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Les élus américains se lancent dans une lutte de longue haleine au sujet de l’avortement

La façade de la Cour suprême des États-Unis, à Washington.

Une veillée aux chandelles était prévue dimanche soir devant la Cour suprême, tout près du Capitole.

Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite

Agence France-Presse

Des élus américains des deux côtés de la profonde fracture qui divise le pays ont entamé dimanche ce qui s'annonce comme une bataille tendue et durable au sujet de l'avortement, aussi bien au niveau des États qu'au Congrès, au moment où la moitié du pays s'apprête à interdire l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

Pour la troisième journée consécutive, des partisans du droit à l'avortement se sont mobilisés pour protester contre la décision de la Cour suprême d'annuler ce que beaucoup considéraient comme un droit acquis. Une veillée aux chandelles était prévue dimanche soir devant la Haute Cour, tout près du Capitole.

Dans un pays fragmenté entre États qui ont déjà nié ou qui vont bientôt nier le droit à l'avortement, qui était garanti depuis 1973, et ceux qui vont le maintenir, voire le renforcer, les divergences d'opinion ont parfois tourné à l'échauffourée lors de manifestations ce week-end, ce qui a provoqué des dizaines d'arrestations.

Interdiction totale au Missouri

En quelques heures vendredi, au moins huit États ont immédiatement rendu tout avortement illégal et sept autres ont prévu de faire de même au cours des prochaines semaines.

Le Missouri a été le premier État à appuyer sur la gâchette avec une interdiction totale, sans exception pour viol ou inceste.

Le gouverneur républicain de l'Arkansas, Asa Hutchinson, a dit estimer sur NBC que son État, où une mesure similaire a été adoptée, ainsi que d'autres États devraient maintenant s'atteler à prévoir des aides destinées aux mères et aux nouveau-nés en développant les services d'adoption.

Ce conservateur s'est félicité du retour aux États des décisions sur l'avortement, mais il s'est opposé à tout effort du Parti républicain pour interdire l'IVG au niveau fédéral ou pour tenter de réduire l'accès à la contraception.

« En Arkansas, le droit à la contraception est important. Il est reconnu. On n'y touchera pas. »

— Une citation de  Asa Hutchinson, gouverneur républicain de l'Arkansas

La gouverneure républicaine du Dakota du Sud, Kristi Noem, a quant à elle qualifié l'« abandon de Roe c. Wade » de merveilleuse nouvelle pour la défense de la vie, mais elle a ajouté s'attendre à beaucoup de débats et de discussions dans son État et ailleurs à propos des législations à venir.

Elle s'est déclarée favorable à des lois interdisant les avortements par télémédecine, une allusion aux pilules abortives prescrites en téléconsultation, une pratique approuvée par l'agence américaine des médicaments, la FDA.

Procédure judiciaire en Utah

De leur côté, les partisans du droit à l'avortement se sont rapidement mobilisés. L'organisation de planning familial Planned Parenthood a lancé samedi une procédure judiciaire en Utah pour tenter de bloquer la mise en œuvre automatique d'une loi qui interdirait quasiment toute IVG et qui criminaliserait les professionnels de la santé qui en pratiqueraient.

Au Wisconsin, où risque d'entrer en vigueur une loi de 1849 qui interdit l'IVG sauf pour les femmes dont la vie serait en jeu, le gouverneur démocrate Tony Evers a promis de gracier tout médecin qui serait poursuivi.

Dans l'État du Michigan, dont le Congrès est contrôlé par les républicains, la gouverneure démocrate Gretchen Whitmer a promis de se battre de toutes ses forces pour protéger les droits des femmes. Elle aussi a saisi les tribunaux pour empêcher la mise en œuvre d'une loi qui interdirait l'avortement.

Se rendre dans un État où l'IVG restera légale

Sur CNN, la candidate démocrate au poste de gouverneur de la Géorgie, Stacey Abrams, a noté que son État allait interdire dans les prochains jours tout avortement après six semaines de grossesse. C'est effroyable et c'est une erreur, et si je suis élue gouverneure, je ferai tout mon possible pour revenir là-dessus.

Dans les États où les lois seront les plus strictes, les femmes auront le choix entre garder le bébé, subir un avortement clandestin, se procurer des pilules abortives ou se rendre dans un État où l'IVG restera légale.

Pour l'élue progressiste Alexandria Ocasio-Cortez, les situations de cauchemar vont se multiplier.

« Forcer des femmes à poursuivre leur grossesse contre leur gré va les tuer, ça va les tuer. »

— Une citation de  Alexandria Ocasio-Cortez, représentante démocrate à la Chambre des représentants

Elle a suggéré que l'administration Biden ouvre des cliniques de planning familial sur des terres fédérales dans les États qui interdisent l'avortement.

Majorité contre la décision de la Cour suprême

Selon un sondage publié dimanche par CBS, une majorité d'Américains désapprouvent la décision de la Cour suprême : 59 % des personnes interrogées et 67 % des femmes s'y opposent.

En outre, 52 % des sondés ont dit juger qu'il s'agit d'un recul pour les États-Unis, tandis que 3 % ont jugé que c'était une avancée.

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