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Retourner des livres électroniques, une astuce qui coûte cher aux auteurs

Portrait de Trevor Wiltzen.

Trevor Wiltzen, un auteur, a remarqué un changement dans ses ventes de livres en ligne après qu'une tendance TikTok ait gagné en popularité.

Photo : Fournie par Trevor Wiltzen

Radio-Canada

Une faille dans la politique de retour d'Amazon coûte de l’argent à certains auteurs, après qu’elle ait été largement partagée sur les réseaux sociaux.

Une tendance TikTok attire l'attention sur la politique de retour Kindle d'Amazon. Cette tendance encourage les gens à lire et à retourner les livres électroniques dans le délai approprié afin de récupérer leur argent.

Les individus achètent des livres, les lisent et les rendent dans les deux semaines, explique l'auteur indépendant Trevor Wiltzen. Donc, ce qui se passe, c'est qu'ils traitent Amazon comme une bibliothèque.

Trevor Wiltzen est l'auteur de la série mystère Mabel Davison et s’autopublie sur Amazon. Il dit avoir remarqué récemment un changement dans ses ventes.

Au Canada et aux États-Unis, les clients disposent de sept jours pour annuler une commande de livre Kindle et obtenir un remboursement complet, que le livre ait été lu ou non. Dans d'autres pays, les clients ont jusqu'à 14 jours. La politique inclut les livres audio.

Mais cette possibilité nuit aux auteurs indépendants et autopubliés, explique Trevor Wiltzen.

« Ils pensent qu'Amazon est un grand conglomérat, mais Amazon est devenu grand de cette façon en réduisant ses risques et en transférant ce risque à l'artiste. »

— Une citation de  Trevor Wiltzen, auteur

Une audience internationale grâce à Amazon

Si un auteur choisit de s'autopublier sur Amazon, selon le format du livre, il peut obtenir entre 30 et 75 % des redevances. À chaque retour de livre, même sur des copies numériques, les auteurs perdent des redevances et des frais de livraison.

Les auteurs doivent également payer des frais de téléchargement pour Amazon. Les frais ne sont pas remboursés à l'auteur si son livre est rendu.

Initialement, Trevor Wiltzen dit qu’il a choisi Amazon pour s'autoéditer en raison de l'audience internationale de la compagnie.

« J'ai 17 000 lecteurs aussi loin que l'Inde ou les Émirats arabes unis, ou l'Europe ou l'Amérique du Sud. La portée est fantastique pour nous de diffuser nos œuvres là-bas. »

— Une citation de  Trevor Wiltzen, auteur

Tandis que l’auteur attribue à Amazon le mérite d'avoir aidé les auteurs indépendants à être publiés, il pense néanmoins que les auteurs ont besoin de plus de soutien pour continuer et publier plus de livres.

Il encourage les lecteurs à soutenir les auteurs indépendants en les promouvant par le biais de critiques ou de bouche à oreille.

Une faille dans le système

Le retour des livres n'est pas une nouvelle tendance, c'est un défi auquel les éditeurs sont confrontés depuis des années. Lorsque les libraires sont incapables de vendre des livres, ils les retournent à l'éditeur. Ce système a été introduit pendant la Grande Dépression et était un moyen de soutenir les librairies.

Je ne pense pas qu'il soit juste de lire un livre, puis de le rendre et d'espérer récupérer votre argent, car cela signifie essentiellement que les éditeurs et les auteurs ne sont pas payés pour leur travail, considère Kieran Leblanc, directeur général de la Book Publishers Association of Alberta.

Alexander Finbow, un éditeur chez Renegade Arts Canmore Ltd., assure que les retours de livres mettent en évidence une faille dans le système.

C'est un système qui peut être et est souvent abusé par les plus grands joueurs, et il peut y avoir des conséquences imprévues de certaines des décisions impliquées, explique l’éditeur. Pour lui, Amazon est un acteur majeur de l'industrie de l'édition et il peut être difficile de l’amener à modifier ses politiques.

Dans un communiqué, un porte-parole d'Amazon assure : Amazon vise à offrir la meilleure expérience possible aux clients et aux auteurs. Nous avons mis en place des politiques et des mécanismes pour empêcher que notre politique de retour de livres électroniques ne soit abusive. Nous écoutons toujours les commentaires et nous enquêtons sur toutes les préoccupations que nous recevons.

D’après les informations d’Ishita Verma et l’émission Radio Active

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