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Maltraitance alléguée dans un foyer de soins à Winnipeg : pénurie de personnel en cause?

Une femme âgée assise de dos, sur un lit dans un chambre.

Selon une chercheuse de l'Université York, Pat Armstrong, les établissements à but lucratif manquent systématiquement de personnel et connaissent donc plus de cas de maltraitance (archives).

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Deux aides-soignants du foyer de soins personnels Oakview Place d'Extendicare, à Winnipeg, font l'objet d'une enquête de la part de la police, de la province et de la région sanitaire après que deux personnes ont fait état de mauvais traitements à l'égard de 15 résidents.

Allégations contre Extendicare

L'ORSW a tenu une conférence de presse le 21 juin 2022, en compagnie d'un représentant d'Extendicare, pour parler des allégations de maltraitance et des mesures prises pour régler le problème.

Après l'intervention de l'ORSW, deux aides-soignants ont été mis en congé payé, et la police est intervenue.

Le type des maltraitances alléguées n’a pas été divulgué.

Responsabilité des élus

La fille d'un ancien résident du foyer de soins Maples, à Winnipeg, Eddie Calisto-Tavares, décédé aujourd'hui, affirme qu'elle a le cœur brisé pour les résidents et les familles du foyer de soins Oakview Place.

Elle est en colère contre le manque de responsabilisation du personnel soignant. C’est ce qui permet, selon elle, que les mauvais traitements persistent.

Son père, qui était âgé de 88 ans, faisait partie de ces personnes qui sont mortes durant ce qu'elle appelle le cauchemar de Maples.

À l’époque, huit personnes sont mortes en 48 heures, dans un autre établissement privé à but lucratif.

« Le désintérêt et le manque d'action des élus et des responsables de la santé sont à condamner. Ils continuent à trouver des excuses et à permettre à ces foyers à but lucratif d’exister. »

— Une citation de  Eddie Calisto-Tavares, fille d'un résident décédé dans le foyer de soins Maples, à Winnipeg

Eddie Calisto-Tavares affirme que la famille joue un rôle important dans la défense des résidents.

Nous comptons et nous sommes les seuls à pouvoir apporter ces changements à long terme. Utilisons notre voix, il n’y a pas à avoir honte, affirme-t-elle.

La cause du problème : une pénurie de personnel?

Experte en soins de longue durée, Pat Armstrong a constaté que, si les mauvais traitements persistent dans les foyers de soins personnels, c’est parce qu’ils manquent constamment de personnel. Les établissements les plus touchés sont les foyers de soins privés.

L'extérieur du foyer de soins  Extendicare Oakview Place, à Winnipeg, le 21 juin 2022.

Quinze résidents du foyer de soins Extendicare Oakview Place, à Winnipeg, auraient été victimes de maltraitance.

Photo : Radio-Canada / Erin Brohman

L'experte estime que certains établissements de soins palliatifs à but lucratif effectueraient donc des compressions à des fins de rentabilité.

Si on veut faire de l'argent, l'objectif est de payer le moins possible pour les soins afin d’en tirer le maximum de profits, explique Pat Armstrong.

Des solutions à long terme

Pat Armstrong affirme que les gouvernements devraient être proactifs et effectuer des inspections régulières plutôt que de réagir en cas de crise.

La PDG de CanAge, Laura Tamblyn Watts, ajoute que le gouvernement provincial devrait en faire davantage pour protéger les résidents des foyers de soins.

Nous avons besoin de normes nationales pour les soins de longue durée. Il faut améliorer la prévention des mauvais traitements et adopter une loi pour y mettre fin, dit-elle.

Les ministres de la Santé et des Aînés et des Soins de longue durée n'ont pas donné suite à des demandes d'entrevue de CBC/Radio-Canada.

Avec les informations de Rachel Bergen

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