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Roe v. Wade : des Manitobaines déçues plaident pour un meilleur accès à l’avortement

Kemlin Nembhard, une femme avec des tresses, est assise à un bureau et sourit.

Kemlin Nembhard, directrice générale de la Women’s Health Clinic à Winnipeg qui offre des services de soins liés à l'avortement a hâte de voir l’impact de la décision américaine sur les cliniques qui font le même travail que la sienne.

Photo : CBC / Gary Solilak

Radio-Canada

Après l'invalidation de l’arrêt Roe v. Wade par la Cour suprême américaine, des Manitobaines font part de leur tristesse et de leur amertume tout en appelant les autorités canadiennes à améliorer l’accès à l’avortement au pays.

J'ai été incroyablement déçue qu'un pays qui semble si progressiste puisse faire un tel bond en arrière dans le temps, réagit Vanessa Whitbread, une femme de Flin Flon au Manitoba.

Il y a sept mois, la mère de deux jeunes filles s'est fait avorter, mais par peur de stigmatisation, elle n'en a parlé qu’à quelques personnes.

Une femme sourit.

Vanessa Whitbread, une femme de Flin Flon au Manitoba, déplore la stigmatisation reliée à l'avortement. Elle s'est fait avorter il y a sept mois et n'en a parlé qu'à un petit groupe de personnes.

Photo : Photo soumise par Vanessa Whitbread

Aujourd’hui, avec la décision de la Cour suprême américaine, elle ne comprend toujours pas pourquoi il y a autant de stigmatisation au sujet de l’avortement.

C'est accessible, c'est gratuit, c'est un droit de l'homme, mais c'est encore tellement stigmatisé et il y a tellement de suppositions quand quelqu'un sait que quelqu'un a eu un avortement, dit-elle.

Le jugement de la Cour suprême, à 6 contre 3, rendu public vendredi ne rend pas l’avortement illégal. Mais la décision ouvre la porte aux États américains pour restreindre ou interdire la procédure. Dans certains États dotés d'une loi de déclenchement, c'est déjà le cas.

Avec l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade, Mme Whitebread explique que l’idée n'est pas de normaliser l’avortement, mais elle souhaite plutôt que les gens réalisent que ce n'est pas un énorme, profond et sombre secret.

La directrice générale de la Women’s Health Clinic à Winnipeg, Kemlin Nembhard indique que même si une ébauche de la décision avait circulé il y a quelques semaines, elle était encore optimiste sur le fait que l’arrêt ne serait pas invalidé.

Cela repousse 50 ans de progrès en matière d'égalité des droits, confie-t-elle à CBC.

La clinique de Winnipeg fournit actuellement des soins d'avortement aux personnes du Manitoba, mais aussi à celles qui viennent de l'extérieur de la province et des États-Unis.

Mme Nembhard a hâte de voir l’impact de la décision américaine sur les cliniques qui font le même travail que la sienne.

D’ailleurs, elle appelle à ne pas relâcher la pression au Canada en ce qui concerne les soins liés à l’avortement.

Les gens doivent se lever et exprimer à leurs représentants gouvernementaux que c'est vraiment important, que nous devrions nous assurer d'augmenter l'accès dans notre pays, plaide-t-elle.

Au Manitoba par exemple, les difficultés d’accès aux soins liés à l’avortement dans les zones rurales restent problématiques.

Vanessa Whitbread indique qu’il lui a fallu deux semaines pour obtenir une ordonnance pour son traitement.

Elle souhaite que les Canadiennes aient un accès facile aux soins quel que soit leur lieu de résidence.

C'est un service de santé qui est offert au Canada et personne ne devrait avoir honte ou se sentir mal d'y avoir accès, dit-elle. 

Avec les informations d'Alana Cole

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