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Lutte contre l’inflation : « C’est normal d’être en colère contre moi », dit Freeland

Chrystia Freeland.

Chrystia Freeland, ministre fédérale des Finances.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Radio-Canada

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, affirme qu'elle doit trouver un équilibre entre l'aide aux Canadiens qui souffrent des effets de l'inflation et la poursuite d'une politique de restrictions budgétaires, au risque d'aggraver le problème du coût de la vie.

Dans une entrevue diffusée dimanche à l'émission Rosemary Barton Live de CBC, Mme Freeland, qui occupe également le poste de vice-première ministre, a déclaré être ouverte à d'autres mesures pour aider les Canadiens devant la hausse du coût de la vie, mais elle a aussi dit croire que les mesures en vigueur – qui totalisent une valeur de 8,9 milliards de dollars – contribuent déjà à atténuer les impacts sur les Canadiens.

Elle parle notamment de l'augmentation des prestations pour les travailleurs à faible revenu, de l'augmentation d'autres prestations indexées sur l'inflation et de la mise en œuvre des programmes gouvernementaux de garde d'enfants et de soins dentaires. L'argent de ces programmes est, selon la ministre, déjà en route vers les Canadiens.

Mais Mme Freeland a dit devoir aussi prendre en considération le fait que la Banque du Canada tente d'encourager les Canadiens à dépenser moins, afin de faire baisser l'inflation.

« Je dois trouver un équilibre. D'une part, il faut aider les Canadiens qui ont des problèmes d'accessibilité financière et, d'autre part, il faut des restrictions budgétaires, car je ne veux pas rendre le travail de la Banque du Canada plus difficile qu'il ne l'est déjà. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Finances

La Banque du Canada a pour mandat de maintenir la cible d'inflation du Canada, qui est de 2 % (ou dans une fourchette de 1 % à 3 %) par an. Mme Freeland a déclaré que c'était la responsabilité de la Banque de s'occuper de l'inflation et qu'elle respectait son indépendance.

« C'est normal d'être en colère »

La ministre des Finances a reconnu la frustration ressentie par de nombreux Canadiens face à la hausse des prix, en particulier pour les principaux produits de consommation courante. Elle a déclaré que des amis lui ont envoyé des photos des prix à la pompe et qu'elle est consciente que les produits d'épicerie sont plus chers.

Et pour beaucoup de Canadiens, c'est une véritable épreuve. Je le comprends vraiment, a-t-elle déclaré.

Interrogée sur le malaise général que de nombreux Canadiens ressentent face à l'économie, Mme Freeland a adopté un ton similaire.

« C'est normal d'être en colère contre moi. Je comprends vraiment que c'est une période économique incroyablement difficile. C'est vraiment, vraiment difficile pour beaucoup de gens. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Finances

L'opposition à l'attaque

En réponse au discours de Mme Freeland, les députés conservateurs Dan Albas et Gérard Deltell ont publié une déclaration critiquant ce qu'ils appellent la stratégie tax-and-spend du gouvernement.

Cette approche économique défectueuse gruge les revenus des travailleurs canadiens et ignore le principe le plus fondamental de l'économie : dépenser pendant une crise inflationniste ne fera qu'alimenter davantage l'inflation. Pourtant, les libéraux continuent sur cette voie avec un abandon insouciant, infligeant encore plus de douleur inflationniste aux Canadiens.

Le NPD, qui a soutenu que les entreprises profitent de l'inflation pour augmenter leurs profits, affirme que le gouvernement devrait imposer une taxe sur les profits excédentaires aux sociétés pétrolières et gazières et redonner de l'argent aux Canadiens par le biais du crédit pour la TPS/TVH et de la prestation pour enfants.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a qualifié l'approche de Mme Freeland d'absolument insultante.

Un atterrissage en douceur toujours possible

Mme Freeland a rencontré plus tôt cette semaine la secrétaire au Trésor des États-Unis, Janet Yellen, qui a récemment déclaré qu'une récession aux États-Unis n'était pas inévitable, bien que l'inflation soit inacceptable.

Le Canada a encore la possibilité d'un atterrissage en douceur, a déclaré Mme Freeland, où le pays pourrait se stabiliser économiquement après l'énorme choc de la pandémie de COVID-19, sans la grave récession redoutée par beaucoup.

Mme Freeland a maintenu un ton optimiste quant à la capacité du Canada à surmonter l'incertitude économique mondiale, surtout si on le compare aux autres pays du G7.

Le défi n'est pas encore relevé, mais je crois sincèrement que nous allons nous en sortir ensemble, a-t-elle déclaré.

Avec les informations de Christian Paas-Lang (Nouvelle fenêtre) de CBC

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