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Des réformes nécessaires pour prévenir des pressions politiques sur la GRC

Justin Trudeau et le ministre Bill Blair nient avoir exercé des pressions sur la commissaire de la GRC.

Justin Trudeau en complet et Brenda Lucki en uniforme de la GRC marchent côte à côte en direction du photographe. Des drapeaux du Canada se trouvent derrière eux, au fond de la pièce.

Le premier ministre Justin Trudeau et la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Brenda Lucki, le 9 mars 2018 à Regina, en Saskatchewan.

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Radio-Canada

Selon deux criminologues, le fait qu'on se demande si la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a fait l'objet de pressions politiques après la tuerie d’avril 2020 en Nouvelle-Écosse démontre la nécessité de réformer la police fédérale.

Un comité parlementaire a convoqué Brenda Lucki, l'ancien ministre de la Sécurité publique Bill Blair et d'autres membres de la GRC à venir témoigner au sujet de ce qui s'est produit le 28 avril 2020.

Au cours d'une conversation téléphonique, la commissaire Lucki aurait promis à des responsables fédéraux de donner des renseignements sur les types d'armes utilisés par le tireur lors de la tuerie.

Selon des notes manuscrites du surintendant Darren Campbell, alors responsable de l'enquête sur la tuerie qui a coûté la vie à 22 personnes, la commissaire Lucki aurait dit que ces renseignements étaient liés à un projet de loi sur le contrôle des armes à feu que voulait présenter le gouvernement fédéral.

M. Campbell a choisi de ne rien dire sur les armes, arguant qu'une telle annonce pourrait mettre en danger l'enquête en cours.

La commissaire Lucki nie s'être ingérée dans l'enquête sur la tuerie.

De leur côté, le premier ministre Justin Trudeau et l'ancien ministre de la Sécurité publique Bill Blair ont tous deux nié avoir exercé des pressions sur elle.

Un homme en uniforme de policier montre un écran sur lequel apparaissent une carte routière et des indications de trajet parcouru.
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Le surintendant Darren Campbell, de la GRC, explique le parcours du tueur en Nouvelle-Écosse lors d'une conférence de presse le 24 avril 2020 à Dartmouth.

Photo : La Presse canadienne / Riley Smith

Le professeur Darryl Davies, de l'Université Carleton, soutient que ce problème n'existerait pas si la commissaire de la GRC dépendait du Parlement et non du ministre de la Sécurité publique.

Ainsi, il serait très clair que la GRC est une organisation autonome et indépendante, et ses décisions seraient libres de toute influence politique, dit-il.

La GRC aurait un rôle ambigu

Un autre criminologue ne croit pas que le fait de placer la commissaire sous la responsabilité du Parlement soit l'unique solution.

Le professeur Rob Gordon, de l'Université Simon Fraser, concède que la GRC a plutôt besoin d'un contrôle civil et non politique.

Toutefois, pour que cette solution soit efficace, il faudra examiner en premier lieu le mandat de la Gendarmerie royale du Canada.

Elle essaie de régler trop de choses pour trop de personnes, souligne-t-il en expliquant que les polices nationales aux États-Unis et au Royaume-Uni n'ont pas à s'occuper des zones rurales et isolées.

En uniforme, Brenda Lucki descend les marches de l'édifice du Parlement.
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Brenda Lucki, commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, quitte la colline du Parlement à Ottawa après une conférence de presse le 20 avril 2020, au lendemain du dénouement d'une tuerie qui a fait 22 morts en Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Rob Gordon fait valoir que de nombreuses études ont démontré au fil des ans la nécessité d'un meilleur contrôle civil de la GRC, mais les gouvernements manquent de volonté politique pour l'établir.

Nous sommes malheureusement pris avec ce symbole canadien que personne ne veut briser, déplore-t-il.

Bill Blair accusé de raconter des balivernes

L'opposition a demandé plusieurs fois jeudi au ministre de la Protection civile, Bill Blair, s'il croyait la version de Darren Campbell, le surintendant de la GRC.

Je n'ai jamais critiqué un membre actif de la GRC et je ne commencerai pas, a répondu le ministre Blair, qui a été chef de la police de Toronto de 2005 à 2015.

Je n'ai pas participé aux discussions qui ont eu lieu entre la commissaire et ses subordonnés. Nous n'avons fait aucun commentaire sur cette discussion, mais je répète qu'il n'y a eu aucune ingérence dans cette affaire, a continué le ministre.

Bill Blair, assis, se tourne vers Brenda Lucki, assise à côté de lui, et lui adresse la parole.

La commissaire de la GRC, Brenda Lucki (à gauche), et le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair (à droite), devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale le 27 février 2020 à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le professeur Rob Gordon estime que le ministre ne raconte que des balivernes irresponsables et décevantes.

Quant au professeur Darryl Davies, il croit que le gouvernement préfère défendre la GRC plutôt que d'imposer des réformes.

Cette institution est en crise. Elle est dysfonctionnelle depuis plusieurs années, affirme-t-il.

Le comité parlementaire va reprendre ses travaux mardi.

Avec les informations de La Presse canadienne

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