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Des changements au système d’immersion française critiqués avant même leur vote

Des écoliers assis à leur pupitre dans une classe.

Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre « l’objectif de l’accès pour tous les enfants », selon un parent d’élève.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les conseillers scolaires du district de la région de Waterloo s'apprêtent à voter, lundi, des changements au système d'immersion en français dans les écoles alors que des critiques fusent au sein même du comité responsable des recommandations.

Le Conseil scolaire du district de la région de Waterloo a lancé la révision de l'immersion française en 2017, lorsqu'un comité ad hoc a été créé pour examiner les moyens d'améliorer le programme et de le rendre plus équitable.

À l'heure actuelle, l'immersion française est offerte dans certaines écoles à deux voies où certaines classes sont en immersion française et d'autres avec des élèves qui suivent des cours en anglais.

Trois recommandations ont été présentées aux conseillers scolaires la semaine dernière : approuver la vision, les objectifs et les principes directeurs selon lesquels l'immersion française est ouverte à tous; élaborer un plan d'action pour aligner le programme sur la vision, les objectifs et les principes directeurs; commencer l'immersion en français en deuxième année, plutôt qu'en première année.

Je ne pense pas que les trois recommandations [...] du rapport aillent assez loin pour répondre à mes préoccupations et à ce que j'ai entendu de la part d'autres parents dans la communauté, a confié Patricia Shaw, membre du comité.

Mme Shaw reproche notamment le manque de consultation auprès des parents concernés.

Nous espérons que les administrateurs comprendront que les parents méritent d'avoir l'occasion de parler du résultat du travail de ce comité - avant de voter pour faire un changement au nom de l'accès et de l'équité, a ajouté Mme Shaw.

Report d'un an

La recommandation de reporter d'un an l'immersion du français permettrait aux parents - en particulier ceux dont la langue maternelle n'est pas l'anglais et qui ne saisissent peut-être pas tous les avantages du programme d'immersion en français - de découvrir ce système avant de faire leur choix, fait valoir Della Lataille-Herdsman, responsable de la réussite et du bien-être des élèves au Conseil scolaire du district de la région de Waterloo.

Parallèlement, l'enseignement du français passerait de 8 à 16 % du programme d'études pour tous les élèves de première année.

Si ce changement est approuvé, il entrera en vigueur dès l'automne 2023.

Inquiétudes

Lors d'une réunion du conseil le 20 juin, Kathi Smith, conseillère scolaire, a déclaré que de nombreux membres du comité - notamment des élèves, des parents, des enseignants, des membres du personnel du conseil, des conseillers scolaires et des membres du public - n'étaient pas favorables aux recommandations finales.

Mme Smith, qui fait partie de ce comité d'immersion française depuis sa création en 2017, a appelé le Conseil à tenir une réunion spéciale pour consulter plus de gens sur la question.

« Je suis simplement préoccupée par le nombre de personnes qui ne sont pas favorables à ce sujet. »

— Une citation de  Kathi Smith, conseillère scolaire

Parmi elles, Mandi Bond, une mère d'élève qui pourtant a siégé au comité pendant cinq ans. Elle estime cependant qu'il n'a pas vraiment réussi à résoudre la question de l'accès équitable au programme.

Je n'essaie pas de changer le programme pour qu'il soit meilleur pour mes enfants. Je suis ici pour qu'aucune famille n'ait à vivre ce que nous avons vécu et pour imaginer un système qui réponde à la vision selon laquelle chaque enfant a accès au programme, alors que le sien a été contraint de quitter le programme d’immersion à cause de problèmes d’apprentissage.

Deux autobus scolaires arrivent dans une école.

La question du transport devrait être prise en compte dans la refonte du système d'immersion, jugent certains.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

D’autres critiques évoquent l’accessibilité au transport. L'idéal serait que tous les élèves intéressés par l'immersion française soient transportés par autobus jusqu'à une école, suggère Patricia Shaw.

Avoir un parent disponible pour conduire à l'école et en revenir n'est probablement pas une option pour beaucoup de gens, remarque-t-elle.

Les conseillers scolaires et le personnel du Conseil ont convenu, lors d’une récente réunion, qu'il y a encore du travail à faire pour rendre l'immersion française plus équitable.

Trois délégations sont inscrites pour soulever cette question à la réunion de lundi soir, dont Mmes Shaw et Bond.

« Nous devrions avoir une feuille de route pour l'équité […] Voulons-nous que chaque enfant ait accès à l'immersion française? Et si nous le voulons, à quelle année? »

— Une citation de  Patricia Shaw, membre du comité sur la révision du système d'immersion

Nous avons seulement élaboré un plan pour élaborer un plan. C'est donc là que réside ma frustration, résume-t-elle.

D'après les informations de Kate Bueckert, CBC

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