de disputes et la Cour suprême avait jusqu'à récemment tenu la ligne de crête. Mais sa majorité conservatrice, consolidée par Donald Trump, fait désormais pencher la balance en faveur des milieux religieux.

La religion et l'État

En mai, elle a estimé que la mairie de Boston devait laisser un groupe chrétien afficher son drapeau sur l'hôtel de ville. La semaine dernière, elle a jugé que l'État du Maine ne pouvait pas exclure les écoles confessionnelles d'un dispositif d'aides publiques.

La Constitution et nos meilleures traditions encouragent le respect mutuel et la tolérance, pas la censure et l'annulation, pour les vues religieuses et non religieuses, écrit-elle désormais dans le dossier de Joseph Kennedy.

Dans un nouveau texte amer, les trois magistrats progressistes de la Cour reprochent à leurs collègues d'avoir déformé les faits du dossier. Selon eux, les prières de l'entraîneur n'étaient pas personnelles et discrètes, mais démonstratives, puisqu'il invitait régulièrement les autres à le rejoindre.

Fait rare dans un argumentaire juridique, ils joignent une photo du coach entouré des jeunes joueurs, à genoux en train de prier.

Cette décision rend un mauvais service aux écoles et aux jeunes citoyens qu'elles servent, ainsi qu'à l'engagement à long terme de notre nation de séparer l'Église et l'État, ajoute la juge Sonia Sotomayor en leur nom.

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