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Le fleuve Saint-Laurent, un lieu historique de premier plan

Le fleuve Saint-Laurent.

Le fleuve Saint-Laurent a notamment servi au peuplement de la Côte-Nord (archives).

Photo : Radio-Canada / Catherine Charest

Il y a cinq ans, en juin 2017, le gouvernement du Québec a décerné le titre de lieu historique au fleuve Saint-Laurent en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Le fleuve, qui prend sa source dans les Grands Lacs avant de se déverser 1197 kilomètres plus loin dans l'océan Atlantique, est ainsi devenu le premier lieu désigné tel grâce à cette loi adoptée en 2012.

Derrière ce long fleuve se cachent de nombreuses histoires et légendes. Et l’historien Guy Côté est d'avis que trop peu de Québécois connaissent vraiment le fleuve. Ça reste un endroit méconnu. Le Saint-Laurent est un fleuve; ensuite, il devient estuaire et il devient golfe. On est étroitement liés au Saint-Laurent. Il joue un rôle important dans nos vies et pour notre économie, raconte l’historien.

Un fleuve de plus de 10 000 ans

Bien avant l’arrivée des Européens, le territoire était occupé par les peuples autochtones. Le fleuve leur servait notamment à pratiquer la pêche et à se déplacer. On a appris des peuples autochtones toute une série de pratiques, entre autres en ce qui concerne la façon de pêcher de nombreuses espèces marines. Il y a des techniques qui nous ont été transférées grâce à eux, précise Guy Côté.

L'historien Guy Côté nous fait découvrir les saveurs nord-côtières.

L'historien Guy Côté (archives)

Photo : Radio-Canada / Audrey Beauchemin

Le fleuve, qui traverse le territoire du sud-ouest au nord-est, a longtemps été le seul moyen de se déplacer rapidement. Il a aussi servi au peuplement de la Côte-Nord. Quand Jacques Cartier a baptisé, le 11 août 1535, une baie à l’est de Havre-Saint-Pierre, la baie Saint-Laurent, il ne s’attendait pas à l’importance que le mot "Saint-Laurent" aurait. Alors, on a profité des nombreux voyages et refuges dans cette baie pour s’installer ici et là le long du fleuve, explique-t-il.

La navigation, une activité cruciale

Le transport maritime sur le fleuve demeure important pour la Côte-Nord. L’historien rappelle qu'il s’agit d’un moyen de relier l’île d’Anticosti et les villages de la basse côte. En dehors de la route blanche l’hiver, c’est le Saint-Laurent qui nous offre cette voie d’entrée, qui nous permet de circuler aisément, indique-t-il.

Le navire New Explorer, qui mouille à Sept-Îles.

De nombreux navires sillonnent les eaux du Saint-Laurent chaque année (archives).

Photo : Radio-Canada / Nicolas Fage

Ce grand cours d’eau qu’est le Saint-Laurent permet d'ailleurs la découverte de nos territoires au reste du monde grâce aux nombreux navires de croisière qui sillonnent les eaux du fleuve chaque année.

Quel avenir pour le fleuve?

En mai dernier, Alexandre Boulerice, chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD) et porte-parole adjoint en matière d'environnement, a déposé à la Chambre des communes un projet de loi nommé Solution Saint-Laurent qui vise à conférer un statut juridique au fleuve et à ses bassins versants.

Concrètement, ça consiste à créer un comité de surveillance. Ces gens-là auraient la responsabilité d’être les gardiens du fleuve. Il serait formé de 11 membres, des gens des gouvernements provinciaux de l’Ontario et du Québec, des représentants d'organismes à but non lucratif, des groupes environnementaux et des représentants des peuples autochtones de l’Ontario et du Québec, précise-t-il.

Alexandre Boulerice en conférence de presse.

À l'occasion du dialogue sous le thème « En harmonie avec la nature », le néo-démocrate Alexandre Boulerice s’est rendu à New York pour faire part de son projet de loi à l’ONU (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Il y a déjà des projets comme ça en Colombie et au Panama. L’Espagne et la Suisse font aussi des démarches, donc nous aussi on essaye de s'inscrire dans ce mouvement international. »

— Une citation de  Alexandre Boulerice, chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD) et porte-parole adjoint en environnement

Deux des responsabilités de ce comité consisteraient à sensibiliser les gens à la protection du fleuve et à surveiller les projets de développement. Ça permettrait de respecter le droit du fleuve de couler, de continuer à abriter une diversité de faune et de flore et de les protéger elles aussi, ajoute M. Boulerice.

Il s’agirait d’une première en Amérique du Nord.

Mme Lessard-Therrien en point de presse.

À l'heure actuelle, le projet de loi n'a pas franchi de nouvelles étapes.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Pour sa part, Québec solidaire a lui aussi soumis un projet similaire en mai dernier. C'est une démarche qui a débuté il y a plusieurs mois avec l’Alliance Saint-Laurent et l’Observatoire international des droits de la nature. L’objectif est de protéger le joyau qu’est le fleuve Saint-Laurent, a souligné Émilise Lessard-Therrien, députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue et porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'environnement et de lutte contre les changements climatiques, en entrevue à l'émission Boréale 138.

Elle a indiqué qu’il est primordial d’agir maintenant pour la protection du fleuve. Le Saint-Laurent est menacé notamment par le déversement d'eaux usées, par le rejet de contaminants et par la surpêche, a énuméré la députée.

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