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Le G7 en quête d’équilibre sur l’Ukraine

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron, le président américain Joe Biden et le premier ministre canadien Justin Trudeau devant les montagnes bavaroises.

Les dirigeants des pays du G7 se réunissent en Allemagne en fin de semaine.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Radio-Canada

Réunis pour un sommet dans le sud de l’Allemagne, les leaders du G7 cherchent à intensifier la pression sur la Russie quatre mois après le début de son invasion en Ukraine, tout en ménageant leurs propres intérêts.

Le président du Conseil européen Charles Michel a résumé ainsi l’objectif commun des membres du G7 : Couper les vivres à la machine de guerre russe tout en protégeant nos économies et celles de nos partenaires.

C’est dans cette optique que le groupe a confirmé l’imposition d’un embargo sur les importations d’or nouvellement extrait en Russie. L’annonce sera officialisée mardi à l’issue du sommet.

L’objectif est d’isoler la Russie du système financier international et d’éviter de financer l’effort de guerre russe en payant à Moscou des milliards en importations de ressources.

De gauche à droite : Britta Ernst, Joe Biden et Olaf Scholz.

Le président Joe Biden aux côtés du chancelier allemand et hôte du sommet du G7, Olaf Scholz, et de son épouse Britta Ernst.

Photo : Reuters / Lukas Barth

Ensemble, nous, les membres du G7, allons annoncer que nous allons interdire l’or russe, une source d’exportation majeure, ce qui privera la Russie de milliards de dollars , a tweeté le président américain Joe Biden.

Ces mesures frapperont directement les oligarques russes et s’attaqueront au cœur de la machine de guerre de Poutine, a déclaré le premier ministre britannique Boris Johnson dans un communiqué.

La Russie est un important pays producteur d’or dont les exportations ont représenté près de 15 milliards d’euros (environ 20,4 milliards de dollars canadiens) en 2021, soit 5 % du marché mondial, selon Londres et Washington.

Quatre-vingt-dix pour cent de ces exportations sont dirigées vers des pays du G7, et en très grande partie vers le Royaume-Uni.

Le gouvernement britannique insiste sur le fait que la mesure aura un impact énorme sur la capacité de Poutine de lever des fonds.

Cela va frapper en particulier les élites russes qui ont pu acheter de l’or pour tenter de contourner les sanctions occidentales, a-t-il ajouté.

Le métal précieux est au deuxième rang des exportations de la Russie, après l’énergie.

Financer les combustibles fossiles

Certains dirigeants du G7 font pression pour que soit reconnu le besoin de nouveaux financements pour investir dans les énergies fossiles, malgré les engagements pris lors de la COP26 de suspendre le financement de projets internationaux de combustibles fossiles d’ici la fin de 2022.

[Il est] possible qu'il y ait une formule dans la déclaration selon laquelle les investissements dans les énergies fossiles devraient être possibles pendant un certain temps, a déclaré un diplomate européen.

Une source a affirmé que le chancelier allemand Olaf Scholz – le président du G7 – avait mis la question des nouvelles infrastructures à l'ordre du jour des dirigeants, et que des discussions étaient en cours sur l'opportunité de l'inclure dans la déclaration finale du sommet. Or, un porte-parole du gouvernement allemand a refusé de commenter.

Il s'agit de savoir comment réaliser la transition climatique malgré l'utilisation du gaz comme forme d'énergie de transition, et comment nous assurer que cela ne sert pas d'excuse pour assouplir les objectifs climatiques, avait dit samedi un responsable du gouvernement allemand.

Un dossier qui divise

L’approvisionnement du continent européen en énergie est d'ailleurs l’un des enjeux clés de ce sommet du G7.

Alors que l’Ukraine réitère sa demande d’embargo sur le gaz et le pétrole russes, cette question divise les alliés occidentaux, car leurs besoins et leurs intérêts ne concordent pas parfaitement.

Si Washington, Ottawa et Londres ont déjà interdit les importations de pétrole russe, les pays européens se montrent plus réfractaires.

C’est le cas de l’Allemagne, qui dépend toujours à 35 % des importations de gaz russe pour sa consommation.

La semaine dernière, le géant de l’énergie russe, Gazprom, a réduit de 60 % ses exportations de gaz par l’oléoduc Nord Stream 1, duquel l’Allemagne est très dépendante.

Berlin craint que la Russie n’en vienne à couper totalement cette voie d'approvisionnement. Le gouvernement a même mis en garde contre une pénurie de gaz, l’hiver prochain.

Les tuyaux des installations d'un gazoduc

Le ministre allemand de l'Économie, Robert Habeck, a exhorté la population à faire des économies d'énergie devant la réduction des exportations russes.

Photo : Reuters / HANNIBAL HANSCHKE

Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne ont également dit s’attendre à un hiver difficile, vendredi.

Réunis à Bruxelles, ils se sont engagés à réduire leur dépendance à l’énergie russe.

Mais à court terme, les pays d’Europe appellent à une coordination plus étroite des achats de gaz et de pétrole en provenance de la Russie.

Cela permettrait d’éviter une surenchère entre les différents pays européens en plus de limiter les redevances énergétiques qui financent l’effort de guerre du Kremlin.

Les moyens de plafonner le prix du pétrole russe font d’ailleurs l’objet de discussions constructives au G7, selon un responsable allemand.

L’unité sur cette question, et plus généralement sur la manière d’aider l’Ukraine et de sanctionner la Russie, pourrait définir cette rencontre du G7.

Elle a en tout cas été reconnue comme cruciale par le président américain, Joe Biden.

Nous devons rester unis. Poutine compte depuis le début sur le fait que, d'une manière ou d'une autre, l'OTAN et le G7 se diviseraient. Mais nous ne l'avons pas fait et nous ne le ferons pas.

Notre dossier Guerre en Ukraine
Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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