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Colère et manifestations des militants en faveur du droit à l’avortement aux États-Unis

Une manifestante crie devant la Cour suprême des États-Unis.

Une manifestante crie devant la Cour suprême des États-Unis, à Washington, au lendemain de la décision de la Cour suprême qui a invalidé le droit à l'avortement.

Photo : Getty Images / ROBERTO SCHMIDT

Agence France-Presse

Après le choc, les partisans du droit à l'avortement se mobilisaient samedi aux États-Unis pour une deuxième journée de manifestations contre la décision de la Cour suprême de pulvériser ce que beaucoup pensaient être un acquis.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées en milieu de journée devant la Cour suprême, à Washington, et des protestations sont prévues dans tout le pays, notamment dans les États qui ont profité de l'arrêt de la plus haute cour pour bannir immédiatement les interruptions de grossesse sur leur sol.

Alors que les cliniques du Missouri, du Dakota du Sud ou de la Géorgie fermaient leurs portes les unes après les autres, des États démocrates, comme la Californie ou New York, se sont engagés à défendre l'accès aux interruptions volontaires de grossesse (IVG) sur leur sol.

Manifestation devant la Cour suprême des États-Unis à Washington.

Des manifestants pour le droit à l'avortement crient leur colère devant la Cour suprême des États-Unis, à Washington.

Photo : Getty Images / ROBERTO SCHMIDT

Cette révolution a été déclenchée par la décision de la Cour suprême de révoquer son arrêt emblématique Roe v. Wade qui, depuis 1973, garantissait le droit des Américaines à avorter, la majorité de ses juges l'estimant aujourd'hui totalement infondé.

Le président Joe Biden, qui a aussitôt dénoncé une erreur tragique, a dit samedi, avant de s'envoler pour l'Europe, savoir à quel point cette décision est douloureuse et dévastatrice pour beaucoup d'Américains.

Vendredi, le président avait appelé les Américains à défendre le droit à l'avortement lors des élections de mi-mandat en novembre prochain.

Dans le Missouri, où l'avortement a immédiatement été interdit, y compris en cas de viol ou d'inceste, les manifestants se sont rassemblés à Saint-Louis, devant la dernière clinique d'avortement de l'État.

Avant Roe c. Wade, les femmes mouraient pendant un avortement, a rappelé Pamela Lukehart, une manifestante de 68 ans. Nous avons essayé de protéger les droits des femmes, les vies des femmes, et maintenant, on nous les retire.

D'autres droits menacés

Les défenseurs du droit à l'avortement craignent aussi que la Cour suprême, forte d'une nette majorité conservatrice, ne revienne sur d'autres droits comme le mariage pour tous ou la contraception.

Cette perspective nous inquiète et nous allons avoir des situations cauchemardesques, a reconnu samedi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre, à bord d'Air Force One. C'est un moment effrayant.

Parmi les nombreuses manifestations vendredi, deux ont été marquées par des violences. À Cedar Rapids, dans l'Iowa, une camionnette a foncé dans un groupe de manifestants et a blessé une femme, selon les médias locaux.

Et en Arizona, la police a reconnu avoir usé de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui frappaient de façon répétée les vitres du Sénat de l'État.

À Los Angeles, une manifestation a été dispersée de façon musclée par des policiers équipés de matraques.

Selon l'institut Guttmacher, un centre de recherche qui milite pour l'accès à la contraception et à l'avortement dans le monde, la moitié des États devraient interdire les avortements à plus ou moins court terme.

En quelques heures vendredi, au moins huit États ont immédiatement rendu tout avortement illégal.

Sept autres ont prévu de faire de même au cours des prochaines semaines, mais dans les faits, les cliniques y ont déjà cessé d'effectuer des IVG, comme au Texas, où les femmes qui souhaitent une IVG devront désormais faire des centaines de kilomètres pour se rendre à la clinique la plus proche, au Nouveau-Mexique.

Dans une partie du pays, les femmes qui désirent avorter seront obligées de poursuivre leur grossesse, de se débrouiller clandestinement, notamment en se procurant des pilules abortives sur Internet, ou de voyager dans d'autres États où les IVG resteront légales.

Anticipant un afflux, ces États, le plus souvent démocrates, ont pris des mesures pour faciliter l'accès à l'avortement sur leur sol et les cliniques ont commencé à mobiliser leurs ressources en personnel et en équipement.

Cependant, voyager est coûteux, et la décision de la Cour suprême pénalisera davantage les femmes pauvres ou qui élèvent seules des enfants, surreprésentées dans les minorités noires et hispaniques, soulignent les défenseurs du droit à l'avortement.

L'arrêt couronne 50 ans d'une lutte méthodique menée par la droite religieuse, pour laquelle il représente une énorme victoire mais pas la fin de la bataille : le mouvement devrait continuer à se mobiliser pour faire basculer un maximum d'États dans son camp ou pour essayer d'obtenir une interdiction à l'échelon fédéral.

Il s'inscrit aussi au bilan de l'ancien président Donald Trump qui, au cours de son mandat, a profondément remanié la Cour suprême en y faisant entrer trois magistrats conservateurs signataires de cet arrêt.

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