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Après la levée des restrictions sanitaires, la criminalité augmente à Winnipeg

Les gyrophares d'une voiture de police.

La criminalité a augmenté dans la capitale manitobaine de près de 40 % au mois de mars 2022 par rapport aux 5 dernières années, selon des données du Service de police de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Gian-Paolo Mendoza

Radio-Canada

La criminalité sous diverses formes a augmenté à Winnipeg avec la levée progressive des restrictions sanitaires en début d’année, et les experts craignent le pire lorsque la vie va redevenir entièrement normale.

Au mois de mars 2022, le seul mois pour lequel des données ont été divulguées, le Service de police de Winnipeg a enregistré une hausse de 39,2 % des crimes contre la propriété et de 37,9 % des crimes violents par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Le professeur de criminologie à l’Université de Winnipeg Michael Weinrath explique que plusieurs facteurs pourraient contribuer à cette hausse dont la levée des restrictions liées à la pandémie.

Nous avons plus de gens qui sont dehors et en liberté, ce qui signifie plus d'interactions potentielles qui pourraient devenir négatives, souligne M. Weinrath. Nous avons plus de personnes qui deviennent des cibles maintenant parce qu'elles ne restent pas à la maison, ajoute-t-il.

Selon la professeure de justice pénale à l’Université de Winnipeg, Kelly Gorkoff, la criminalité était déjà en hausse avant la pandémie, mais il y a juste eu une accalmie au cours des deux dernières années.

Je ne pense pas qu'ils [les crimes] augmentent plus qu'avant, explique-t-elle. Je pense qu'ils [les crimes] rejoignent les niveaux pré-pandémiques, fait-elle remarquer.

M. Gorkoff évoque la croissance des agressions, des vols et des menaces qui sont la conséquence, selon elle, de l’assouplissement des mesures sanitaires.   

Il faut que vous ayez des contacts entre vous pour que ces crimes augmentent, dit-elle.

La police est vigilante

Les autorités policières de la capitale manitobaine affirment être en état d’alerte pour surveiller les tendances à venir et voir dans quelle mesure l’action de la pandémie est déterminante dans le phénomène.

Le porte-parole de la police de Winnipeg, Jay Murray a expliqué à CBC qu’en 2018 et 2019, il y avait eu une grosse augmentation de la criminalité avec l’invasion des drogues comme les opioïdes et les méthamphétamines, mais la pandémie a entraîné une interruption des activités des adeptes de ces drogues.

« Je pense qu'au cours de l'année, nous devrions avoir une meilleure idée si certaines de ces tendances sont temporaires ou si elles sont là pour rester. »

— Une citation de  Jay Murray, porte-parole police de Winnipeg

D’ailleurs en se basant sur les tendances pré-pandémiques, les criminologues de l'Université du Manitoba s'attendent à ce que les taux de criminalité augmentent au cours de l’été. 

La criminalité connaît des pics pendant les mois d'été. C'est un vieux truisme criminologique [qui] a commencé avec l'école de cartographie en France il y a plus de 100 ans, souligne Michael Weinrath. 

S’attaquer à la racine du problème

Le travailleur de sécurité communautaire et cofondateur de SABE Peace Walkers, une équipe de désescalade, Daniel Hidalgo est souvent en contact avec plusieurs auteurs de crimes. Selon lui, il faut s'attaquer à la racine du problème et pas seulement à ses manifestations.

Plusieurs personnes qui se retrouvent dans ces scénarios d'infraction à la loi et de délits sont, malheureusement, victimes de dépendances et elles essaient de trouver des moyens de soulager leur maladie de dépendance, mentionne-t-il.

D'ailleurs de nombreux experts affirment que le public et les politiciens commettraient une erreur en répondant à ces tendances par une intensification du maintien de l'ordre.

Michael Weinrath explique qu’il y a des problèmes chroniques à Winnipeg qui contribuent à notre taux élevé de crimes violents.

Selon la criminologue Kelly Gorkoff, la toxicomanie, un facteur de criminalité bien avant la pandémie, est un problème que le gouvernement continue d'ignorer. 

Je pense que nous continuons à dépenser plus d'argent pour le maintien de l'ordre, et nous n'avons pas besoin de le faire si les crimes continuent à augmenter. Cela signifie vraiment que le maintien de l'ordre n'est pas une solution à la criminalité, affirme-t-elle.

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