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Un juge suspend les accusations de leurre d’enfant contre un homme piégé par la police

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité

L'homme a d'abord interagi avec le policier se faisant passer pour « Katie », une jeune de 21 ans, sur un site de rencontres avant la poursuite des échanges par texto.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un homme accusé de leurre d’enfant a obtenu un arrêt des procédures, après qu'un juge du Manitoba a convenu que la police l'avait piégé. 

L'homme faisait face à des accusations en lien avec une enquête de la police de Winnipeg menée en 2019. Baptisée Project Hook 2.0, l'enquête visait les personnes attirant des enfants à des fins sexuelles. 

En dehors des accusations de leurre, il lui était reproché d'avoir mis du matériel sexuellement explicite à la disposition d'un enfant.

En septembre 2021, il a été reconnu coupable à l'issue d'un procès, mais il a ensuite demandé un arrêt des procédures judiciaires, arguant que la police avait commis un abus de procédure. 

Les faits

Les accusations étaient liées aux interactions de l'homme avec une personne rencontrée sur le site de rencontres Plenty of Fish, qu'il croyait s'appeler Katie. Sans le savoir, il s'agissait en fait d'un agent de police de Winnipeg. 

Le profil de Katie indiquait qu'il s'agit d'une personne 21 ans et ne contenait rien de sexualisé. Seule une photo de chatons y apparaissait, selon les documents judiciaires. 

L'homme a entamé une conversation en ligne avec le policier surnommé Katie en mars 2019. Après une brève discussion par le biais du site de rencontres, l'agent de police lui a demandé s'il voulait poursuivre la conversation par texto, ce que l'homme a accepté. 

Par texto, Katie a dit à son interlocuteur qu'elle avait en réalité 14 ans. 

L'homme n'a pas mis fin à la conversation pour autant, mais il lui a dit qu'ils ne pouvaient pas avoir de relations sexuelles et qu'elle ne pouvait pas lui envoyer de photos de nudité.

Selon une copie de la conversation incluse dans les documents judiciaires, il lui a envoyé le message suivant : Seules les photos sexy en sous-vêtements sont acceptables si jamais tu deviens frivole. 

La décision du juge

Dans sa décision rendue le 23 juin, le juge Harris a conclu que l'homme avait en fait tenté de sortir d’une conversation de nature sexuelle après avoir découvert que son interlocutrice était mineure.

Il a aussi rappelé que c'est le policier, se faisant passer pour Katie, qui a suggéré de passer aux textos. L’agent de police explique l'avoir fait parce que le profil pouvait être fermé si l'on pensait qu'il s’agissait d’une personne mineure, car Plenty of Fish est réservé aux personnes de 18 ans et plus.

Le juge Harris a déclaré qu'il pensait qu’en changeant de plateforme de discussion, l'agent de police voulait révéler l'âge précis de Katie afin de pousser l'homme à commettre un crime. 

Si ce n'était pas son intention, il n'y aurait eu aucune raison de quitter Plenty of Fish, écrit Harris. 

Sur la base de ces conclusions, le juge a convenu que l'homme avait été piégé et a ordonné un arrêt des procédures.

Avec les informations de Sarah Petz

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