•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des missiles russes s’abattent sur un centre commercial bondé de Krementchouk

Des pompiers tentent d'éteindre un incendie dans un grand bâtiment.

Le centre commercial Amstor, qui a été touché par deux missiles russes selon les autorités ukrainiennes, se trouve dans la région de Poltava, dans le centre de l'Ukraine.

Photo : Getty Images / Services d'urgence de l'Ukraine

Radio-Canada

Deux missiles russes se sont abattus lundi sur un centre commercial bondé de Krementchouk, dans le centre de l'Ukraine, et ont fait au moins 16 morts et 59 blessés, dont 25 sont hospitalisés, selon le plus récent bilan fourni par le chef des services de secours ukrainiens Sergiy Kruk.

À l'heure actuelle, a précisé M. Kruk, les secours se concentrent principalement sur le sauvetage, l'enlèvement des débris et l'extinction des incendies. Il a ajouté que tous les groupes d'intervention travaillent en mode intense et que les travaux se poursuivront 24 heures sur 24.

Le gouverneur de la région de Poltava, Dmytro Lounine, a dénoncé un crime de guerre et un crime contre l'humanité, ainsi qu'un acte de terreur non dissimulé et cynique contre la population civile. Aucune cible militaire susceptible d'être visée par l'armée russe ne se trouvait à proximité de ce centre commercial, a-t-il ajouté.

Les occupants ont tiré au missile sur un centre commercial où se trouvaient plus de 1000 civils. Le centre commercial est en feu et les sauveteurs combattent l'incendie. Le nombre de victimes est impossible à imaginer, avait déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur Telegram.

« Il est inutile d'espérer la moindre morale ou humanité de la part de la Russie. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Seuls des terroristes absolument fous pourraient frapper une telle installation avec des missiles, et ils ne devraient pas avoir leur place sur Terre, a poursuivi M. Zelensky, évoquant une frappe calculée.

Le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse

Le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky a employé le mot « terroristes » en parlant de cette frappe des Russes.

Photo : Getty Images / John Moore

Son message était accompagné d'une vidéo montrant un immeuble complètement en flammes devant lequel se trouvent des pompiers. Un immense panache de fumée s'échappe du bâtiment, sous le regard de quelques civils qui assistent à la scène, impuissants.

Un photographe de Reuters raconte avoir vu un centre commercial à la structure calcinée, avec le toit effondré. Des pompiers et des militaires s'efforçaient de retirer des pièces métalliques tordues dans l'espoir d'extraire des survivants.

Krementchouk, située à un peu plus de 150 kilomètres au nord-ouest de Dnipro, se trouve très loin des lignes de front dans l'est et le sud du pays. Elle abrite cependant l'une des plus importantes raffineries de pétrole de l'Ukraine.

Selon l'armée de l'air ukrainienne, le centre commercial Amstor a été atteint par des missiles antinavires Kh-22 tirés de bombardiers à long rayon d'action Tu-22, en provenance de la région de Koursk, en Russie.

Les tirs de missiles sur Krementchouk ont touché un endroit très fréquenté qui n'a aucun rapport avec les hostilités, a déploré sur Facebook Vitali Maletsky, le maire de Krementchouk, qui comptait environ 220 000 habitants avant le début de la guerre, le 24 février.

Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Selon Vadim Denissenko, conseiller au ministère ukrainien de l'Intérieur, Moscou pourrait avoir eu trois objectifs avec ce bombardement. Le premier, sans aucun doute, est de semer la panique, le deuxième est de [...] détruire nos infrastructures et le troisième est [...] d'accroître la pression pour contraindre l'Occident civilisé à s'asseoir à nouveau à la table des discussions, a-t-il dit.

Des pompiers au milieu d'un immeuble détruit.

Le centre commercial de Krementchouk a été complètement oblitéré par les missiles russes.

Photo : Reuters / SERVICES D'URGENCE DE L'UKRAINE

Dans un message publié sur Twitter, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a appelé les soutiens de Kiev à lui fournir davantage d'armes lourdes et à imposer des sanctions supplémentaires à la Russie.

Face à cette situation, l'Ukraine a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui se tiendra mardi à 14 h (HAE), a-t-on appris auprès de la présidence albanaise de la plus haute instance onusienne.

Le tir d'un missile sur un centre commercial sera le sujet principal de cette session, a précisé un porte-parole de la mission diplomatique albanaise.

Les tirs de missiles sur Kiev dimanche, ayant touché un complexe résidentiel proche du centre de la capitale ukrainienne, seront aussi abordés à la réunion, a-t-on ajouté de même source. Ces tirs ont fait un mort et plusieurs blessés, selon les autorités.

Une attaque condamnée

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a déclaré sur Twitter que le monde était horrifié par la frappe sur le centre commercial, qu'il a décrite comme la dernière en date d'une série d'atrocités. Washington continuera de soutenir ses partenaires ukrainiens et fera rendre des comptes à la Russie, y compris à ceux qui sont responsables d'atrocités, a-t-il écrit.

L'ambassadrice américaine en Ukraine, Bridget Brink, a assuré, citée par ses services sur Facebook, que le monde demanderait des comptes au Kremlin pour ses atrocités en Ukraine.

La France a accusé la Russie de violations effroyables du droit humanitaire en Ukraine après la frappe et a affirmé que Moscou devrait répondre de ces actes.

La France condamne les tirs de missiles russes qui ont frappé un supermarché à Krementchouk, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. La France soutient la lutte contre l'impunité en Ukraine, poursuit le Quai d'Orsay.

« Cette attaque épouvantable a montré une fois de plus les profondeurs de la cruauté et de la barbarie dans lesquelles le dirigeant russe est prêt à tomber. Poutine doit comprendre que son comportement ne fera que renforcer la détermination du Royaume-Uni et de tous les autres pays du G7 à soutenir l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra. »

— Une citation de  Boris Johnson, premier ministre du Royaume-Uni

Cette frappe est survenue au deuxième jour du sommet des grandes puissances du G7 dans les Alpes bavaroises, dans le sud de l'Allemagne, en grande partie consacré à la guerre en Ukraine.

Les dirigeants du G7 ont qualifié de crime de guerre la frappe russe. Les attaques indiscriminées contre des civils innocents constituent un crime de guerre, ont-ils affirmé dans une déclaration qui condamne solennellement l'attaque abominable.

Notre         dossier Guerre en Ukraine

Kharkiv et Lyssytchansk aussi ciblées

Ailleurs en Ukraine, un bombardement russe sur Kharkiv, dans le nord-est du pays, a fait 4 morts et 19 blessés, dont 4 enfants, selon ce qu'a indiqué sur Telegram le gouverneur de la région du même nom, Oleh Synehoubov.

Une femme marche dans un cratère de plusieurs mètres de diamètre, près d'un bâtiment dont les vitres ont volé en éclats.

Une femme marche dans un cratère créé par un missile russe qui est tombé lundi dans la cour d'une école de Kharkiv.

Photo : Getty Images / AFP/SERGEY BOBOK

Les médecins fournissent toute l'aide nécessaire. Les informations sur le nombre de victimes sont en cours d'actualisation, a-t-il indiqué sur Telegram. Selon lui, Moscou terrorise délibérément la population civile.

Les bombardements russes se sont aussi poursuivis lundi autour de Lyssytchansk, dernière ville d'envergure à ne pas être entièrement sous contrôle russe dans la province de Louhansk, dans l'est du pays.

Sa ville jumelle, Sievierodonetsk, située sur la rive est de la rivière Donets, est tombée aux mains des troupes russes la semaine dernière, après des semaines de combats acharnés.

Lyssytchansk et les villages voisins vivent leurs jours les plus difficiles. Les Russes détruisent tout sur leur passage, a affirmé Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk.

La Russie dément prendre les civils pour cible dans le cadre de son opération militaire spéciale en Ukraine. Son ambassadeur adjoint aux Nations unies Dmitri Polianski a mentionné sur Twitter, sans fournir de preuves, que ce bombardement était une provocation ukrainienne.

Exactement ce dont le régime de Kiev a besoin pour maintenir l'attention sur l'Ukraine avant [le] sommet de l'OTAN, a-t-il écrit, en référence au sommet de l'Alliance atlantique qui doit s'ouvrir mardi à Madrid.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré lundi que ce sommet devrait déboucher sur l'octroi d'une nouvelle aide à l'Ukraine dans des domaines tels que les communications sécurisées, les systèmes antidrones et le carburant.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !