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Analyser sa drogue avant de la consommer

Une analyse de cocaïne.

L'organisme désire étendre sa présence dans les festivals de l'Outaouais pour maximiser sa prévention.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La saison des festivals bat son plein, et qu’on le veuille ou non, certains festivaliers y consomment de la drogue. Face à cette situation, un organisme de l’Outaouais leur propose d’analyser leurs substances avant de les consommer.

Le Bureau régional d'action sida (BRAS) Outaouais mise sur la prévention, et souhaite que les consommateurs soient bien au courant de ce qu’ils s’apprêtent à ingérer.

Le BRAS Outaouais a donc des employés munis d’un spectromètre, un appareil de mesure permettant de décomposer une quantité observée, ainsi que de la colorimétrie pour analyser la drogue.

Un gros plan sur de la cocaïne.

BRAS Outaouais veut surtout faire de la prévention sur les consommateurs occasionnels qui ne savent pas toujours les effets des drogues.

Photo : Radio-Canada

Le coordonnateur de consommation sécuritaire pour le BRAS Outaouais, Alexandre Albert, explique que ces festivaliers ne sont pas toujours bien informés sur la drogue qu’ils achètent. Certains peuvent même ignorer les effets attendus de la substance en question ou encore la durée desdits effets.

Selon M. Albert, il est principalement important de s'attarder aux consommateurs occasionnels, qui sont plus à risque d’une surdose, puisque leur niveau de tolérance n’est pas le même.

Ils ne savent pas nécessairement l’effet recherché de la substance. Par exemple, s’ils ont acheté de la MDMA [de l’ecstasy, NDLR]. Nos analyses peuvent permettre de constater qu’il s’agit de la MDA.

La MDA est reconnue pour être plus stimulante, plus hallucinogène et plus toxique que la MDMA, qui comporte également ses risques. Selon Santé Canada, la consommation de MDMA peut entraîner des effets mentaux et physiques à long terme.

Souvent, les gens sont surpris. Les effets de la MDMA durent de trois à cinq heures. Pour la MDA, ça peut être de huit à dix heures. [La prévention] permet d’éviter des psychoses et des surdoses, a vulgarisé Alexandre Albert.

Alexandre Albert en entrevue à Radio-Canada.

Le coordonnateur de consommation sécuritaire pour le BRAS Outaouais et sexologue, Alexandre Albert

Photo : Radio-Canada

Un départ timide auprès des festivaliers

Le BRAS Outaouais convient que, pour l’instant, cette initiative connaît un départ timide. L’organisme était présent dans le Vieux-Hull lors des festivités de la Saint-Jean-Baptiste la semaine dernière ainsi que dans un festival à Papineauville il y a quelques semaines.

Dans ces deux événements, BRAS Outaouais dit avoir été en mesure d’analyser les substances d’environ 20 personnes.

On veut être plus présent et développer de bonnes habitudes chez les gens, a fait savoir Alexandre Albert, qui a précisé que l’organisme fait également de la prévention des ITSS en plus de la consommation supervisée.

Il est également important pour lui de faire savoir aux consommateurs de drogues qu’ils peuvent communiquer avec ses collègues et lui sans la crainte d’être jugés.

C’est encore un sujet tabou. On veut que les gens se sentent bien à l’aise de nous dire : ‘’ça m’arrive de consommer, mais je veux rester en vie’’!

Avec les informations de Rosalie Sinclair

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