•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La vente de camionnettes en hausse à l’Î.-P.-É, malgré le prix élevé de l’essence

Des camions de style pick-up en rangée.

Les camionnettes et les véhicules utilitaires sports dominent encore le marché dans l'île (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Quatre véhicules sur cinq achetés à l’Île-du-Prince-Édouard en mars et en avril derniers étaient des camionnettes, des VUS et des petites fourgonnettes, bien que le prix de l’essence ait monté en flèche.

Ces véhicules, qui consomment parfois beaucoup d’essence, représentent environ 80 % des véhicules neufs achetés au cours des deux derniers mois, alors que le prix de ce combustible a augmenté de 58 % à l’île en mai dernier, selon Statistique Canada.

Le litre d’essence coûte actuellement environ 2,10 $ dans l’île.

« On n’a pas d'autre choix que d’acheter un VUS. C’est tout ce qu'il y a à vendre en ce moment. »

— Une citation de  Benoit Charette, rédacteur en chef à L’Annuel de l’automobile
Un homme donne une entrevue devant une voiture.

Le chroniqueur automobile Benoit Charette est le rédacteur en chef à L’Annuel de l’automobile (archives).

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Pour Benoit Charette, rédacteur en chef du magazine L’Annuel de l’automobile, la présence accrue de ces modèles chez les concessionnaires et le modèle de l’économie insulaire pourraient expliquer ces données, alors que la pêche et l’agriculture représentent des secteurs d’importance dans l’île.

Le côté pratique souvent l’emporte. Il y a des gens qui m’ont dit : "Oui, ça me coûte beaucoup plus cher, mais j’ai besoin de mon camion pour travailler", explique-t-il.

L’expert rappelle qu'aucun modèle électrique de camion n'est encore offert sur le marché.

Pour l’instant, il n’y pas de camions électriques, mais il y en a qui s’en viennent. Les gens se serrent donc la ceinture et continuent d’utiliser leurs véhicules, ajoute Benoit Charette.

Un véhicule gris métallisé.

La camionnette éclectique Ford F-150 Lightning est l'un des modèles de grande voiture éclectique dont la sortie est prévue pour cette année (archives).

Photo : Reuters / Rebecca Cook

La préférence des familles

Le rédacteur en chef explique que, dans les trois dernières années, les modèles plus petits sont devenus plus rares chez les concessionnaires, car les VUS apportent plus de profits aux constructeurs.

Certains de ces véhicules ont une structure similaire à celle d'une petite voiture. Les constructeurs y ajoutent en général de nouvelles composantes, comme des roues motrices supplémentaires, ce qui augmente la traction et la puissance de la voiture.

Des ajustements qui ne sont pas si coûteux pour les constructeurs, mais qui peuvent augmenter de beaucoup le prix proposé aux consommateurs, assure M. Charette.

C’est devenu la mode, et c’est malheureux, parce que les gens paient beaucoup plus cher. Le prix moyen pour un véhicule neuf au Canada est passé à plus de 50 000 dollars, alors qu’on était il y a cinq ans à 35 000 dollars, précise-t-il.

Il souligne que les modèles VUS procurent quelques avantages aux consommateurs, malgré leur prix plus élevé.

Pour le client, c’est intéressant, car on a quatre roues motrices et on a un peu plus de place pour embarquer toute la famille. En même temps, on a bien publicisé ces modèles, on les a soutenus financièrement avec des taux d’intérêt avantageux dans bien des cas ajoute-t-il.

Un renversement de la tendance?

Pour le professeur en économie à l’Université de Moncton Louis Corriveau, la préférence pour des véhicules plus grands à l’île suit une tendance de marché observée au Canada et en Amérique du Nord.

« Ça correspond vraiment à ce qu'étaient les préférences des consommateurs dans les 15 dernières années, avec ces gros modèles de voitures. »

— Une citation de  Louis Corriveau, professeur en économie à l’Université de Moncton

Les chiffres enregistrés à l’île en mai 2022 représentent un point de pourcentage de plus qu'à la même période l’an dernier et 10 points de plus qu’en 2019.

Louis Corriveau en entrevue.

Louis Corriveau, professeur d'économie à l'Université de Moncton, explique que le comportement d'achat repose, pour l'instant, sur l’incertitude quant à la durée de la hausse des prix des carburants (archives).

Photo : Radio-Canada

Cette tendance pourrait être renversée si la hausse du prix de l’essence demeure plus longtemps, selon le professeur.

Si ça dure encore deux, trois ans, l’essence à deux dollars le litre, à partir d’un certain point, les consommateurs vont se dire que c’est pour durer et ils vont s’ajuster, explique-t-il.

Pour l’instant, la décision des acheteurs repose sur l’incertitude quant à la durée de la hausse des prix des carburants et à la guerre entre la Russie et l'Ukraine, qui fait pression sur le marché des combustibles, ajoute le professeur Louis Corriveau.

Le taux d’inflation à l’Île-du-Prince-Édouard a atteint 11,1 % en mai dernier, selon Statistique Canada.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !