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Nouveaux affrontements en Équateur, une tentative de « coup d’État » dit le président

Des manifestants brandissent un drapeau équatorien, au milieu des gaz lacrymogène.

À Quito, en Équateur, des milliers de manifestants Autochtones protestent contre la hausse du coût de la vie et exigent une baisse du prix des carburants. Les violences des derniers jours ont fait six morts et des dizaines de blessés.

Photo : afp via getty images / RODRIGO BUENDIA

Agence France-Presse

Pour la deuxième journée consécutive, de violents affrontements ont éclaté vendredi après-midi autour du Parlement à Quito entre manifestants autochtones et forces de l'ordre, le président équatorien Guillermo Lasso dénonçant une tentative de « coup d'État ».

Comme la veille, aux jets de pierres, mortiers d'artifice et objets de toutes sortes lancés par les protestataires, les forces de l'ordre ripostaient au canon à eau et avec des grenades lacrymogènes et assourdissantes, a constaté l'AFP en fin d'après-midi.

Mais vers 18 h (heure locale), les affrontements avaient nettement baissé d'intensité. Des heurts isolés se poursuivaient ici et là avec de petits groupes de manifestants.

Vidéo à l'appui diffusée sur son compte Twitter, la police a dénoncé l'intrusion de manifestants dans l'ambassade d'Égypte, voisine du lieu des affrontements, à partir de laquelle ils attaquent les forces de l'ordre avec des explosifs.

Le but de toutes ces violences est de perpétrer un coup d'État, a estimé M. Lasso, dans une allocution sur les médias publics, appelant la communauté internationale à agir contre cette tentative de déstabilisation de la démocratie en Équateur.

Près de 14 000 manifestants autochtones sont mobilisés dans tout le pays pour protester contre la hausse du coût de la vie et exiger notamment une baisse des prix des carburants, d'après la police qui estime leur nombre à près de 10 000 dans la capitale.

Les violences ont fait six morts et des dizaines de blessés, alors que Quito est en grande partie paralysée et ses accès bloqués par de nombreux barrages routiers.

Le leader du mouvement, Leonidas Iza, chef de la Confédération des nationalités indigènes d'Équateur (CONAIE), organisation fer-de-lance des manifestations, a prévenu vendredi dans un entretien avec l'AFP que la mobilisation durera jusqu'à obtenir des résultats.

Un véhicule blindé de la police équatorienne est en feu dans une rue de Quito, lors d'une manifestation.

À Quito, les manifestants ont lancé des pierres, des mortiers d'artifice et des objets sur les forces de l'ordre, qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes et assourdissantes, de même qu'avec un canon à eau.

Photo : afp via getty images / CRISTINA VEGA RHOR

Iza ne contrôle plus la situation. Il n'a plus aucun contrôle sur les manifestations et la criminalité que ses actions irresponsables ont générées, a accusé le président Lasso, prévenant que le gouvernement utiliserait tous les moyens légaux à sa disposition pour affronter les vandales.

Il a cependant encore répété être ouvert pour parvenir à un dialogue avec des résultats concrets, appelant ses frères et sœurs autochtones à retourner dans leurs communautés.

Nous nous battons pour survivre

Les petits producteurs sont en mauvaise posture, les prix sont élevés, nous nous battons pour survivre, criait Carlos Pilla, un autochtone originaire de Tungurahua (sud). Si nous avons une réponse positive aujourd'hui, nous partirons aujourd'hui même, en paix et la tête haute.

Nous ne pouvons plus retenir la colère du peuple. L'indignation échappe à notre contrôle et au contrôle de nos organisations, a affirmé de son côté le leader de la CONAIE, jugeant que les Autochtones se sont sentis trompés par des mois de discussions sans résultat avec le gouvernement sur la hausse du coût de la vie.

Ils ne veulent pas dialoguer [...] Ils ne veulent pas la paix. Jusqu'à présent, la seule chose qu'ils ont montrée, c'est qu'ils veulent la violence, a dénoncé dans la matinée le ministre des Affaires gouvernementales, Francisco Jimenez, sur une radio locale.

L'armée a de son côté indiqué que des soldats qui assuraient la sécurité d'un convoi routier ont été agressés par un groupe violent jeudi à Caspigasi, en banlieue de Quito, et que 17 militaires ont été gravement blessés.

L'objectif de ce convoi, venu du nord-ouest de Quito, était de permettre le flux logistique de plus de 1000 camions qui sont bloqués sur cette route, ce qui affecte sérieusement l'approvisionnement de la capitale, selon l'armée, alors que certains quartiers commencent à souffrir de pénuries.

Le gouvernement assure que les demandes des manifestants, juste sur les carburants, coûteraient à l'État plus d'un milliard de dollars par an.

Pour compliquer la donne, et d'éventuelles discussions, Guillermo Lasso, diagnostiqué positif à la COVID-19, est depuis mercredi contraint à l'isolement.

Le président conservateur au pouvoir depuis un an, voit dans cette révolte une tentative de le renverser. Entre 1997 et 2005, trois présidents équatoriens ont dû quitter le pouvoir sous la pression des Autochtones.

Il peut toutefois compter sur le soutien des militaires qui ont mis en garde les manifestants, les accusant de représenter un grave danger pour la démocratie.

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