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« Le doute fait avancer » : Angèle sur la pression de performer après Brol

Angèle, chantant au micro dans une lumière blanche, avec une chemise noire.

Angèle, propulsée au sommet des palmarès avec «Brol», ressent maintenant la pression de défendre son titre avec «Nonante-cinq», paru en décembre.

Photo : AFP / BERTRAND GUAY

Agence France-Presse

« Il y a plus de doute qu'avant », mais « le doute fait avancer » : Angèle, princesse belge de pop, admet « la pression » d'un deuxième album qu'elle défend actuellement sur scène, portée par l'« euphorie » des festivals.

Après le succès de son premier opus, Brol (1,5 million d'exemplaires vendus), on pouvait penser que la chanteuse se voyait à 26 ans comme établie. Mais la pochette de son second disque, Nonante-cinq (95, son année de naissance), où elle est dans le wagon de montagnes russes, livre déjà un indice sur un vécu plus complexe.

Il y a plus de doute qu'avant, confie-t-elle à l'AFP. À ses débuts, elle fonçait un peu tête baissée, quoi qu'il arrive.

« Mon retour avec Nonante-cinq a été vu comme celui d'une grande artiste confirmée : c'est très flatteur, mais très flippant. »

— Une citation de  Angèle
La pochette de l'album "Nonante-cinq", de la chanteuse belge Angèle.

La pochette de l'album «Nonante-cinq», qui est sorti en décembre.

Photo : Universal Music

Comme si je n'avais pas le droit à l'erreur, alors qu'en fait c'est seulement mon deuxième album, ma deuxième tournée, poursuit-elle.

Le premier album a placé la barre super haut, les ventes, c'était indécent. Mais je n'avais pas forcément la recette, des choses m'ont échappé, ajoute l'artiste, dont la mère est comédienne (Laurence Bibot), le père chanteur (Marka) et le frère rappeur (Roméo Elvis).

Le doute est donc toujours là, bien installé. Mais elle travaille autour de la confiance, de la légitimité, à essayer de comprendre pourquoi le doute a sa place.

Le doute fait avancer, souffle-t-elle.

Vivre avec les réseaux sociaux

Elle remet aussi en question la place trop importante des réseaux sociaux dans sa vie. L'artiste est y née, mettant en ligne des reprises de chansons au tout début de sa carrière.

Sa notoriété s'est nourrie d'une exposition exponentielle. Mais l'autrice-compositrice en paie maintenant le prix, adulée ou détestée par vagues dans ce vortex de plus en plus puissant.

« J'ai appris à me protéger, avant je n'avais aucune conscience de ce que je montrais, notamment pour ma vie privée. Maintenant, j'ai mis des limites, mais je n'ai pas encore la force mentale de m'en extirper. »

— Une citation de  Angèle

Elle se décrit comme addict : Parfois, ce n'est pas moi qui commande, c'est mon corps qui prend le téléphone. Je dois m'astreindre à une discipline face à ça.

Avec les réseaux sociaux, l'engouement positif ou négatif prend le pas sur la réalité, ajoute-t-elle.

Angèle a pu en parler avec la mégavedette britannique Dua Lipa, à l'occasion de leur duo Fever.

Ayant le même âge, étant deux femmes repérées assez jeunes grâce aux réseaux, très adorées et très critiquées, à des échelles différentes, ça me rassure qu'une artiste comme elle soit face aux mêmes craintes que moi.

Profiter de la saison des festivals

Même si Nonante-cinq est plus introspectif et mélancolique que Brol, plus festif, le lien avec le public est toujours là en concert. Les spectateurs et spectatrices sont restés tard dans la nuit de jeudi à vendredi pour reprendre à tue-tête ses succès à l'Aluna Festival, en France.

L'interprète de la chanson Balance ton quoi est ravie de replonger dans les festivals d'été et cette euphorie que tu ressens dans le public et sur scène.

Elle y avait goûté comme simple festivalière à 17 ans avec sa meilleure amie, au festival belge Pukkelpop, en mode nuits sous la tente, sur place autant pour la musique que pour la fête.

Son premier grand festival en tant qu'artiste fut We Love Green en 2018 à Paris. Elle s'attendait tout au mieux à 1000 personnes. Je tourne la tête, c'était rempli! (plus de 30 000 personnes).

C'était catastrophique, rien n'allait, mon pantalon tombait, mon micro ne tenait pas, se souvient-elle.

Son spectacle est désormais bien établi, allant des chansons calmes à celles pour faire embarquer ses admirateurs et admiratrices. Une proposition adaptée au retour du public après deux saisons rognées par la crise sanitaire.

Angèle sera en concert au Centre Bell, à Montréal, le 29 avril 2023.

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